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Antifascistes !

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 14:31
En Grèce aujourd'hui, la question de savoir si les anticapitalistes devraient participer au gouvernement est d'une grande actualité. Voici un article écrit par mon camarade Jean-Laurent il y a quelques années qui retrace les débuts de la tradition marxiste sur cette question.
 
Le gouvernement ouvrier et le mouvement socialiste
De toutes les questions qui intéressent le mouvement ouvrier et son action, celle de la conquête du pouvoir politique est la plus épineuse. Elle a fourni une littérature politique abondante depuis Marx à aujourd’hui et renferme des débats toujours polémiques.
Marx lui attribue un impératif stratégique la menant à un caractère inéluctable. Dès lors, chez aucun des classiques, y compris Lénine, le problème du pouvoir d’Etat ne se résume à une question tactique. Ainsi, les formes de la prise du pouvoir (insurrection armée, guerre populaire prolongée, victoire politique pacifique, etc.) sont étroitement liées à la conjoncture politique et aux particularités nationales. Tout au plus, on peut énoncer une série de principes politiques que tout socialiste doit respecter sous peine de trahir les intérêts de la classe ouvrière.
Doivent-elles emprunter des voies pacifiques ou employer la violence pour détruire l’Etat bourgeois ? Telle est la première question à laquelle Marx s’est attaché de répondre. Dans le discours de la Haye (1872), il évoque la possibilité d’une expropriation légale des capitalistes, à la suite d’une victoire électorale du parti socialiste dans les pays qu’il désigne comme particulièrement démocratiques (Angleterre, Etats-Unis, Hollande), tout en maintenant la nécessité de la conquête du pouvoir et son utilisation contraignante vis-à-vis des anciennes classes dominantes. Mais elle pouvait exceptionnellement ne pas se parer des formes de la violence révolutionnaire. Cette discussion autour de la « voie pacifique » au socialisme, réduite ou non « à une voie parlementaire » va nourrir les débats de la social-démocratie avant la première guerre mondiale. Nous essaierons de balayer plus d’un siècle de débats et de polémiques autour de cette question si fondamentale pour le mouvement socialiste.
La participation gouvernementale de la social-démocratie et les illusions parlementaires 
La crise de la bourgeoisie en France à la fin du 19ème siècle est criante : la République vacille devant les coups de butoir de la réaction militariste (le boulangisme), de la répétition des scandales de corruption (Crise de Panama) et des débuts de l’affaire Dreyfus. Inquiète face à la montée du mouvement ouvrier et la violence des grèves et des répressions qu’elles suscitent, la bourgeoisie ne trouve d’autre solution que de tenter de corrompre les représentants du parti ouvrier en les détournant de leurs buts. Millerand entre alors dans le ministère de Waldeck-Rousseau en 1899 qui compte Gallifet, l’un des bourreaux de la Commune de Paris. Jaurès salue alors « cet acte courageux d’entrer dans la forteresse du gouvernement bourgeois ». A cette politique approuvée par la deuxième internationale va être accolé l’étiquette du ministérialisme qui engendre une crise profonde du mouvement socialiste. Ainsi, Jules Guesde la condamne sans détours en fustigeant les compromissions avec la bourgeoisie : « Parti d’opposition, nous sommes, parti d’opposition nous devons rester, n’envoyant les nôtres dans les parlements et autres assemblées électives qu’à l’état d’ennemis pour combattre la classe ennemie et ses différents représentants politiques ; parti de révolution et par conséquent, d’opposition à l’Etat bourgeois, s’il est de son devoir d’arracher toutes les réformes susceptibles d’améliorer les conditions de la classe ouvrière, il ne saurait en aucune circonstance par la participation au pouvoir central, par le vote du budget, par les alliances avec les partis bourgeois, fournir aucun des moyens pouvant prolonger la domination de la classe ennemie. » Le mouvement socialiste en France va alors se scinder en deux partis : le parti socialiste de France sous l’égide de Jules Guesde est guidé par les principes de la lutte des classes ; le parti socialiste français, sous l’impulsion de Jaurès approuve donc l’entrée de Millerrand au gouvernement en développant des références floues à la lutte des classes. Cependant ces divisions ne sont qu’artificielles car si les élus des deux tendances considèrent comme un objectif commun la révolution, leur activité quotidienne se limite au programme minimum. La vision de Jaurès est typique de l’étapisme qui considère que l’évolution de la société capitaliste vers le socialisme générerait une étape intermédiaire au cours de laquelle le pouvoir politique devrait être exercé conjointement par le prolétariat et la bourgeoisie.
Rosa Luxemburg était d’accord sur un point avec Jaurès en ce que le parti socialiste devait occuper toutes les positions qu’on lui laissait en ajoutant que ce sont des positions à partir desquelles il était possible de développer la lutte de classe. Mais elle maintenait fermement l’idée qu’il devait rester un parti d’opposition irréductible à la bourgeoisie. C’est pourquoi, elle distinguait nettement le Parlement et le gouvernement du fait que ce dernier forme un groupe d’action homogène, celui exercé dans le cadre des limites inhérentes de l’Etat bourgeois : « Dans la société bourgeoise, l’essence de la social-démocratie lui dicte le rôle de parti d’opposition, elle ne doit devenir parti de gouvernement que sur les ruines de l’Etat bourgeois »[1] .
Dans son ouvrage consacré à la vie de Rosa Luxemburg, Paul Frölich délimite les frontières de la social-démocratie avec le pouvoir de la bourgeoisie : « C’est pourquoi le représentant de l’extrême radicalisme bourgeois peut éventuellement coopérer au gouvernement avec la pire réaction. Mais un adversaire de principe de l’ordre existant doit nécessairement échouer dès la première tentative d’opposition au sein du gouvernement, ou bien il doit remplir quotidiennement les fonctions nécessaires au maintien de la machine d’Etat bourgeois et par là même, cesser d’être un socialiste. Un social-démocrate qui vise en tant que membre du gouvernement à réaliser des réformes sociales, tout en soutenant globalement l’Etat bourgeois réduit dans le meilleur des cas son socialisme à la démocratie bourgeoise ou à une politique ouvrière bourgeoise. »[2] Ce qui n’exclut pas des alliances avec la petite-bourgeoisie, classe qui a plus d’un but commun avec le prolétariat. Dans ce cas, le prolétariat doit conserver une position hégémonique en débordant « systématiquement les aspirations des partis petits-bourgeois ». Dans des périodes de crise de la bourgeoisie, le radicalisme se sent toujours prêt à un renversement réactionnaire mais il n’est pas enclin à dépasser ce qu’il est strictement nécessaire pour apaiser les masses. Les actions de compromis sont toujours motivées par la politique dite du « moindre mal » agitée comme un chiffon face à la menace réelle ou supposée d’un retour de bâton de la réaction politique ou militariste. Cette attitude masque complètement les oppositions sociales entre les classes.
Au total, Rosa Luxemburg observait que cette politique tant vantée, se révélait être la moins réaliste qui soit puisque la classe ouvrière, liée à la participation du pari socialiste à la politique gouvernementale, ne pouvait plus faire le poids de sa propre puissance. La participation au gouvernement entraîna des divisions majeures et une paralysie profonde à l’intérieur du mouvement ouvrier de telle sorte qu’il se développa au sein d’une fraction importante de la classe ouvrière une hostilité virulente contre toute politique et tout parlementarisme, en semant de ce fait des illusions anarcho-syndicalistes. La première guerre mondiale démontra toute l’incurie de la social-démocratie, enlisée jusqu’aux genoux dans des combinaisons électorales, franchement coupée des possibilités de diriger les luttes de la classe ouvrière. Ironie de l’histoire, c’est Jaurès, naguère compromis dans des alliances bourgeoises qui fustigea la guerre et fut pour cela assassiné tandis que Jules Guesde entrait quelques jours après le déclenchement du conflit comme ministre d’Etat dans un gouvernement d’union sacrée. Or, sans politique, ayant rompu tout lien avec les masses, celui-ci ne pouvait jouer que le rôle d’un otage de la bourgeoisie pour couvrir de son crédit la guerre de rapine et de pillage de l’impérialisme français. Peu s’opposèrent dans les rangs de la social-démocratie à cette trahison, beaucoup de dirigeants sociaux-démocrates soutinrent l’Union sacrée avec leur propre Etat bourgeois.
La stratégie de rupture léniniste
La révolution éclate en Russie en février 1917, elle surprend tout le monde. Elle surgit comme « une  insurrection anonyme », un soulèvement totalement spontané des masses. La grève se généralise un peu partout, elle revêt un caractère insurrectionnel, des mutineries se produisent au sein de l’armée, des actes de fraternisations entre soldats et ouvriers se développent, le tsar abdique, débouchant sur la formation d’un gouvernement provisoire. Ainsi donc se crée très rapidement une période de double pouvoir : « D’un côté, le gouvernement provisoire, formé des parlementaires représentants de la bourgeoisie, coiffant les débris de l’appareil d’Etat tsariste, s’efforçant simultanément de rebâtir un appareil d’Etat et d’endiguer la révolution ; de l’autre, les soviets de députés ouvriers élus dans les usines et les quartiers des villes, véritables parlements ouvriers, dépositaires de la volonté des travailleurs, qui les désignent et les renouvellent. Entre ces deux pouvoirs, s’affrontaient deux conceptions de la démocratie, démocratie représentative et démocratie directe et, derrière elles, deux classes, la bourgeoisie et le prolétariat, que la chute du tsarisme laissait désormais face à face. »[3]
Alors que les mencheviks et les socialistes prennent la majorité du premier congrès pan-russe des soviets, ils ne veulent pas récupérer le pouvoir pour eux. Ils ne conçoivent qu’un pouvoir bourgeois. D’ailleurs, les bolcheviks, dans leur majorité, considèrent que le rôle des soviets est de soutenir le gouvernement provisoire, dans la mesure où il s’oriente vers les intérêts de la classe ouvrière. Ils se rallient à la formule de Staline : le gouvernement provisoire avait pour fonction de consolider les conquêtes de février. Leur comportement s’inspire de leur position antérieure marquant ainsi le prélude à une révolution bourgeoise.
Or, par l’intermédiaire d’un télégramme adressé aux premiers bolcheviks qui revenaient en Russie, Lénine s’oppose farouchement à cette politique : « notre tactique : méfiance absolue, aucun soutien à ce nouveau gouvernement ». Il reproche dans l’ébauche de ses fameuses thèses d’avril au gouvernement provisoire « d’avoir arraché le pouvoir au prolétariat ».[4] Tout en mettant en cause la nature politique et sociale de la nouvelle équipe ministérielle constituée « par les représentants…de la classe des grands propriétaires fonciers capitalistes et de la bourgeoisie », et qui en raison de ses alliances internationales n’était rien d’autre « qu’un simple commis de la firme milliardaire Angleterre-France dans la guerre actuelle » Il ajoutait que « le nouveau gouvernement ne peut pas donner le pain au peuple ni la liberté complète ». Il somme les mencheviks et les socialistes – qui participent au gouvernement provisoire – de rompre avec la bourgeoisie en lançant le mot d’ordre : « Dehors les ministres capitalistes ! ». Il brocardait le nouveau pouvoir qui se gardait dans ses premières communications publiques de prendre des mesures sociales et économiques favorables aux travailleurs (comme la journée de huit heures ou la remise des terres aux paysans) Un comité de surveillance fut même envisagé. Le soutien à un tel gouvernement est assimilé à une véritable trahison des ouvriers. Il définit comme « tâche actuelle » du prolétariat révolutionnaire de Russie « de faire passer le pouvoir d’Etat des mains du gouvernement des grands propriétaires fonciers et des capitalistes…dans celles du gouvernement des ouvriers et des paysans » C’est la première fois qu’il énonce la perspective d’un gouvernement de ce type. Il n’a du reste pas de mots assez durs vis-à-vis des vieux bolcheviks qui se bornent à ressasser la formule de la dictature démocratique révolutionnaire du prolétariat et de la paysannerie, celle-là même qu’il avait élaborée au début de la révolution de 1905. Il vitupère ses amis qui, plutôt que de démasquer le gouvernement provisoire, exigent de lui certains engagements, politique inadmissible à ses yeux et facteur d’un grand nombre d’illusions. Or le refus des dirigeants socialistes de rompre avec la bourgeoisie, d’œuvrer pour que « tout le pouvoir [revienne] aux soviets », dans lesquels ils forment une majorité absolue, deviendra un élément capital dans la conscience des masses opprimées. Peu à peu, les bolcheviks y deviendront majoritaires.  
La position de l’internationale communiste dans la foulée de la révolution d’octobre
Les termes du débat sur la participation des communistes à des gouvernements ouvriers seront renouvelés par les apports contenus dans les textes du mouvement communiste révolutionnaire, issus des Congrès de l’Internationale communiste. Tirant les leçons de l’expérience encore limitée du mouvement révolutionnaire à l’Est, en Hongrie et en Allemagne, ces documents indiquent de manière détaillée les conditions politiques de la participation des communistes à un gouvernement ouvrier. On doit citer certains des passages les plus significatifs :
« A la coalition ouverte ou masquée bourgeoise et social-démocrate, les communistes opposent le front unique de tous les ouvriers et la coalition politique et économique de tous les partis ouvriers contre le pouvoir bourgeois pour le renversement définitif de ce dernier. Dans la lutte commune de tous les ouvriers contre la bourgeoisie, tout l’appareil d’Etat devra tomber dans les mains du gouvernement ouvrier et les positions de la classe ouvrière en seront renforcées. » [5]
« Le programme le plus élémentaire d’un gouvernement ouvrier doit consister à armer le prolétariat, à désarmer les organisations bourgeoises contre-révolutionnaires, à instaurer le contrôle de la production, à faire tomber sur les riches le principal fardeau des impôts et à briser la résistance de la bourgeoisie contre-révolutionnaire. [...]» [6]
Les thèses de l’IC prévoyaient des types variés de « gouvernement ouvrier » dont certains ne constituaient que des « gouvernements camouflés de coalition entre la bourgeoisie et les leaders ouvriers contre-révolutionnaires » (hypothèse du gouvernement social-démocrate, Allemagne). Cette modalité de gouvernement n’est acceptée qu’en cas d’affaiblissement de la bourgeoisie qui veut dissimuler au prolétariat la nature véritable du caractère de classe de l’Etat ou pour détourner ses assauts révolutionnaires en intégrant des dirigeants ouvriers corrompus au sein de l’état-major gouvernemental. Dans ces cas, les communistes se refuseront à participer à ces gouvernements de collaboration de classe, et démasqueront sans cesse devant les masses le caractère réel de ces faux « gouvernements ouvriers ».
Mais les thèses précisent aussi : « Les communistes sont prêts à marcher aussi avec les ouvriers, social-démocrates, chrétiens sans parti, syndicalistes, etc., qui n’ont pas encore reconnu la nécessité de la dictature du prolétariat. Les communistes sont disposés dans certaines circonstances et sous certaines garanties, à appuyer un gouvernement ouvrier non communiste. Mais les communistes devront à tout prix expliquer à la classe ouvrière que sa libération ne pourra être assumée que par la dictature du prolétariat. » [7]
Par contre, selon les thèses de l’Internationale communiste, les autres formules de gouvernement ouvrier auxquelles peuvent participer les communistes ne parviennent pas encore à établir la dictature du prolétariat. Elles sont conçues comme une forme transitoire nécessaire pour le passage à la dictature et peuvent fournir une base de départ pour la conquête de cette dictature (formules du gouvernement ouvrier-paysan, du gouvernement ouvrier avec participation communiste). Le seul gouvernement ouvrier dans lequel les communistes peuvent participer pleinement n’existe dans sa forme la plus achevée que sous la direction d’un parti communiste. Il s’ensuit que seul « le renversement » du pouvoir de la bourgeoisie – et donc de son appareil d’Etat – la mise en place d’un pouvoir politique des masses ouvrières et opprimées en arme, est de nature à créer les conditions politiques réalisant la transition vers une société socialiste.

Il faut ici prendre nos distances avec cet aspect plutôt confus des thèses de l’IC. Les cinq formules de gouvernement ouvrier envisagées et leurs conséquences nous semblent contradictoires et procèdent parfois à des glissements auxquels nous ne pouvons nous identifier. Le garde-fou que cite l’IC, la direction du Parti communiste comme critère de jugement de la valeur « ouvrière » et « révolutionnaire » d’un gouvernement ne nous semble pas valide. Même le meilleur des partis communistes au pouvoir ne pourrait, s’il n’a pas réalisé une insurrection en s’appuyant sur des organes de pouvoir des salariés et des opprimés, aboutir à l’établissement d’un gouvernement ouvrier et, par la suite, à un Etat ouvrier.
L’exemple de la dictature provisoire de Bela Kun en Hongrie en 1919 nous semble indiquer que de telles constructions, en partie théorisées dans les thèses de l’IC, mènent à de graves erreurs dont les conséquences ont été dramatiques au cours des années qui ont suivi dans le pays magyar. Cet exemple illustre de manière éclatante que la résistance de la bourgeoisie peut se révéler plus importante que prévue, au moment où une vague révolutionnaire succède à la révolution d’octobre. Ainsi, après l ‘écroulement des puissances centrales, on pouvait penser qu’une déferlante révolutionnaire allait se produire de manière prodigieusement forte de telle sorte que l’on crut que des révolutions prolétariennes s’enchaîneraient immédiatement aux révolutions bourgeoises. De fait, en Hongrie et en Bavière, le prolétariat parvint pour quelques temps à prendre le pouvoir. La résolution du 2ème congrès de l’IC, intitulée « Manifeste du congrès : le monde capitaliste et l’IC », traite avec une certaine lucidité politique de l’échec de la révolution hongroise des conseils. Tout d’abord, elle prend acte du fait que la Hongrie appartient à la catégorie des petits Etats bourgeois récemment crées et constituent de ce fait des sous-produit de l’impérialisme qui y a trouvé un soutien provisoire en se servant de ces petites nations, ouvertement opprimées ou officiellement protégées, mais en réalité vassales. L’impérialisme a su les dominer au moyen des banques, des chemins de fer, du monopole des charbons afin de les condamner à souffrir de difficultés économiques et sociales inadmissibles, de comportements interminables, de querelles sanglantes. Or, en dépit du joug de l’impérialisme, le prolétariat hongrois a réalisé un certain exploit pour « s’arracher du chaos politique et économique de l’Europe centrale et entrer dans la voie de la fédération soviétiste »[8] mais ce qui fut une réelle tentative héroïque a été «  étouffé par la réaction capitaliste coalisée, au moment où, trompé par les partis qui le dirigent, le prolétariat des grandes puissances européennes s'est trouvé incapable de remplir son devoir envers la Hongrie socialiste et envers lui-même ».[9] En fin de compte, le gouvernement de Budapest fut « renversé avec l’aide des social-traites qui après s’être maintenus au pouvoir pendant trois ans et demi, ont été [à leur tour] jetés » du gouvernement qu’ils avaient formé. La répression de la bourgeoise fut impitoyable et légalisa la pratique de ce qu’on a appelé la terreur blanche. L’éphémère République hongroise des conseils a été citée parfois comme le premier exemple d’une prise de pouvoir pacifique. Comme le décrit M.Gabor, « le gouvernement des soviets de Hongrie n’avait pas la possibilité de mettre sur pied une véritable armée rouge, et cela parce qu’il ne pouvait pas dissoudre l’armée de volontaires du gouvernement précédent…la dissolution de cette armée était impossible, parce que les soviets hongrois étaient entourés de tous côtés d’ennemis armés jusqu’aux dents (NDLR : tels que la Tchécoslovaquie, la Roumanie et la Slovénie ») » qui disposaient d’armées plus puissantes. »[10] Une prise de pouvoir par le prolétariat, certes temporaire, peut se réaliser sans dissolution automatique de l’armée de l’ancien gouvernement bourgeois.
Elle fut aussi inscrite en tant que référence de rigueur dans les rangs de l’IC, et invoquée au Congrès de fondation du Parti Communiste Italien à Livourne (1921) afin de justifier les sévérités de la rupture avec d’authentiques révolutionnaires. Ainsi, l’expérience hongroise de fusion des communistes et des socialistes devrait servir jusqu’à la formation du Front Populaire à accréditer la thèse du « social-fascisme ».


[1] Rosa Luxemburg, Réforme sociale ou révolution, page …Editions Spartacus
[2] Paul Frölich, Rosa Luxemburg, page 95, L’Harmattan
[3] Pierre Broué, Le parti bolchevique, Editions de Minuit, page 80-81
[4] Lénine, Œuvres vol. 23, p. 321
[5] Résolution sur la tactique de l’IC, 4ème congrès, p.158, textes réunis par Pierre Broué, François Maspero, 1978.
[6] Op. cité
[7] Op. cité
[8] Résolution du 2ème congrès de l’IC, « Manifeste du congrès : le monde capitaliste et l’IC », page ….textes réunis par Pierre Broué, François Maspero, 1978
[9] Op. cité
[10] M. Gabor, publié par l’organe du Comité exécutif de l’IC, éd.Rote Fahne, 1919 (Die Kommunistische Internationale, n°7-8, novembre-décembre 1919
Posted by John Mullen
Source: Blog anticapitaliste Montreuil

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Published by UPAC - dans politique
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commentaires

Non au Front National !

Camarades ,

Ne nous livrons pas aux chants des sirènes fascistes, qui sous couvert d'un discours anti-systémique bien rôdé, ne visent qu'à instaurer un régime aux relents des années 30. Ne soyons pas naifs face à ce nouvel ordre moral que veulent imposer par le mensonge et la peur les tenants de la haine et du "sang pur". Sous couvert d'une fausse expression démocratique et médiatique, le FN ne s'est jamais détaché de ce qui a construit son origine : une droite populaire qui rejette le prolétaire, une droite chrétienne qui rejette le non-croyant ou l'autre croyant, une droite corporatiste qui rejette l'union des travailleurs. Le FN a ses petits groupuscules néo-nazi dont il se défend d'être en lien publiquement mais avec qui il travaille bien tranquillement  : GUD, bloc identitaire et autres "natios".

    Et lorsque l'on se penche sur son programme politique le vernis craque : Contre la retraite par répartition et tout ce qu' a fondé le CNR de 1945 (où était-il lors des manifs de 2010 ?)  , contre les droits des salariés ( poujadiste un jour, poujadiste toujours !) etc... 

De nombreux documents démontrent l'imposture du FN. L'UPAC vous en propose deux :

- Celui du collectif communiste Prométhée dans son numéro 85, (site net : http://promcomm.wordpress.com), 5 pages.

-Celui du collectif VISA (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes), qui s'intitule "FN, le pire ennemi des salarié(e)s" et dont le lien est sur le blog, 29 pages. 

 

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