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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 10:56
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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 13:19
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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 16:51

Posted on par durerealite

Guerrière« Encore un autre film qui porte sur des boneheads qui finissent par se repentir… » C’est ce que je me suis dit quand j’ai lu le synopsis du film Guerrière (Kriegerin en version originale). Après des films comme American History X, Romper Stomper et autres Danny Balint, j’avais de la difficulté à voir ce qui n’avait pas encore été exploré dans le style « néo-nazi qui change d’idée ». Bien sûr, le fait que ce soit un film allemand à moins grand budget que ces grosses productions américaines était déjà un avantage en plus du fait que, pour une rare fois, le personnage principal était féminin.

C’est donc sans grandes attentes que j’ai commencé l’écoute de ce long-métrage. Premier point positif, selon moi, il n’y avait qu’une version originale allemande sous-titrée en français, ce qui, à mon avis, vaut beaucoup mieux qu’une mauvaise traduction comme c’est souvent le cas. Bien qu’Alina Levshin soit très crédible dans le rôle principal où elle joue Marisa, jeune skinhead girl néo-nazie, on finit quand même par retrouver le cliché de la bande de boneheads idiots qu’on peut voir dans Romper Stomper. C’est vrai qu’il est plutôt facile de croire que ce soit réellement une bande de brutes ignares, mais il ne faut pas non plus exagérer leur stupidité comme le montre la scène du début où ils et elle se promènent dans un train en marche et agressent chaque personne qui croise leur regard. Un peu plus de profondeur dans les personnages aurait été apprécié.

 

Alina Levshin dans le rôle de Marisa

La réalisation est très bonne et plutôt réussie, le jeu des acteurs et actrices est excellent et les costumes sont réalistes. Le seul point faible demeure le scénario qui manque de crédibilité et est redondant, particulièrement si on a déjà vu les autres films nommés plus hauts. C’est là le vrai talon d’Achille de Kriegerin qui n’innove pas vraiment malgré certains éléments nouveaux. Ainsi, bien qu’on aurait pu s’attendre à ce que David Wnendt, le réalisateur, mette plus l’accent sur la réalité des femmes dans les milieux néo-nazis, on voit plus une démonstration du côté « maternelle » de Marisa, cliché patriarcal s’il en est un, comme lorsqu’elle prend une plus jeune fille sous son aile et qu’elle tente de la sauver ou lorsqu’elle fait la rencontre d’un jeune afghan sans-papier et dans le besoin. C’est comme si on nous disait que le stéréotype féminin devait automatiquement être contradictoire avec l’idéologie nazie, ce qui pousserait Marisa à quitter le mouvement. Aucune explication politique plus sérieuse ne vient réellement expliquer la défection de la jeune femme.

 

Autre chose, je trouve quand même dommage qu’il ne soit aucunement fait mention d’un mouvement antifasciste, très présent en Allemagne, ou d’une quelconque résistance face au phénomène néo-nazi; c’est comme si toute la région était livrée aux boneheads sur un plateau d’argent. Ce n’est pas comme si c’était directement le sujet du film, mais bon, je praîche un peu pour ma paroisse… D’ailleurs, on se serait bien passé de la petite morale libérale de la fin.

Bref, Guerrière est un bon long-métrage sur le fond, mais qui n’innove pas assez par rapport aux autres films du genre. Selon moi, il vaut quand même la peine d’être vu. Je ne vous en dit pas plus. Vous devrez l’écouter pour en savoir d’avantage.

Bande Annonce :

Page IMDB : Kriegerin

 

Source : Dure Réalité Webzine

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Published by UPAC - dans culture
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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 07:42

 

Contrairement à ce que véhiculent certains médias mal informés ou mal intentionnés (ou les deux) comme Canal+¹, le mouvement skinhead n’est pas uniquement composé de brutes néo-nazies, loin s’en faut. Certes, question finesse on repassera, mais ce qui fut l'un des mouvements les plus dynamiques de la jeunesse multiraciale britannique des années 60 semble revenir ces temps-ci à ses racines : la (hem) "musique". Après être allé à la rencontre des punks parisiens, c'est au péril de sa vie que l’envoyé spécial de Brain a assisté au premier Winter Oi! Fest de Paris pour palabrer avec les redoutables têtes de peau.

 


 

 

LEE WILSON, CHANTEUR DU GROUPE INFA-RIOT

 

Groupe pionnier de la scène Oi! music, la sorte de punk pithécanthrope que pratiquent les skins depuis le début des années 80, les Anglais d’Infa-Riot se sont reformés il y a peu. Ils jouaient pour la première fois à Paris au Winter Oi! Fest en tête d’affiche. Alors que l’agréable salle des Combustibles (Paris XIIe) se remplit de joyeux tondus, Lee Wilson, le chanteur à tronche de boxeur cockney, évoque pour nous l’âge d’or de la Oi! et les riantes années Thatcher.

 

Quel âge avais-tu quand tu as fondé Infa-Riot, à la fin des années 70 ?

Lee Wilson : J’avais dix-sept ans. Barry, le guitariste et mon frère, qui tenait la basse, avaient quinze ans. Le batteur de l’époque avait le même âge que moi. On était donc très jeunes.

 

Vous veniez tous de Londres ?

Oui, du nord, du côté de Tottenham.

 

Et quel genre de musique écoutiez-vous à cette époque ?

Barry adorait les Stranglers. En ce qui me concerne, j’ai été branché punk dès le début du mouvement. Mon grand frère travaillait dans un magasin de disques et il rapportait les tous premiers disques à la maison. Et dès que j’ai les entendus, j’ai su que le punk allait être ma voie ! Depuis, je n’ai pas arrêté d’en écouter !

 

 

Et tu écoutais d’autres genres musicaux ? Du reggae par exemple ?

Le reste du groupe en écoute mais je ne suis pas un gros fan du genre. Je préfère le vieux ska, le ska jamaïcain enregistré dans des studios 4 pistes. Ça j’adore, les trucs obscurs en particulier…

 

A vos débuts, vous avez été aidés par Mensi, le chanteur des Angelic Upstarts

Oui, c’est exact. Il habitait pas loin de chez nous et on l’a rencontré au pub du coin. Il nous a dit : «et pourquoi vous ne monteriez pas un groupe ?» J’ai répondu : «OK, bonne idée, faisons-le !». A cette époque, c’était très facile de se lancer, on pouvait le faire très rapidement. Ensuite, Gary Bushell (journaliste du magazine musical anglais Sounds, ndlr) nous a aidés énormément. C’était à l’époque où le punk devenait la Oi! On disait aussi que c’était la «nouvelle sorte de punk» («new breed»). Nous avons fait partie de cette scène bien que, quand nous avons commencé, la Oi! n’existait pas. Nous, on était un groupe de punk. C’était naturel pour nous parce que nous étions tous fans de cette musique. Ensuite, le punk est devenu la Oi! En fait, le punk était un peu arty. Il y avait des groupes qui portaient des fringues de créateurs de King’s Road, ce genre de choses. Les groupes de Oi!, au contraire, portaient des vêtements cheap, fabriquaient leurs propres trucs... c’était différent.

 

Comment avez-vous été remarqués par Gary Bushell ?

C’était un coup de chance. On faisait la première partie des Angelic Upstarts, je crois. Il se trouve qu’il était là et qu’il a aimé ce qu’on faisait… C’est à partir de là que tout s’est enchaîné. On n’avait aucun projet, rien n’était calculé… Et on ne se serait certainement pas imaginé qu’on serait toujours là trente ans plus tard, à jouer à Paris ! Ce qui se passe en ce moment est fantastique pour nous ! 

 

 

Pour quelle raison avez-vous choisi d’appeler le groupe Infa-Riot (abréviation de «in for a riot», «participer à une émeute») ?

C’était mon idée. A l’époque il y avait The Jam, The Clash, The Police, tout le monde avait un nom en The. Je ne voulais pas qu’on soit un groupe en The de plus ! Et je voulais qu’il y ait le mot «riot» dans notre nom. «Infa-Riot», ce sont quatre lettres de part et d’autre qui sont reliées par un trait d’union. C’est équilibré…

 

Et vous avez été sélectionnés par Bushell pour participer à la seconde compilation Oi! : Strength thru Oi! (compilation parue en 1981 dont le titre fait un jeu de mot douteux avec «Strength through Joy» - «La Force par la Joie», traduction en anglais de «Kraft durch Freude», une organisation de loisirs de l’Allemagne nazie) ?

Oui, c’était le bébé de Gary Bushell. Nous avons deux titres sur le disque. Il a fallu travailler de nuit. On faisait des rotations avec les autres groupes…

 

 

En Angleterre au début des années 80, la popularité du mouvement skinhead était assez surprenante, non ?

Oui c’était incroyable, vraiment incroyable…

 

Comment expliques-tu ce succès ?

Je pense que tout cela concernait la classe ouvrière, les gens des HLM, des logements sociaux, les familles pauvres. Des groupes comme le nôtre ou comme The Business ou The 4-Skins (célèbres groupe Oi! du début des années 80, ndlr) venaient du même milieu, les gens pouvaient s’identifier à nous. On parlait le même langage que ces jeunes, c’est comme ça que j’explique tout ça. Je pense que quand on est jeune, on doit faire partie d’un mouvement et il se trouve que c’était le truc auquel il fallait participer à l’époque. Tu mélange les skinheads et les punks et tu prends ton pied ! La Oi!, c’était la nouvelle génération du punk.

 

Vous écoutiez aussi du heavy metal ? Vous avez fait une reprise de Girlschool (groupe féminin britannique de metal)…

En fait, non (rires). J’étais un gros fan de Motörhead et je crois que ce morceau de Girlschool avait été repris par Motörhead sur le 45 tours St Valentine’s day Massacre (EP historique dans lequel Motörhead et Girlschool reprennent ensemble Please Don’t Touch de Johnny Kidd, rockeur anglais du début des années soixante, ndlr). Nous avons fait cette reprise parce que nous cherchions une longue intro à la guitare… Ensuite, hé bien tout arrive : ça a eu un vrai impact ! J’aime bien cette chanson mais elle était trop lente pour nous, on en a donc fait une version accélérée. On commence toujours nos concerts par ce morceau.

 

 

Y avait-il des groupes Oi! que tu appréciais particulièrement ?

En fait, je suis plus fan de certaines chansons que des groupes dans leur ensemble. J’aime The Exploited, je trouve que Dead Cities est une grande chanson. Je ne suis pas fan de tous leurs trucs, mais ce sont des amis, on a tourné ensemble. J’aime aussi Chaos des 4-Skins et quelques-unes des chansons de The Last Resort… Un de mes disques préférés est le V2 des Vibrators (groupe punk anglais formé en 1976 et toujours en activité de nos jours, ndlr), c’est un super album que j’écoute toujours aujourd’hui. Je trouve que les Vibrators sont de grands compositeurs. J’ai rencontré il y a peu Knox (chanteur et guitariste des Vibrators, ndlr) et pour moi c’était «woooow» (illustration saisissante de «l’effet wow», ndlr) ! J’ai grandi en les écoutant ! J’ai aussi rencontré 999 et The Lurkers… Les mecs de Menace (trois groupes punks ancestraux, ndlr) sont devenus de bons amis… Tout ça, c’est un rêve pour moi.

 

Dans votre chanson Five Minute Fashion, vous vous moquez des gens qui changent de mode à tout bout de champ…

Quand tu es skinhead ou punk, tu le restes. J’ai écrit cette chanson sur un ami. Un jour, il était punk, la fois d’après, il était devenu mod. Ensuite, il devenait skinhead avant de redevenir punk ! Il changeait tout le temps et il n’arrivait pas à choisir. Et je pense que quand tu es punk, tu es punk… 

 

 

Et que penses-tu de la situation actuelle du mouvement skinhead ?

En ce moment, en particulier en Europe continentale et en Amérique, les skinheads se développent de nouveau. On a joué aux Etats-Unis pour la première fois en septembre et nous avons été stupéfaits par la façon dont nous avons été accueillis, c’était incroyable ! Les concerts étaient complets, le public avait en majorité 19, 20 ans. Ils connaissaient toutes les paroles ! En Europe, les gens sont un peu plus âgés, ce qui ne pose évidemment aucun problème. 

 

Ces jours-ci, il semble y avoir de plus en plus de skinheads non-politisés, non ?

Effectivement, je trouve que le mouvement est moins politisé ces jours-ci. Je n’aime pas la politique. Pour moi, tout cela a toujours été une affaire de musique. Tu peux chanter sur ton gouvernement, tout le monde s’en plaint, mais il n’est pas question de véhiculer de messages racistes ou des trucs de ce genre. J’étais particulièrement fan de Sham 69, un groupe qui avait des chansons excellentes. Ils m’ont influencé. On a tous des influences, n’est-ce pas ?

 

Au début des années 80, l’ambiance n’était pourtant pas toujours à la fraternité dans le milieu Oi!

C’était un cauchemar. Nous étions le seul groupe Oi! du nord de Londres. Il y en avait qui venait de l’est, d’autres du sud. Le fait qu’on soit les seuls à venir du nord posait des problèmes. Tout cela était relié à la violence dans le foot et aux rivalités entre supporters. Heureusement, personne n’a été tué et j’imagine que ça devait faire partie du milieu ! (rires)

 

Comment expliques-tu que le British Movement (organisation d’extrême-droite britannique dissoute en 1983, ndlr) ait eu autant de succès chez certains skinheads ?

Classique : c’était une période de récession et les gens n’avaient pas d’argent. Et c’est chaque fois pareil, quand les gens n’ont pas d’argent, ils cherchent des boucs émissaires... Mais franchement comment peut-on en vouloir à quelqu’un qui vient de Roumanie dans l’espoir de trouver une vie meilleure et qui doit vivre dans une putain de tente ? J’habite dans un quartier très métissé de Londres et tout se passe bien, les gens vivent ensemble sans problème.

 

 

Te sens-tu proche des jeunes qui sont descendus dans les rues pour tout casser à Londres il y a deux ans ?

Bonne question ! Quand les jeunes n’ont pas d’espoir, ils se soulèvent et, dans une démocratie, ils ont tous les droits pour le faire pour réveiller les gens. C’est quand même bizarre : rien ne se passe, rien ne se passe et soudain, l’investissement arrive dans les coins où il y a eu des émeutes… Je crois que, parfois, il faut savoir taper du poing. En ce moment, si tu es un jeune noir de vingt ans et que tu habites à Tottenham, tu n’auras pas de taf. Qu’est-ce qu’il te reste ? 

 

En France, il nous semble que pour beaucoup de gens en Angleterre, les années Thatcher furent des années d’une noirceur sans nom. Tu confirmes ?

Je suis d’accord à 100% ! Pourtant, je ne veux pas être pessimiste mais je crois que le pire est à venir. Dans les années 80, les ordinateurs n’étaient pas répandus partout, les chaînes de production n’étaient pas encore informatisées, il fallait des gens pour produire. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas et je me demande ce que vont devenir les gens qui ne peuvent pas travailler dans l’informatique ou dans le tertiaire. A cela, il faut ajouter le fait que des pays comme la Chine peuvent produire pour quasiment rien… Avec tout ça, que nous reste-t-il ? Je suis particulièrement inquiet pour l’Europe. Comme je suis Européen, je m’inquiète pour l’Europe…

 

Pour en revenir à la musique, vous avez enregistré un album en 1982, Still Out Of Order, qui est sorti chez Secret Records, un label indé important pour la scène punk/Oi ! de l’époque. Que peux-tu me confier à ce propos ?

On avait reçu plusieurs offres, mais on a signé chez Secret parce qu’ils venaient de signer The Exploited et d’autres groupes de la scène. Je crois que nous avons signé avant The Business. Secret avait aussi signé Chron Gen, The 4-Skins et des groupes un peu plus obscurs. Le patron, Martin Hooker, avait participé au premier mouvement punk. Il travaillait chez EMI où il avait produit le tube My Sharona de The Knack. Il a compris qu’il y avait une opportunité avec l’apparition de cette nouvelle scène. Mais on nous donnait très peu de moyens. Nous avons produit le disque nous-mêmes avec l’ingénieur du son pouvons-nous dire. Nous étions très jeunes, c’était un peu ridicule mais ça l’a fait finalement, nous étions heureux du résultat !

 

 

Ensuite, votre carrière marque un temps d’arrêt à cause d’un gros problème avec les roadies de Skrewdriver (groupe anglais suprémaciste, fer de lance du R.A.C – Rock Against Communism, ndlr), c'est bien ça ?

La raison c’est que nous sommes le premier groupe Oi! à avoir donné un concert contre le racisme et que ça ne leur a pas plu. Moi, je crois en la liberté de parole, je suis un démocrate et je n’aime pas le racisme. Donc on a fait ce concert et c’est ça qui a tout déclenché. Les autres n’ont pas apprécié notre geste et les roadies – je ne sais pas s’il y avait des membres du groupe – nous ont attaqués au 100 Club (célèbre club de Londres situé au 100 Oxford Street, ndlr).

 

Qu’avez-vous fait après la séparation du groupe en 1985 ?

Je suis devenu antiquaire ! Je le suis toujours aujourd’hui, j’adore les antiquités. C’est parfait car je peux concilier cette activité avec le groupe. J’ai vécu pendant dix ans en Espagne, vers Almeria. J’y suis allé pour une semaine et j’y suis resté dix ans ! Il y a deux ans, quelqu’un m’a dit que c’était le moment de relancer le groupe et je suis rentré en Angleterre. 

 

Et quels sont les projets d’Infa-Riot ?

Nous devons sortir du nouveau matériel. Je suis en train d’écrire des paroles et je suis probablement trop pointilleux… Je pense que mes paroles sont toujours pertinentes aujourd’hui. Ecrire des textes est important pour moi, alors j’écris avec beaucoup de soin.

 

 

WATTIE ET MATHIEU, CHANTEUR ET BASSISTE DE MARABOOTS

 

Wattie et Matthieu, les intrépides organisateurs du festival, interviennent aussi dans Maraboots, le groupe Oi! parisien qui monte. Revêtus d’un impeccable uniforme skinhead, les deux camarades nous révèlent comment ils ont réussi envers et contre tout à organiser le premier Winter Oi! Fest.

 

Comment en êtes-vous arrivés à organiser ce festival ?

Wattie : Ça faisait un moment qu’il n’y avait pas eu de gros truc Oi! sur Paris organisé par des neuskis…

Mathieu : À force de voir ce qui se passe en Allemagne et dans les autres pays où il y a une grosse scène qui bouge, on s’est dit qu’on allait faire quelque chose…

Wattie : En France, c’est un peu mort mais il y aura quand même plein de monde ce soir. Ça fait plaisir et ça donne un peu d’espoir. 

Mathieu : C’est sûr que le public est beaucoup plus restreint qu’en Allemagne ou en Espagne, par exemple. C’est donc difficile de faire des gros trucs.

 

Ce n’est pas un peu ambitieux de faire ça sur deux jours pour une première édition ?

Wattie : Non, il y a des étrangers qui viennent ce soir (vrai : j’ai rencontré une jeune Estonienne pas du tout skinhead qui vit à Dresde et à qui son amoureux, lui aussi un «civil», avait offert le voyage ; extrêmement ivre, elle semblait passer une soirée inoubliable, ndlr). Deux soirs de festival, c’est un bon prétexte pour venir à Paris !

Mathieu : Un seul soir, ç'eut été un simple concert. Deux et c’est un vrai festival. C’est l’étape au-dessus (finalement, les deux soirs du festival ont affiché complet, ndlr).

 

 

Et vu la réputation sulfureuse des skinheads, ce n’est pas trop une galère d’organiser un festival de ce genre ?

Wattie : Ah, si, si !

Mathieu : Si !

Wattie : Avec la salle, il n’y a pas eu de problème parce qu’elle a déjà vu passer des groupes de Oi!, mais pour les afters, les mecs des bars où on veut aller trouvaient ça chelou. Ils ne comprenaient pas forcément que nous, on ne traîne pas avec des mecs chelous, que nous sommes réglos. On ne fait pas de politique et on ne laisse pas traîner avec nous les mecs qui en font !

Mathieu : Mais il y a toujours des obsédés du fascisme qui voient le mal partout. Des mails anonymes ont été envoyés à la salle pour dire que c’était un festival nazi, qu’il ne fallait pas nous laisser jouer, etc.

Wattie : Oui, il y a des mecs qui sont vraiment obsédés par la politique. Qu'ils soient des nazis ou des antifas, ils ne pensent qu’à ça : dès qu’il y a un concert, ils essaient de voir si un des musiciens n’a pas joué avec untel en 1920…

Mathieu : Et ils vont chercher très loin… Si la grand-mère du cuistot du resto n’aurait pas…  ! (rires).

Wattie : On a quand même eu un peu de mal à trouver une salle - et encore plus à la garder et à faire en sorte que ce ne soit pas annulé.

Mathieu : Là, c’est la première fois qu’une salle aussi grosse nous laisse faire un truc (la jauge de la salle est d’environ 200 personnes, ndlr).

 

 

Et au niveau sécu, avez-vous pris des dispositions particulières ou est-ce le dispositif d’un concert normal ?

Wattie : On prend un peu plus de sécurité que pour un concert normal. On avait besoin de quelqu’un qui connaisse le délire et qui puisse repérer si quelqu’un de pas commode veut entrer. Donc on dispose de la sécu de la salle et en plus, on a avec nous un pote qui va checker s’il n’y a pas des mecs bizarres. Si tu laisses entrer un mec qui porte un t-shirt bizarre et qu’une photo est prise, ton concert passe pour le grand rassemblement néo-nazi parisien !

 

Et ça fait combien de temps que vous êtes convertis au trip skin ?

Wattie : J’ai 23 ans, ça fait huit ans. J’ai commencé tout jeune dans le punk. Après, je suis devenu skin. C’est un trip plus structuré quand même.

Mathieu : Structuré, c’est le mot !

Wattie : C’est moins à l’arrache, t’as moins l’impression de détruire ta vie…

Mathieu : C’est plus positif !

 

Et toi Mathieu, ça fait combien de temps ?

Mathieu : J’ai 26 ans, ça fait quatre, cinq ans. J’étais punk pendant longtemps. Le punk, c’est l’autodestruction, et si tu veux avoir un truc plus construit au bout d’un moment … Chez les skins, il y a un côté groupe qui est beaucoup plus sympathique que l’individualisme du punk.

Wattie : Le côté bande est bien plus cool. On fait beaucoup plus de trucs ensemble que les vieux punks que tu croises dans la rue qui sont pichés à 2h de l’aprèm…

Mathieu : Bon, il y a quand même des punks qui font des trucs bien.

Wattie : Oui, mais ils se font rares !

 

Ça doit être un trip pas tous les jours facile à assumer.  Il y a beaucoup de gens pour qui c’est synonyme d’extrémisme, non ?

Mathieu : Il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas du tout. De ce côté-là, tu passes évidemment inaperçu. Par contre, les gens qui savent ce que c’est ont souvent une mauvaise idée du truc donc c’est clair que tu peux  avoir des problèmes.

Wattie : Après, ça fait aussi parti du kif du truc d’être méconnu. On kiffe quand même de ne pas être dans le moule de la société et d’être à part. Ça ne me dérange pas que les gens nous détestent parce que je les déteste aussi. Par contre, ça me dérange qu’ils nous prennent pour des nazis et c’est là que le mouvement SHARP (SkinHeads Against Racial Prejudice, ndlr) est pour nous. Bien sûr, on n’est pas des gentils Bisounours qui viennent vous faire des câlins, tout ça. OK, on est des skins, mais si tu nous détestes, autant nous détester pour la bonne raison ! Tu nous détestes parce qu’on n’est pas comme toi, mais ce n’est pas pour ça qu’on est nazis pour autant.

 

 

Le mouvement skinhead dure depuis plus de quarante ans. Quelles sont vos périodes musicales préférées ?

Wattie : J’aime surtout les années 80...

Mathieu : Tout ce qui a formé le mouvement Oi! dans les années 80.

Wattie : On est bien portés sur le côté français. Quand tu habites à Paris, tu as de quoi te repérer, il y a un historique du mouvement skin. Il y a eu des bandes et des groupes un peu partout. Nous, on porte le flambeau.

 

 

Au début des années 80, les punks et les skins écoutaient La Souris Déglinguée. Qu’est-ce que ce groupe représente pour vous ?

Wattie : Musicalement, j’aime pas tant que ça et c’est normal : ça n’a jamais été Oi! Mais maintenant, c’est plus ce que c’était à mon avis. Ils font dans le vieux nostalgique alors qu’avant, dans les années 80, c’était le groupe rock’n’roll par excellence, celui qui réunissait un peu tout le monde. Mais au final, ils ne parlent pas trop de notre vie ces gars-là, parce que ça a bien changé quand même.

Mathieu : Il y a un gros décalage entre les gens qui sont bloqués sur ce que c’était dans les années 80 et qui se concentrent uniquement sur l’univers musical et vestimentaire de cette époque, et les gens qui essaient de faire avancer la scène et de faire des trucs nouveaux. Nous, on adore les classiques mais on s’intéresse aussi à la scène actuelle. On essaie de la privilégier, de la faire bouger. Si tu te concentres uniquement sur le passé, tu finis par mourir.

 

Et qu’en est-il de Maraboots, votre groupe ?

Wattie : C’est de la Oi! française avec un saxo. On voulait revenir à la base de la Oi! française genre Swingo (Swingo Porkies, groupe parisien en activité au début des années 80, ndlr). On chante en français, c’est typiquement parisien.

 

 

Pour terminer, que faites-vous dans la vie ?

Mathieu : Je travaille dans la médecine, un truc pas très rock’n’roll ! (rires)

Wattie : Je fais de l’assistance informatique.

 

 

THOMOI, BATTEUR DE LION’S LAW

 

En plus d’être le frontman des Maraboots, Wattie chante (heu…) dans Lion’s Law, un side-project dont la batterie est assurée par Thomoi, le batteur des légendaires Burning Heads. Ce vétéran de plus de trente ans de la scène punkoïdo-skin a accepté de raconter aux jeunes lecteurs de Brain les convulsions subies par le mouvement skin depuis l’apparition de la Oi! music. On en profite pour signaler qu’en Anglais, «Oi» est l’abréviation de «Oh You !», un cri que vous aurez beaucoup de chances d’entendre si vous vous perdez la nuit dans les ruelles de l’est de Londres et que vous croisez la route d’un groupe de piliers de pub. 

 

A l’époque de l’émergence de la scène Oi !, tu jouais donc dans Komintern Sect, un groupe punk-skin d’Orléans.

Thomoi : C’était fin 1981. Je n’étais pas du tout skinhead. J’ai été recruté parce qu’il n’y avait pas beaucoup de keupons au lycée ! Au départ, il y avait plus un esprit vraiment punk et puis au bout d’un moment, certains dans le groupe sont devenus skins.

 

C’était une mode d’être skin au début des années 80 ?

Ouais, ça allait de pair avec le Punk’s not dead, la 2ème vague du punk, avec The Exploited, tout ça. Çe fut une sorte de nouvel élan pour le punk, une vague qui fut critiquée par certains en comparaison du mouvement originel, mais c’est celle-là qui m’a vraiment fait découvrir la musique. C’est dans ce cadre que j’ai fait mes premiers pas dans la musique. C’était une mode qui surfait sur cette rébellion de 77.

 

Les skinheads cohabitaient sans problème avec les punks ?

Au départ, cette 2ème vague punk assimile la Oi! et le street punk. Il y avait pas mal de groupes sur les compiles Oi! qui n’étaient pas uniquement skinheads. Il y avait pas mal de groupes dont les membres étaient mélangés, et donc il n’y avait aucun problème entre les punks et les skins.

 

 

Il n’y avait pas de problèmes politiques ?

Pas du tout ! Au départ, comme dirait Tai-Luc (chanteur de La Souris Déglinguée, ndlr), il y avait une vraie culture de la rue : punks et skins se retrouvaient souvent sur les mêmes trottoirs, dans les mêmes quartiers, devant les mêmes groupes et il y avait une partie de l’uniforme qui était pareil.

 

Alors comment expliquer que de nombreux skins ont été séduits par l’extrême droite ?

Peut-être parce que le côté super-populaire qui existait chez les skinheads a été beaucoup plus sensible à la crise qui touchait l’Angleterre a cette époque-là. Ils ont donc été beaucoup plus sensibles aux messages du mec qui arrivait en disant : «si vous êtes dans la merde aujourd’hui c’est à cause du Pakos qui habite à côté de chez vous ; foutez-le dehors et vous retrouverez joie, bonne humeur et travail !» Le skin était aussi plus attaché à, on va dire, des valeurs de classes laborieuses, et la crise l’a plus touché. Je pense de toute façon que la misère est le terreau parfait pour la connerie. Et l’Angleterre ne vivait pas ses grandes heures à ce moment-là…

 

 

En France aussi, certains skins se tournent vers l’extrême droite.

Par mimétisme, peut-être. Une fois que le British Movement et que le National Front anglais ont commencé à recruter, une fois que Skrewdriver (cf. ci-haut) a commencé à prêcher la parole d’une Angleterre et d’une Europe blanche, pas mal de gens se sont dits que c’était peut-être la solution.

 

La montée du FN en France coïncide-t-elle avec une radicalisation des skins ?

Je ne sais pas… Je n’ai jamais eu l’impression que les skins étaient spécialement bien vus au FN et je n’ai pas spécialement eu l’impression que, chez les skinheads ultra-nazis, le FN ait eu une bonne image.

 

À ce moment-là, on s’éloigne de la musique.

La musique devient juste un support pour diffuser le message. À la base, on a donc un mouvement prolétaire qui dérive vers les extrêmes, droite ou gauche, et un déclin de l’aspect musical… Et la rue devient un vrai champ de bataille. Elle a toujours été un terrain ou l’on règle les histoires de bandes mais, à ce moment-là, il n’y a plus que ça. Ce ne sont plus des soirées ou des concerts auxquels on assiste, mais simplement des prétextes pour régler des différents.

 

Ces temps-ci, on a plutôt l’impression que le mouvement redevient musical comme dans ce festival d’où la politique est absente.

Je pense que la politique est toujours là mais elle n’est pas au premier rang. Tous ces mouvements de rébellion  voient le jour dans l’adolescence. Pour qu’un mouvement de jeunes prenne de l’ampleur, il faut peut-être qu’il y ait un truc qui soit en accord avec la révolte adolescente. Les combats contre la société sont des sujets qui reviennent souvent dans les chansons. Mais il faut aussi que ce soit un truc de bande, de franche camaraderie et de fun.

 

Que penses-tu de la façon dont la musique Oi! a évolué en trente ans ?

J’ai l’impression qu’au niveau diversité et qualité ça s’est vachement amélioré ! Je pensais que la Oi! serait comme le rockabilly : un style qui n’évolue pas. Mais j’ai eu l’impression qu’avec certains groupes US, elle a gagné en son, en cohésion, en force, en finesse, même si ce ne sont pas les atouts premiers d’une musique comme ça ! Donc, oui, j’ai l’impression que la scène reprend un peu de force, que les groupes jouent un peu plus et quand ces  jeunes m’ont proposé de jouer, j’ai été agréablement étonné de voir que ça tient la route. Lion’s Law, c’est du punk rock dans sa plus simple expression mais les accords sont bien trouvés, les refrains sont fédérateurs, il y a des espèces de trucs super catchy qui marchent tout de suite. Ils ont de bonnes idées. Ils n’ont rien inventé mais je pense qu’ils ont bien digéré leurs influences et ça donne des trucs pas mal.

 

Ça te paraît logique de passer d’un groupe hardcore limite végétarien comme Burning Heads à un groupe skinhead comme Lion’s Law ?

Oui ! Déjà, pour moi, c’est une sorte de revanche sur mes premières amours. À l’époque, c’était super bancal… Aujourd’hui, j’ai une approche un peu différente : la musique est devenue un peu plus carrée et moi je joue un peu mieux. Je peux donc prendre plus de plaisir et je me dis que plus je joue avec des groupes, mieux c’est pour ma culture et mon épanouissement musical. Et puis, comme les refrains sont accrocheurs, que les chansons tiennent la route et que les gars sont plutôt détendus… 

 

 

 

EVELYNE, SKINHEAD GIRL

 

Bien que majoritairement masculin, le Winter Oi! Fest avait malgré tout attiré de nombreuses demoiselles, skinheads ou pas comme on l’a vu plus haut (souvenez-vous, notre amie balte complètement ivre). Appelées birds en Angleterre, les filles séduites par le trip skin existent aussi en France. Cool et stylée, Evelyne nous explique en quoi consiste la vie d’une fille de la tribu Tête de Peau.

 

Depuis combien de temps es-tu skinhead ?

Evelyne : J’ai 25 ans. Je suis entré dans le punk à 14 ans, puis je suis devenue skin vers 15, 16 ans.

 

Qu’est-ce qui t’a séduit dans ce mouvement ?

Principalement les fringues, le style un peu classe, le côté aggro (argot pour «agressif», ndlr), rebelle… C’est quelque chose qui m’attirait un peu. C’est une attirance toute simple, je ne pourrais pas l’expliquer.

 

Quelle est ta période musicale préférée ?

Comme j’étais dans le punk, j’ai commencé avec la Oi! Puis je me suis très vite mise au ska, au reggae, au rocksteady. Petit à petit, je me suis tournée vers la soul. C’est assez divers. En fait, j’écoute tout ce qu’il y a dans ce mouvement de fin de la fin des années 60 aux années 80 principalement.

 

 

Et les vieux groupes skins Oi! français te parlent ? 

Oh oui, carrément ! Je les écoute énormément !

 

 

Il y a beaucoup de filles dans votre groupe ?

Il y en a plus qu’avant. Si on regarde vers Parmentier (quartier du XIème arrondissement de Paris, ndlr), la bande des mecs de Maraboots, on dira qu’il y a cinq filles sur quinze personnes pour compter large.

 

Il t’arrive d’avoir des soucis avec ce milieu ?

C’est assez rare. Comme je suis métisse - mon père est Indo-Cambodgien et ma mère est Thailando-Vietnamienne - les gens ne comprennent pas mon style. Mais je me suis déjà pris des piles, des mégots de cigarettes, des trucs comme ça. Le truc, c’est de répondre. Il faut savoir leur expliquer. Personne ne peut m’interdire ce que je fais. Je le fais parce que j’aime ça et personne peut ne peut me juger là-dessus !

 

Et l’aspect politique du mouvement skinhead ?

Je m’en fous ! Je ne me sens pas concernée par ça. Je n’ai jamais mélangé mes opinions politiques avec ce que je suis. C’est assez complexe parce que je ne peux pas dissocier ma personnalité du fait que je suis skinhead, c’est un tout, mais mes opinions politiques n’ont pas à interférer avec ça. 

 

Et que fais-tu dans la vie ?

Je suis employée de bureau.

 

Pour finir, en quoi consiste une bonne soirée skinhead d'après toi ?

Être avec mes amis et faire une sortie avec eux. Comme tout le monde !

 

 

 

Texte et photos par Olivier Richard // Photo de Une : Simon Laveuve.

 

¹ : Cf. le numéro de Spécial Investigation diffusé le 10 septembre 2012. L’émission relève de la désinformation absolue en donnant l’impression que, depuis leur apparition, les skinheads roulent tous pour l’extrême-droite.

 

Source: Brain Magazine

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 19:57

 

C’est avec grande satisfaction que nous mettons à disposition de nos lecteurs un extrait et une brève présentation d’un ouvrage qui publie les analyses et critiques développées par la première expression de laGauche Communiste internationale en réaction à l’involution du processus révolutionnaire en Russie. Ici, pas d’entreprise de dénigrement a postériori car la politique du parti bolchevik est soumise à une critique radicale par ses artisans les plus décidés dès les premiers mois de la révolution.

PDF - 613.4 ko

Ce livre auquel nos collaborateurs ont largement contribué est sorti de presse en décembre 2011 aux éditions Smolny. Une brève présentation en est faite ci-dessous et un extrait significatif de cet ouvrage est fourni dans le fichier PDF ci-joint :

 

La revue "Kommunist" 1918

 

C’est entre avril et juin 1918 que paraîtront à Moscou les quatre numéro de la revue KOMMUNIST. Elle contient les analyses et critiques élaborées par la première fraction de gauche apparue au sein du parti bolchevik après la prise du pouvoir en octobre 1917. Elle s’est cristallisée en janvier 1918 en opposition à la politique de Lénine prônant une paix séparée avec l’Allemagne (un traité sera signé à Brest-Litovsk le 3 mars 1918).

Cette fraction animée par Boukharine, Ossinski, Radek et Smirnov rejette la politique de ’compromission’ prônée par Lénine car, pensait-elle, signer une paix séparée avec l’Allemagne irait à l’encontre du développement de la révolution dans d’autres pays puisqu’elle permettra au militarisme des puissances centrales de se concentrer sur le front occidental et d’y étouffer plus aisément les mouvements révolutionnaires. C’est pourquoi Boukharine accusera Lénine de ’haute trahison contre la révolution’. Cette crainte était d’autant plus justifiée que, dans l’article deux du traité de paix, les bolcheviks s’engageaient à ne plus mener de propagande révolutionnaire au sein des puissances centrales, c’est-à-dire rien de moins que s’interdire d’étendre la révolution ! Apprenant la teneur des concessions qui seront faites dans ce traité ainsi que les velléités de Lénine d’accepter l’aide de l’impérialisme anglais et français, Boukharine s’écriera : "Vous faites du parti un tas de fumier" !

Il est à noter que, malgré les sévères critiques et accusations portées à l’encontre des orientations défendues par les cercles dirigeants du parti bolchevik, cette fraction a pu disposer de tous les moyens politiques et matériels nécessaires pour défendre son point de vue, y compris au niveau organisationnel avec une presse et des réunions séparées. Ainsi, la décision de signer le traité de Brest-Litovsk sera prise dans une totale liberté d’opinion et d’organisation au sein du parti bolchevik.

La capacité de ce dernier à pouvoir vivre avec des divergences significatives en son sein est particulièrement importante à souligner à l’heure où les groupes actuels de la Gauche Communiste se revendiquant de cet héritage font montre d’une incapacité totale sur ce plan. En effet, alors que la durée d’existence de ces groupes est déjà trois à quatre fois plus longue que celle des bolcheviks, aucun d’eux n’a pu vivre en bonne intelligence avec la moindre tendance ou fraction en leur sein. Pire, tous les débats conséquents qui les ont traversé se sont systématiquement soldés par des scissions toutes plus graves les unes que les autres. Ainsi, l’on pourrait paraphraser cette formule cinglante de Bordiga en réponse à Staline : « L’histoire des fractions, c’est l’histoire de Lénine » en disant que « l’histoire des groupes actuels de la Gauche Communiste c’est l’histoire de l’absence de fractions ». En d’autres mots, de nombreuses discussions sur les causes de la dégénérescence de la révolution russe seront encore nécessaires pour faire place nette à ces pratiques héritées d’un autre âge et hisser les groupes qui se revendiquent de l’héritage de Lénine à la hauteur des capacités de ce dernier à pouvoir vivre et débattre en toute liberté avec de multiples tendances et fractions [1].

Cependant, l’intérêt de cette fraction ne tient pas seulement aux leçons que l’on peut tirer sur la défense del’internationalisme intransigeant et sur le fonctionnement d’une organisation révolutionnaire, elle tient aussi au regard qu’elle pose sur la politique menée par le parti bolchevik. Ce regard critique porte sur toute une série de questions cruciales relatives à l’essence même d’une révolution socialiste et à la façon de la faire vivre dans les conditions difficiles d’alors. Ainsi, un clivage radical émergera entre la volonté des communistes de gauche d’appliquer les leçons tirées par Marx de la Commune de Paris - à savoir la création d’un semi-État sur les ruines de l’ancien et basé sur le pouvoir des conseils ouvriers - et l’orientation défendue par Lénine consistant à édifier un capitalisme d’État comme antichambre au socialisme.

La publication de ces documents originaux permet aussi de jeter un regard neuf sur certains clivages qui traversent le milieu révolutionnaire actuel. Ainsi, la préface et la postface de cet ouvrage fournissent un important matériel permettant d’évaluer la proximité des positions de cette fraction de gauche avec les analyses développées par les gauches en Europe de l’Ouest, notamment celles émises par Rosa Luxemburg avant et après la révolution d’octobre 1917 [2]. Elles permettent aussi au lecteur de situer tous ces débats dans le contexte de la vague révolutionnaire et l’état du mouvement ouvrier à cette époque. Ainsi, un cadre de compréhension est proposé afin de penser plus correctement, pensons-nous, la part des facteurs externes et internes qui ont présidés à la dégénérescence de cette révolution. Est également soulignée la très grande clarté atteinte par cette fraction de gauche sur l’involution de la trajectoire prise par la révolution russe, clarté que la gauche communiste en Europe occidentale n’atteindra que quelques années plus tard.

C’est pourquoi, nous pensons qu’au-delà des contributions politiques apportées par cette première fraction, une réévaluation plus correcte de l’expérience soviétique devra encore être menée à partir de la traduction des documents originaux de ses moments les plus cruciaux et des débats qui les ont animés, en particulier des documents durant la première année du pouvoir et ceux relatifs à l’émergence des fractions de gauche successives au sein du parti bolchevik. C’est une des tâches que s’assignent plusieurs collaborateurs deControverses et qui fournira matière à d’autres ouvrages.

Pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore qui sont expliquées dans ce livre, nous saluons sa publication et le recommandons chaudement à nos lecteurs.

 

C.Mcl, 21 janvier 2012

 

- Cet ouvrage est aussi brièvement présenté sur le site web de Smolny.

- Son prix est de 20 €, il contient 408 pages et est sorti de presse en décembre 2011 au éditions Smolny sous l’ISBN : 978-2-9528276-3-8

- Il est disponible via le Collectif d’édition Smolny - distribution par chèque à l’ordre de : SMOLNY : 43, rue de Bayard, 31 000 TOULOUSE, FRANCE.

 


[1] Cet exemple de liberté totale d’opinion et d’organisation au sein du parti bolchevik, y compris pour des critiques et accusations aussi graves que la ’trahison des intérêts de la révolution’ ou la transformation du parti’en un tas de fumier’, illustre que la politique de commissions d’enquêtes instaurée par le Courant Communiste International pour juger et trancher certaines critiques et accusations politiques énoncées par ses militants en divergence envers les positions officielles de cette organisation est contraire à toute l’expérience du mouvement ouvrier passé. Elle est d’autant plus absurde que ces critiques et accusations sont d’une teneur nettement moindre et aux conséquences sans communes mesures à celles émises en 1918 ! A nouveau, toutes les leçons de l’histoire n’ont pas été tirées et le poids de la contrerévolution pèse encore lourdement sur la pratique des organisations actuelles de la Gauche Communiste se revendiquant de l’héritage des bolcheviks.

[2] Concernant l’après Octobre 1917, nous nous référons plus particulièrement aux écrits de Rosa Luxemburg dans les Lettres de Spartacus n°8 de janvier 1918 : La responsabilité historique et n°11 de septembre 1918 : La tragédie russe.

Source: Gauche Communiste Historique
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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 20:08

 

 

 

sharp II

En réaction à la politisation du mouvement skinhead qu'ils jugent contraire à ses traditions,les Skin Heads Against Racial Prejudice(S.H.A.R.P) naissent aux Etats-Unis en 1987.Le SHARP américain reprend à son compte l'imagerie patriotique et antinazie avant que le mouvement ne s'internationalise  progressivement.Le SHARP est un logo de ralliement de tous les skinheads qui refusent le racisme au sein de leur scéne culturelle.

HISTOIRE DU SHARP A PARIS

Le logo SHARP n'apparait qu'en 1989 dans des skinzines assez confidentiels et dont les rédacteurs cultivent l'anonymat pour échapper à la pression d'une scéne encore trés influencée par les "Rock Against Communism".Le terme "Bonehead" est employé pour les différencier des skinheads non-racistes et stigmatiser ainsi les nazis chauves.Cette stratégie est lente à se développer surtout à Paris ou la réputation des skinheads est détestable: les bandes de "zoulous" et  de rockers auto-proclammés "chasseurs de skins" s'opposent violemment aux derniers skinheads parisiens et à leurs alliés(casuals,"rebels","gudards","pnfe"....) Les Trojan Skins ignorés des grands médias font les frais de cette violence aveugle tandis qu' on commence à parler des "redskins" dans certains articles.A Paris les premiers fanzines "Sharp" (Symphonie Urbaine,Fantomas) cotoient dans les boutiques spécialisés (CHELSEA) des skinzines à l'opposée de leurs convictions. Ce sont ces mêmes rédacteurs qui vont rallier les Ruddy Fox à leur cause en leur faisant découvrir les racines "sixties" et "Trojan reggae" du mouvement skinhead originel.Les Ruddy Fox dont certains membres reprenaient le look vestimentaire des skinheads dans leur rang sont la premiére bande a collaboré avec le Sharp,l'anti raciste action et a épargné les Trojan Skins dans leurs représailles contre les  skinheads. Cette bande  composée essentiellement de jeunes noirs,d'anciens ducky boys et de jeunes des cités ne va pas excéder une trentaine d'individus:elle prend la reléve des autres "chasseurs de skins"(tendance "fifties") et va demeurer la plus active en organisant des descentes musclées dans le quinziéme arrondissement (LONDON STYL et CHELSEA) et dans la plupart des concerts (Ska,Hard core....) de la Capitale;en revanche elle va éviter soigneusement les alentours du Parc des Princes contrairement à la rumeur entretenue aujourd'hui.Leur histoire prend fin avec la disparition progressive de leurs ennemis (Chelsea Firm,JNR,etc...) Nous sommes alors au milieu des années 90 et la scéne RAC est en sommeil dans la Capitale;une nouvelle génération de jeunes skinheads  en profite pour faire son apparition: elle est parfois apolitique mais majoritairement influencée par le courant Sharp .En France comme ailleurs en Europe le combat des skins antiracistes va rejoindre progressivement la cause des "Antifas".Même si les rapports  entre le Sharp et les nouveaux reds (RASH) sont parfois tendus,ils vont composer la nouvelle scéne "ANTIFA" fortement influencée par la musique OI et la culture vestimentaire skinhead pendant les années 2000. Impensable dans les années 80 cette récupération de l'imagerie skinhead donne lieu aujourd'hui à une réécriture de l'histoire par internet...

 

JUSSIEU  SKINS :Une petite bande de copains influencés par le "TROJAN" et dégoutés par la politisation excessive de la scéne parisienne à la fin des années 80 -début 90; On y retrouve fred PINEAU (Fantomas zine),Manu R.,Alteau etc..Rejoint par Eric Launay (Symphonie Urbaine),les fréres etchegarray (liquidator zine),des rude boys  et des herberts.  Un groupe bien pacifique( même en bande) qui se réunit dans un café prés de la fac de Jussieu et qui pense d'abord à s'amuser ,à boire et à écouter de la musique "sixties". Débuts difficiles avec certains groupes de "chasseurs" surpris de voir cohabiter ainsi des "blacks" et des"skins" dans un même café. 

 

PERRY BOYS: Un groupe de fans du Red Star 93 qui acceuille des militants CNT,des Sharps( chanteur de 8°6 crew),et des "reds"...Etoile rouge de rigueur et un petit kop antifasciste qui se veut une réponse au "Kop de Boulogne".

 

CHELSEA: Un local  minuscule qui sert de magasin spécialisé prés du Métro Convention;ouvert par Eric Saunier et Fabian Guyomarch (ancien  des "skins des Halles) en 1989  et qui fermera vers 1992-93 (brouille entre les proprios). Considérés à tort comme le rival du LONDON STYL...Plutôt complémentaire en vérité :on y trouvait des fanzines,des disques oi/rac/ska et des fringues skinheads. Lieu de rendez vous pour la "Chelsea Firm" et les Skins de Province;cohabitation paisible avec les SHARP  de jussieu...Deux ou trois descentes des Ruddy Fox dans le café  Convention (fumigéne et gazeuse),course poursuite avec la "Chelsea Firm" et des "JNR";visite ultra rapide du chef des Ducky Boys qui repart au sprint  en remarquant la sortie de Fabian armé d'un marteau...Le magasin était placé sous surveillance policiére;les "R.G" peuvent y mettre leurs dossiers à jours car c'est l'époque ou les bandes urbaines (skinheads,"zoulous",...) font la Une des médias.

 

RODDY MORENO: Le chanteur britannique de "the Oppressed" (Oi band antifasciste) séduit par le concept du "SHARP" lors d'un voyage aux USA,va le populariser à sa maniére  en l'important avec lui en Europe et notamment en Allemagne ou dés 1992 les manifs de skinheads Sharp vont réunir des centaines de personnes dans la rue pour s'opposer aux groupes néo nazis qui focalisent l'intérét des médias.

 

SHARP BEAUVAIS: L'équipe  du zine "Un monstre est en moi" dont le rédacteur skinhead est aussi président d'un fan-club des Béruriers Noirs(!),est considéré aujourd'hui historiquement  comme la seule cellule  100% skinhead anti raciste en France  en 1989.Elle ne réunit à cette époque qu'une dizaine de militants antiracistes;on y croise un peu plus tard philippe Wagner  qui a abandonné progressivement la scéne RAC et qui rédige l'ancien fanzine oi-rac de Fabrice Rocher (Nevers) "zéra" en lui donnant désormais une tournure anti-nazie...

ARASH: L'Anti Raciste Action Skin Head se veut une réplique skinhead de l'Anti Raciste Action mére aux USA. Manu Rousselle (JUSSIEU SKINHEAD-Zine "Black n White") cherche alors  à créer une cellule parisienne et réalise des patches à l'effigie (Poing noir et blanc) qui ne trouveront pas preneurs à l'époque;

  

 

 MANU

 

SKINS DE JUSSIEU DEVANT LE MAGASIN "CHELSEA" (PARIS).

 

FIN 1989

 

 

 Source : Spirit Of Ten's ( http://spiritoftens.canalblog.com)

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 08:05

28 décembre 2012 Par patrick rodel

Hubert Bonin avait publié, il y a deux ans, aux éditions du Festin, un livre sur les Tabous de Bordeaux qui avait fait grincer quelques dents. Il récidive, cette année, avec un sujet hautement à risque, celui des réseaux d'extrême droite, à Bordeaux, depuis le début du 19°siècle  jusqu'à nos jours. Et l'on y découvre une constante qui peut surprendre ceux qui entretiennent le mythe d'un Bordeaux, ville de la modération, à l'image de quelques uns de ses maires tutélaires : la présence d'un noyau plutôt consistant de nostalgiques de l'Ancien Régime, d'ennemis du parlementarisme, de catholiques intégristes, d'antisémites et d'antimaçons. On y retrouve plusieurs grands noms du négoce bordelais, des propriétaires de chateaux prestigieux - ce qui jette une lumière intéressante sur la persistance de certains réseaux au cours des deux derniers siècles et sur le peu d'empressement de l'establishment local à faire la lumière sur cet aspect de la vie politique bordelaise. Selon le contexte politique, ces réseaux semblent se mettre en veilleuse ; mais il suffit que les tensions deviennent plus fortes pour qu'ils reprennent du poil de la bête et parviennent à rassembler autour d'eux des éléments des classes moyennes et des classes populaires qui ont le sentiment d'être laissés pour compte par la société - c'est le cas à l'époque  du boulangisme, ce prototype du populisme,  c'est le cas en 36, avec l'élection de Philippe Henriot, au terme d'une campagne d'une extrême violence ;  c'est le cas, bien sûr, pendant l'occupation lorsque le maire Marquet devient un ministre de Pétain -, jusqu'à représenter une force politique non négligeable. Il faut rappeler qu'avant que la Région ne devienne socialiste, la majorité de droite avait pu se maintenir grâce à l'appoint des élus d'extrême droite. A l'heure actuelle, Bordeaux n'est pas à l'abri des menées souterraines de groupes d'extrême droite - ce qu'avait révélé l'émission de télévision, Les Infiltrés, - .

                 Le travail d'Hubert Bonin ne comporte pas de révélations fracassantes mais en faisant une synthèse d'études fragmentaires qui n'avaient jamais quitté le domaine universitaire, il permet de prendre la mesure d'une constante de la vie politique bordelaise sur laquelle beaucoup avaient préféré garder un silence pudique. Après tout, quand on fait partie de la bourgeoisie bordelaise, on ne souhaite pas toujours clamer  que grand-papa était camelot du roi ou que les affaires n'ont guère souffert de l'occupation allemande - et c'est, dans certains cas, un euphémisme. Il faut quelqu'un qui vienne de l'extérieur, ce qui est le cas de Bonin, pour ouvrir quelques portes de la maison et y découvrir quelques cadavres. Il y a fort à parier que d'autres dents vont grincer - les mêmes sans doute que celles qui n'aiment pas qu'on évoque le passé esclavagiste des vieilles maisons bordelaises ou les compromissions de la collaboration.

                Bonin est spécialiste d'histoire économique. Il entre ici dans une spécialité qui n'est pas la sienne. C'est ce qui lui donne une liberté que d'autres, peut-être, n'auraient pas. On peut regretter que tel ou tel épisode de l'histoire politique bordelaise ait été traité bien rapidement - et c'est dommage quand il s'agit des campagnes législatives  de 32 et 36 ; ou qu'il n'ait pas vérifié certains points - par exemple, Marc Sangnier, en 23, ne peut être présenté comme le leader du Sillon - ce mouvement a été dissout par Sangnier en 1910 -; en revanche, il est à la tête de Jeune République, un parti qui affirmera avec constance son appartenance à la gauche. Mais ce sont des détails et qui n'enlèvent rien à l'intérêt de ce livre. Les catégories qu'il retient : extrême droite, droite extrême, droite dure - montrent leur porosité ; elles sont importantes non en tant que catégories cloisonnées mais parce que dans les situations concrètes analysées elles peuvent révéler leur socle commun - qui est celui de la défense des privilèges. Et, bien sûr, comment ne pas penser aux aspects récents de  la politique nationale ?

 

                                                                    Les tabous de l'extrême droite à Bordeaux, éditions du Festin, 20 euros.

Source: Lu sur Blog Médiapart

 

A lire aussi sur le sujet : http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/04/30/la-justice-ouvre-une-enquete-sur-l-extreme-droite-bordelaise-apres-les-infiltres-sur-france-2_1345418_3224.html

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 15:53

Voici notre première mixtape. Dans le cadre de nos petits dimanche à thèmes que nous appellerons #SUNDAYCHILL, nous allons vous concocter une semaine sur deux des mixtapes avec des thèmes et influences différentes.

Pour commencer, voici donc les skinhead, les vrais , ceux qui sont à la base du mouvement. Pour en savoir plus, rdv dans le dressing et dans pop corn.

Merci à Colonna pour la mixtape et à Opéra pour la cover !

 

Union Street’s Cloudcasts on Mixcloud

Source: Union Street

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 08:34
Cartographie de l'anarchisme révolutionnaire
Michael Schmidt, Cartographie de l'anarchisme révolutionnaire, Lux, coll. « Instinct de liberté », 2012, 196 p., ISBN : 978-2-89596-136-9.

Texte intégral

PDF

1Michael Schmidt, journaliste sud-africain et militant anarchiste, remet en cause l’historiographie traditionnelle anarchiste. Trop souvent, à son goût, les anarchistes se contentent de faire référence à cinq moments forts de la mémoire collective anarchiste : les martyrs anarchistes de Haymarket exécutés en 1887 aux États-Unis, la Charte d’Amiens de la CGT en 1906, texte fondateur du syndicalisme révolutionnaire, la révolte des marins de Cronstadt en 1921 contre la dictature des bolcheviks, la révolution espagnole de 1936-1939 et enfin mai 68 en France. L’auteur critique cette martyrologie du mouvement anarchiste qui laisse de côté certaines participations beaucoup plus actives des anarchistes : à la révolution mexicaine de Basse-Californie en 1910-1920, à la révolution de Mandchourie en 1929-1931, à l’implantation des syndicats clandestins à Cuba entre 1952 et 1959… Il critique cet ethnocentrisme fixé sur l’Atlantique Nord, qui oublie les mouvements d’Europe de l’Est, d’Amérique du Sud, du Japon, de la Chine, de la Corée ou encore du Vietnam. Michael Schmidt propose un récit plus large de l’histoire du mouvement anarchiste.

  • 1  Irène Pereira, L'anarchisme dans les textes. Anthologie libertaire, Textuel, coll. « Petite encycl (...)
  • 2  AK Press, Oakland, 2009.
  • 3  « L’anarchisme classiste, parfois appelé révolutionnaire ou anarchisme communiste, n’est pas un si (...)

2Le livre de l’auteur se réfère à la « grammaire communiste libertaire »1, à l’anarchisme classiste, celui qui fait de la reconnaissance de la lutte des classes et de l’existence des classes sociales, et non de l’humanité ou des individus, la base de l’action anarchiste. Dans leur livre, « Black Flame : The Revolutionary Class Politics of Anarchism and Syndicalism (Counter-Power vol. 1) »2, Lucien van der Walt et Michael Schmidt affirment d’ailleurs que : « the class struggle anarchism, sometimes called revolutionary or communist anarchism, is not a type of anarchism… it is the only anarchism ».3On comprend dès lors, pourquoi l’auteur fait démarrer l’origine de l’anarchisme à la Première Internationale en 1864, et plus particulièrement à la scission de 1868 entre la majorité anarchiste et la minorité marxiste.

3Michael Schmidt distingue cinq vagues de militantisme anarchiste ‑ distinction qui s’apparente plus à des repères historiques qu’à une véritable loi immuable historique. Il différencie par ailleurs deux approches de la stratégie de la grande tradition anarchiste : l’anarchisme de masse d’une part, qui considère que seuls les mouvements de masse peuvent provoquer des changements révolutionnaires dans la société et qui donne un rôle prépondérant aux organisations comme les syndicats révolutionnaires ; l’anarchisme insurrectionnel d’autre part, qui s’appuie sur la lutte armée, voire le terrorisme.

4La première vague, relevée par l’auteur, débute en 1868 avec la Fraternité internationale, créée par Mikhaïl Bakounine, à la suite de la publication de son Programme (abolition de l’État-Nation, des forces armées, des tribunaux, du clergé et de la propriété privée). L’anarchisme de masse se constitue notamment au sein de fédérations en Espagne, au Mexique, en Uruguay, à Cuba et aux États-Unis, puis plus tardivement en Allemagne. Cette première vague est une réponse aux insuffisances du marxisme et aux dangers du terrorisme populiste des narodnik. Cette vague se termine en 1894, suite à la dissolution de l’Internationale noire en 1893, et au développement de l’anarchisme insurrectionnel.

5La deuxième vague, 1895-1923, est une période durant laquelle, selon M. Schmidt, il y a une consolidation du syndicalisme anarchiste et révolutionnaire. Deux événements participent à cette expansion au début du XXe siècle : d’une part les guérillas anarchistes et la constitution de communes en Macédoine en 1903 et d’autre part l’apparition des premiers soviets, d’inspiration anarchiste, à Moscou et à Saint-Pétersbourg en 1905-1907. On peut aussi signaler la création de la Croix noire anarchiste au cours de cette période. Dans le prolongement de ces événements, des syndicats révolutionnaires sont créés aux États-Unis (IWW) puis en Australie, au Canada, en Grande-Bretagne, en Afrique du Sud… Par ailleurs, à l’issue de la révolte russe, de nombreux anarchistes (comme Pierre Kropotkine) vont s’exiler à Londres et diffuser la nécessité d’une action collective, par opposition aux anarchistes individualistes. De fait, les fédérations anarchistes vont travailler de concert avec les syndicats anarchistes révolutionnaires dans de nombreux pays d’Amérique latine, en Espagne, au Portugal… Et en 1922, une nouvelle Internationale des travailleurs est créée à Berlin. Pendant cette vague, on assiste également à l’éclosion de différents mouvements révolutionnaires : de 1910 à 1920, il y a une révolution d’influence anarchiste au Mexique, qui s’éteindra en raison de la fragmentation des groupes révolutionnaires ; en 1919, l’Armée insurrectionnelle révolutionnaire d’Ukraine, liée aux groupes anarcho-communistes, libère un territoire de 7 millions d’habitants. En Russie également des mouvements anarchistes se développent (en Sibérie, à Cronstadt…). Mais dans les deux cas, ces mouvements seront étouffés par les bolcheviks. Si on ajoute l’échec de la révolution de 1918-1923 en Allemagne, se termine une période qui verra monter les nationalismes et également le découragement de nombreux anarchistes.

6La troisième vague, 1923-1949, se fait dans un contexte de mise en place des deux totalitarismes que sont le fascisme et le bolchevisme. Durant cette période, il y a un reflux des mouvements anarchistes, expliqué notamment par la domination soviétique, mais aussi par le développement de la social-démocratie et des premiers éléments de l’État-Providence. Il y a, malgré tout, de nouveaux mouvements anarchistes avec la création en 1928 de la Fédération anarchiste orientale, regroupant le Japon, la Chine, la Corée, le Vietnam, l’Inde, et au cours de la même année de l’Association continentale américaine de travailleurs en Amérique latine. Il y a une révolution en Mandchourie entre 1929 et 1931, dans la préfecture de Shinmin, qui créée une structure administrative régionale socialiste libertaire. Cette révolution mandchoue sera écrasée par l’invasion japonaise de 1931. En Europe, c’est en Espagne que naît et se développe une révolution, à la suite du putsch de l’armée coloniale, entre 1936 et 1939. Des communes libres apparaîtront en Catalogne, Aragon, à Valence. Les différentes fédérations anarchistes et la Confédération nationale du travail vont s’allier, sans toutefois permettre une cohésion efficace. À la suite des différents échecs révolutionnaires, le mouvement anarchiste va perdurer au sein de la résistance aux totalitarismes. Par ailleurs des fédérations vont apparaître en Afrique. En 1948, des Commissions internationales anarchistes sont créées afin de faciliter les relations entre les différents mouvements dans le monde, et se réunissent conjointement en 1949 à Paris.

7La quatrième vague, 1950-1989, se caractérise par l’affaiblissement du mouvement anarchiste. Ce déclin temporaire se fait dans un contexte de guerre froide, d’apparition de dictatures en Amérique latine, du bolchevisme en Extrême-Orient, du totalitarisme en Chine, en Corée. Toutefois, l’anarchisme reste présent dans le syndicalisme, notamment lors des grèves de 1956 au Chili et en Argentine, dans la création de nouvelles fédérations comme en Uruguay ou bien dans des mouvements de guérilla en Chine et en Espagne. C’est surtout à partir de 1968 que l’anarchisme va connaître un renouveau avec les mouvements sociaux qui secouent de nombreux pays : France, États-Unis, Sénégal, Allemagne, Japon, Mexique… En Amérique latine, les anarchistes s’opposent aux dictatures, au Chili, puis en Argentine, mais sont écrasés par la répression. Au Moyen-Orient de nouveaux mouvements apparaissent, en Irak, en Iran. Certains mouvements dans l’hémisphère nord s’orientent vers une lutte plus violente : sabotages en Grande-Bretagne, premiers membres d’Action directe en France, mouvement du 2 juin en Allemagne, groupes révolutionnaires au Pays Basque… mais qui, pour la plupart, se perdront dans un terrorisme déconnecté des thèses anarchistes. Par ailleurs, on assiste à une prolifération d’organisations anarchistes à travers le monde, notamment dans les pays de l’Est et en Russie.

8La cinquième vague commence en 1990 et se poursuit aujourd’hui. Elle est portée par l’effondrement du bloc soviétique, de la Yougoslavie. Les mouvements anarchistes souterrains peuvent donc se constituer en fédérations. La fédération la plus importante dans le monde aujourd’hui étant Action autonome qui possède des sections dans de nombreuses villes de Russie, d’Arménie, au Bélarus, en Ukraine… Des mouvements se développent à nouveau depuis les années 2000 à Cuba, en Amérique du Sud, en Afrique, aux États-Unis, au Canada. Par ailleurs, l’anarcho-syndicalisme reste présent, ainsi la CGT espagnole compte 60 000 adhérents.

9Autre intérêt du livre, Michael Schmidt met en relation chaque vague à l’évolution de la théorie et de la stratégie anarchistes. Ainsi, dans la première vague, c’est le programme de Bakounine qui domine, avec le rejet de toute solution étatiste, le rôle d’intermédiaire de l’organisation révolutionnaire anarchiste. Dans la seconde vague, les exilés russes à Paris (dont Makhno) publient La Plate-Forme, qui préconise une discipline interne stricte et une unité théorique et tactique au sein des différentes organisations anarchistes et le projet d’une société révolutionnaire fondée sur les soviets. Les anarchistes traditionnels s’opposeront à cette orientation en accusant les plate-formistes de bolcheviser l’anarchisme, et proposeront la synthèse anarchiste, avec une idéologie plus souple, d’où le nom de synthétistes. Lors de la troisième vague, en Espagne, les durrutistes publient un document stratégique prônant la création d’une junte (un soviet) révolutionnaire, et sont également accusés d’autoritarisme. Dans la plupart des pays, la plate-forme reste dominante. Lors de la quatrième vague se développe le fontenisme (de Georges Fontenis, militant français) à la suite de la publication du Manifeste du communisme libertaire. Ce manifeste s’oppose aussi bien à l’extrémisme individualiste qu’au bolchevisme, et prône la constitution d’une avant-garde implantée au sein des syndicats et autres organisations de masse. Enfin, lors de la cinquième vague, les plate-formistes s’imposent dans un mouvement anarchiste en pleine croissance, et notamment en Amérique du Sud où la Plate-Forme est connue sous le nom d’especifismo.

10Le livre de Michael Schmidt est un ouvrage militant, écrit par un militant anarchiste. La conclusion est de ce point de vue explicite et appelle à la lutte quotidienne. Il ne s’agit donc pas d’une présentation historique objective des mouvements anarchistes. Mais ce n’était pas le propos revendiqué de l’auteur. On y trouvera toutefois des informations intéressantes sur des mouvements et des organisations oubliées, ou en tout cas, trop peu étudiées par les historiens ou les anarchistes eux-mêmes.

Haut de page

Notes

1  Irène Pereira, L'anarchisme dans les textes. Anthologie libertaire, Textuel, coll. « Petite encyclopédie critique », 2011. http://lectures.revues.org/1314

2  AK Press, Oakland, 2009.

3  « L’anarchisme classiste, parfois appelé révolutionnaire ou anarchisme communiste, n’est pas un simple type d’anarchisme… c’est le seul anarchisme. »

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 15:19
Une vie en moins
C’est l’alliance inattendue du groupe Zebda et de Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po, spécialiste du monde islamique et auteur d’un livre récent, « Histoire de Gaza » (Fayard, 2012).
Leur collaboration, Zebda à la musique, Filiu aux paroles, a donné naissance à une chanson et à un clip sur ce territoire palestinien et ses habitants toujours soumis au blocus israélien.
Mais ce n’est après tout pas si surprenant, car si Jean-Pierre Filiu est l’auteur de plusieurs livres de science politique, il est aussi un spécialiste reconnu de ... Jimi Hendrix (et en juin dernier il nous rapportait de Benghazi une belle rencontre avec des rappeurs libyens) !
De là à travailler avec le groupe toulousain pour attirer l’attention sur le sort des Palestiniens, il n’y a qu’un pas que nous ne sommes pas surpris de le voir franchir.
 

Le Crif dénonce une chanson de Zebda

 

Accès à la chanson : www.Assawra.Info/viedemoins.htm
 
 Le clip tourne depuis le 7 octobre. Fruit de la collaboration d’un universitaire, Jean-Pierre Filiu, professeur d’histoire à Sciences Po Paris et auteur d’Une histoire de Gaza (Fayard), et du groupe Zebda, il a été diffusé par France Télévisions. C’est ce dernier point qui semble particulièrement scandaliser le Crif, qui estime qu’Une vie de moins risque de promouvoir la haine d’Israël chez les jeunes". Dans une tribune publiée le 15 octobre, maître Bertrand Ramas-Muhlbach condamne le clip, "un produit de propagande anti-israélienne tout à fait hallucinant". (02 Novembre 2012 - Avec les agences de presse)
__,_._,__SS_Source
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Non au Front National !

Camarades ,

Ne nous livrons pas aux chants des sirènes fascistes, qui sous couvert d'un discours anti-systémique bien rôdé, ne visent qu'à instaurer un régime aux relents des années 30. Ne soyons pas naifs face à ce nouvel ordre moral que veulent imposer par le mensonge et la peur les tenants de la haine et du "sang pur". Sous couvert d'une fausse expression démocratique et médiatique, le FN ne s'est jamais détaché de ce qui a construit son origine : une droite populaire qui rejette le prolétaire, une droite chrétienne qui rejette le non-croyant ou l'autre croyant, une droite corporatiste qui rejette l'union des travailleurs. Le FN a ses petits groupuscules néo-nazi dont il se défend d'être en lien publiquement mais avec qui il travaille bien tranquillement  : GUD, bloc identitaire et autres "natios".

    Et lorsque l'on se penche sur son programme politique le vernis craque : Contre la retraite par répartition et tout ce qu' a fondé le CNR de 1945 (où était-il lors des manifs de 2010 ?)  , contre les droits des salariés ( poujadiste un jour, poujadiste toujours !) etc... 

De nombreux documents démontrent l'imposture du FN. L'UPAC vous en propose deux :

- Celui du collectif communiste Prométhée dans son numéro 85, (site net : http://promcomm.wordpress.com), 5 pages.

-Celui du collectif VISA (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes), qui s'intitule "FN, le pire ennemi des salarié(e)s" et dont le lien est sur le blog, 29 pages. 

 

Ne lâchons rien ! 

Face au bras tendu du facho, levons le poing ferme du prolo !! 

 

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