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Antifascistes !

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Parce que nous sommes attachés à l'esprit de la Charte d'Amiens de 1906 qui fonda les bases du syndicalisme révolutionnaire, parce que nous nous opposons à la dérive réformiste de notre confédération depuis les années 1970 et que nous condamnons la déviance contre-révolutionnaire de notre CGT depuis la fin des années 90, nous avons fait le choix de ne pas mettre en lien le site de la confédération ainsi que celui de l'UD de la Creuse qui ont pris le chemin d'un syndicalisme bureaucratique et élitiste.

 

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 16:54

A Rome, des groupes d'inconnus ont fracassé les vitres de banques et mis le feu à deux voitures peu après le début de la manifestation des

A Rome, des groupes d'inconnus ont fracassé les vitres de banques et mis le feu à deux voitures peu après le début de la manifestation des "indignés" samedi après-midi en plein centre-ville, ont constaté les journalistes de l'AFP.Les incidents se sont produits tout près du Colisée. | Alberto Pizzoli

 

Le mouvement des «indignés» s'est mobilisé contre la précarité et le pouvoir de la finance, lors d'une journée de manifestations, samedi dans plusieurs grandes villes mondiales.

A Rome, des violences spectaculaires ont éclaté, faisant 70 blessés, dont trois graves, en marge du défilé qui a réuni des dizaines de milliers de personnes, sous des pancartes proclamant «Une seule solution, la Révolution!» ou «Nous ne sommes pas des biens dans les mains des banquiers». Des éléments incontrôlés ont envahi un hôtel de luxe, fracassé les vitrines de banques et mis le feu à une annexe du ministère de la Défense. Plusieurs voitures ont été incendiées. Une annexe du ministère de la Défense a également été incendiée. Peu avant 17H00 samedi, des flammes s'échappaient du bâtiment autour duquel se trouvaient encore une centaine de protestataires cagoulés de noir. Les pompiers ont eu du mal à arriver sur les lieux, se frayant un passage parmi les dizaines de milliers de personnes qui continuaient de manifester pacifiquement.






Le gouverneur de la Banque d'Italie «comprend» les Indignés

Mario Draghi avait, plus tôt dans la journée, donné raison aux revendications des jeunes «Indignés». «Les jeunes ont raison d'être indignés», a-t-il déclaré à des journalistes italiens samedi en marge de la réunion du G20 à Paris. «Ils sont en colère contre le monde de la finance. Je les comprends», a déclaré cet économiste de 64 ans, ajoutant : «Nous les adultes, nous sommes en colère à cause de cette crise. Alors pensez aux jeunes de 20 ou 30 ans...»

A Paris, plusieurs centaines de manifestants ont convergé vers le parvis de l'hôtel de ville dés 16 heures samedi. Une douzaine de camions de CRS ont été déployés pour encadrer la manifestation mais aucun incident n'est à signaler. Le rassemblement a tourné au sitting, avec l'organisation d'une assemblée populaire où chacun a pu prendre la parole. Des «Indignés» chiliens et américains ont également fait le déplacement.







A Bruxelles, au moins 6000 «indignés», venus de Belgique, Grande-Bretagne, France ou des Pays-Bas, se sont retrouvés dans la capitale belge, a indiqué la police, soit un chiffre deux fois plus important que prévu. Les protestataires ont exprimé leur colère contre les banques et les gouvernements, certains donnant des coups de pied sur les locaux des succursales de la banque Dexia, mais sans faire de dégâts. Les manifestants devaient se rassembler après le coucher du soleil près du siège de l'Union européenne. La police de Bruxelles a modifié à la dernière minute l'itinéraire du défilé pour éviter que les manifestants ne s'approchent trop près des principaux bâtiments de l'UE.

A Athènes, plusieurs milliers de manifestants se sont massés samedi soir devant le Parlement pour protester contre la cure de rigueur infligée au pays surendetté. Dans une ambiance bon enfant, certains déployaient de grands drapeaux grecs et entonnaient l'hynme national. Alors que la tension sociale est à son comble en Grèce, dans l'attente d'une grève générale mercredi et jeudi contre un nouveau tour de vis de rigueur, la mobilisation, quelque 5 000 personnes selon les médias, était toutefois très en retrait sur les grands rassemblements tenus en mai dernier sous l'étiquette «indignés».

A Madrid, des dizaines de milliers «d'indignés» ont retrouvé samedi soir les avenues du centre ville, où était né le mouvement au mois de mai avant de s'étendre à travers le monde. Cinq cortèges parties des quartiers périphériques ont convergé en fin de journée sur la place de Cibeles, dans le centre, pour se diriger ensuite vers la place de la Puerta del Sol, point de départ emblématique du mouvement. Une soixantaine de rassemblements étaient prévus en Espagne.

A Lisbonne, quelque 50 000 personnes de tous âges se sont dirigées dans le calme vers le parlement aux cris de «FMI dehors». Des défilés étaient organisées dans neuf villes du pays à l'appel d'une quarantaine de mouvements citoyens et, d'après les médias locaux, la mobilisation était également importante à Porto (nord). Des dizaines de milliers de personnes sont ainsi descendues dans les rues du pays. D'après les organisateurs de ces manifestations, le nouveau tour de vis budgétaire annoncé cette semaine par le Premier ministre Pedro Passos Coelho est venu «réaffirmer la nécessité de protester et de s'indigner».

A Londres, 800 «indignés» se sont rassemblés samedi à la City, le cœur financier de la capitale anglaise. Les manifestants ont reçu le renfort inopiné du fondateur de Wikileaks, Julian Assange. En liberté conditionnelle dans un manoir près de Londres en attendant une éventuelle extradition vers la Suède où il est poursuivi pour viol, M. Assange a suscité des cris de joie lors de son arrivée. Des heurts mineurs avec la police se sont produits à la mi-journée alors que certains manifestants ont tenté de se diriger vers le London Stock Exchange (bourse de Londres).

A Francfort, plus de cinq mille "indignés" ont manifesté samedi devant la Banque centrale européenne, symbole du système financier qu'ils dénoncent. Ils étaient plus nombreux que prévus à l'appel d'Attac ou de «Occupy Frankfurt». A l'instar des occupations à Madrid et à New York, quelques manifestants ont commencé à monter, en milieu d'après-midi, une dizaine de tentes multicolores avec la ferme intention de s'installer aux abords immédiats de l'institut monétaire.

A New York, Les touristes n'en croyaient pas leurs yeux: la célèbre place de Times Square à New York a été envahie samedi soir par des milliers d'«indignés» anti-Wall Street, contenus par un impressionnant dispositif policier. La police a annoncé qu'elle y avait arrêté 45 manifestants, dont 42 qui refusaient de se disperser. Ils arboraient des pancartes «Nous sommes les 99%», «Nous sommes le peuple» ou «M. Obama, nous avons besoin de votre soutien». Les manifestants avaient obtenu vendredi de rester sur le square Zuccotti, qu'ils occupent depuis le 17 septembre dans le quartier de la finance, une «grande victoire» pour eux. Des milliers d'autres «indignés» se sont réunis à Washington, près du National Mall, la grande artère de la ville.

Dans les Balkans, des manifestations ont également été organisées, rassemblant des centaines de personnes à Sarajevo (Bosnie), Zagreb (Croatie) et Belgrade (Serbie).

«D'Amérique jusqu'en Asie, d'Afrique à l'Europe, les peuples se lèvent pour revendiquer leurs droits et réclamer une vraie démocratie», affirme le manifeste du 15 octobre. «Les puissances travaillent pour le bénéfice de quelques-uns, ignorant la volonté de la grande majorité. Cette situation intolérable doit cesser», proclame encore le texte.
      
Source: Le point.fr    
   
     

 

     
   
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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 16:43

Interview de Sebastian Farfán Salinas, âgé de 23 ans, Président de la Fédération des étudiants de l’Université de Valparaiso et membre de l’Exécutif national du mouvement étudiant. Il appartient à l’aile radicale de la confédération des étudiants chiliens (Confech). Issu d’une famille populaire, il est le premier à accéder à l’Université, où il fait des études en histoire.


Jean Batou et Juan Tortosa – Quelle est la situation de la gauche anticapitaliste au Chili aujourd’hui ?

Sebastian Farfán Salinas –

La gauche anticapitaliste chilienne des années 60 et 70 a largement disparu, non seulement à cause de la répression de la dictature, mais aussi, après les luttes des années 80, en particulier celles du Frente Patriótico Manuel Rodriguez [organisation armée du PC], du fait de la répression très brutale des gouvernements successifs de La Concertation [alliance politique de centre-gauche]. A cela, il faut ajouter que les conséquences sociales et idéologiques du néolibéralisme triomphant des années 90 ont profité à la Concertation, qui annonçait des lendemains qui chantent. A partir des années 90, la gauche révolutionnaire s’est ainsi maintenue dans une sorte de marginalité, animant de petits collectifs universitaires. Cependant, depuis le milieu de la décennie passée, la situation a progressivement changé, avec une certaine accumulation de forces et une réorganisation interne qui lui a permis d’aborder la « Revolución pinguina » de 2006 [mouvement national des lycéens contre le gouvernement de la socialiste Michelle Bachelet] dans une position bien meilleure, relançant la discussion sur une perspective anticapitaliste.

Quelle relation y a-t-il entre cette nouvelle gauche radicale et les organisations antérieures comme le MIR [Mouvement de la gauche révolutionnaire] ou le Frente Patriotico Manuel Rodriguez ?

Ces organisations existent toujours, éclatées en de multiples courants qui se disputent souvent entre eux. Mais la nouvelle génération qui apparaît depuis 2006 n’a pas de rapport organique avec ces organisations, tout en tentant de recueillir et de discuter leurs expériences, mais aussi de se réapproprier leurs acquis politiques et leurs figures. Elle développe ses propres modes d’organisation et d’intervention politiques. Elle s’est d’abord organisée de façon éclatée, au niveau régional, avant de commencer à converger au fil de plusieurs expériences de lutte, notamment des travailleurs de la forêt et du cuivre en 2007, et surtout des étudiants, cette année. Un certain nombre d’entre nous ont alors commencé à briguer des postes de responsabilité au sein du mouvement, occupés jusqu’ici par les forces de la Concertation ou par le PC chilien. Cela nous a permis de développer des revendications radicales avec une audience de masse au cœur de ces mobilisations, qui m’intéressaient ni la Concertation ni le PC, comme l’éducation gratuite à tous les niveaux, la renationalisation du cuivre, ou le changement de la Constitution. C’est sur la base de cette expérience extrêmement riche, que la gauche anticapitaliste chilienne de la nouvelle génération est en train de se réorganiser.

Quelles sont les références politiques de cette nouvelle gauche anticapitalistes ?

Les collectifs qui se développent actuellement sont marqués par des références politiques différentes. Globalement, on peut distinguer un secteur autonome, influencé par Toni Negri, et un secteur marxiste, dans lequel je me reconnais. Mais nos références marxistes, léninistes ou guévaristes ne nous amènent pas à constituer de petites organisations idéologiques, mais à tenter de construire un parti anticapitaliste de masse. Ce même processus s’est répété dans plusieurs régions du Chili de façon indépendante ; par exemple, à Valparaiso, nous avons découvert des collectifs du même type que les nôtres dans tout le pays, avec lesquels nous n’avions aucun lien organique. D’ici l’année prochaine, nous aimerions unifier cette gauche révolutionnaire étudiante au niveau national dans une seule et même organisation de caractère marxiste : l’Union nacional estudiantil. Nous débattons activement entre nous, apprenons à mieux nous connaître, mais ne voulons pas reprendre à notre compte les fantasmes du passé, avec ses querelles et ses fractions reproduites à l’infini, qui ont leurs racines dans les défaites des décennies antérieures, mais constituent autant d’obstacles pour relancer un processus d’organisation. Au travers de l’expérience de ce mouvement étudiant, nous avons suivi un véritable cours accéléré sur le fonctionnement des institutions et de la classe dominante de notre pays, sur la répression et la façon de l’affronter, sur l’organisation démocratique d’un mouvement de masse, etc. Nous pouvons voler de nos propres ailes.

Que représente la gauche anticapitaliste au sein de la direction actuelle du mouvement ?

Nous avons réussi à former un bloc indépendant au sein de la Confech, à partir des collectifs anticapitalistes. Et cette année, alors que sa direction était traditionnellement dominée par le PC, il ne reste qu’une seule membre de la Jeunesse communiste parmi les huit représentants de l’exécutif national, Camila Vallejo, et un représentant des forces de la Concertation, Giorgio Jackson. Les six autres font partie du bloc indépendant ; trois appartiennent à la gauche révolutionnaire et trois sont en contact avec elle, c’est-à-dire que nous essayons de les gagner à notre projet d’Union nacional estudiantil. Nos relations sont assez tendues avec le Parti communiste, qui nous voit comme une concurrence dangereuse, qui ne cesse de progresser, avec une orientation beaucoup plus radicale que lui. De son côté, il subit le discrédit de la Concertation, avec laquelle il est politiquement et électoralement lié. Or, pour nous, qui marche avec la Concertation marche avec l’ennemi. Eux se justifient en expliquant qu’il s’agit d’un choix tactique. Pour la presse bourgeoise, l’aile modérée et rationnelle du mouvement étudiant est clairement identifiée à Giorgio Jackson et à Camila Vallejo ; tandis que les « ultras » sont identifiés au représentant de l’Université de Concepción, Guillermo Petersen, à moi-même et à quelques autres, qui sont constamment stigmatisés par les médias dominants .

Où en est votre processus d’organisation d’une gauche anticapitaliste unifiée, aujourd’hui, au Chili ?

Nous sommes engagés dans un processus de constitution. Il s’agit de faire converger des groupes qui se réfèrent globalement au marxisme. Ils peuvent lire Che Guevara, comme nous à Valparaiso, Miguel Enriquez [dirigeant historique du MIR, assassiné par la dictature en 1974], comme ceux de Concepción, ou Lénine comme ceux du Nord, etc. Dans tous les cas, les collectifs concernés sont assez larges et nombreux. Et nous défendons tous une orientation anticapitaliste et une perspective révolutionnaire de transformation sociale pour aujourd’hui. Cependant, afin d’aller de l’avant, nous devons développer un projet politique qui s’adresse à l’ensemble du pays, qui dépasse le cadre de la jeunesse étudiante pour viser les travailleurs, les populations des quartiers pauvres, etc. Nous devons définir une orientation, développer un programme et opérer des choix tactiques.

Dans le cadre du mouvement actuel, avez-vous établi des relations suivies avec des équipes syndicales combatives sur les lieux de travail. Et si oui, de quelle nature ?

Nous sommes entrés en contact avec des syndicats dont les directions sont combatives, voire même révolutionnaires. Nous avons ainsi réussi à lier la revendication de la gratuité de l’enseignement à tous les niveaux à l’objectif de la renationalisation des mines de cuivre. En reprenant le contrôle de nos ressources naturelles pour satisfaire les besoins de la population et en expulsant les entreprises multinationales, nous pourrions financer une éducation et une santé gratuites au Chili. Autour de cette revendication, nous avons organisé une mobilisation avec le syndicat SITECO d’El Teniente, l’une des principales mines de cuivre du pays [à Rancagua, à 120 km. au sud de Santiago], dont le leader est un jeune syndicaliste très combatif, Jorge Peña. Le 15 juin, nous avons marché aux coude à coude, travailleurs du cuivre et étudiants, à Santiago. Cette jonction est très importante pour nous, parce que le Chili est un pays économiquement dominé, exportateur de matières premières, et que lorsque les travailleurs du cuivre se mettent en grève, l’économie chilienne s’arrête. Des syndicats comme le SITECO – et il n’est pas le seul – mettent en cause l’orientation bureaucratique des dirigeants de la CUT (Centrale unitaire des travailleurs), liés aux sommets de la Concertation.

Quels sont les débats essentiels que vous allez devoir mener pour avancer vers la formation d’une organisation anticapitaliste révolutionnaire au Chili ?

Tout récemment, le Chili a connu l’expérience malheureuse du MPT (Movimiento de los pueblos y los trabajadores) [apparu en 2009], qui a rassemblé de nombreux courants de la gauche anticapitaliste et des secteurs associatifs les plus divers. Le problème, c’est qu’il a importé en son sein les vieilles disputes issues de ces formations. Nous pensons donc qu’il faut reprendre le projet de constitution d’une organisation de la gauche anticapitaliste au niveau national, à partir de la jeunesse qui s’est mise en mouvement, même si ça prendra un peu plus de temps. Cette nouvelle génération politique doit se former théoriquement, élaborer un programme cohérent et développer les liens de confiance nécessaires entre les nombreuses équipes qui la composent. Notre tache ressemble à celle de Luis Emilio Recabarren, qui fut le premier organisateur du mouvement ouvrier chilien socialiste, puis communiste, au début du 20e siècle. Les discussions que nous menons sont comparables à celles qui se déroulent à l’échelle internationale, autour de la crise actuelle du capitalisme, du socialisme du 21e siècle, de la place des élections – parce que nous sommes sollicités par des forces électorales, de la Concertation au PC.

Ce que nous voulons, c’est positionner notre organisation dans la construction, le développement et l’animation de véritables mouvements de masse. Nous lisons les classiques du marxisme, débattons et réfléchissons, mais nous voulons aussi disputer tous les espaces de direction du mouvement de masse aux partisans du compromis avec l’ordre capitaliste. Pour cela, l’organisation anticapitaliste que nous voulons construire devra remplir ces deux rôles, de formation théorique et éthique de ses membres, mais aussi d’intervention sociale. Nous voulons dépasser la phase de marginalité de la gauche radicale des années 1990, où ses collectifs passaient le plus clair de leur temps à discuter entre eux. Personnellement, je me suis battu pour réunir tous les collectifs étudiants de Valparaiso au sein de notre Fédération, et c’est sur cette base que je représente notre ville au sein de la Confech au niveau national. Nos collectifs étudiants sont nombreux : par exemple, nous pouvons compter sur une soixantaine de militant-e-s bien organisés dans la seule université de Valparaiso.

Quelles sont vos relations avec les activistes du peuple mapuche ?

Elles sont très importantes. Une Fédération des étudiants mapuche a été admise au sein de la Confech – même s’il n’y a pas d’université mapuche en tant que telle, les étudiant-e-s mapuches se battent pour la reconnaissance de leurs droits, notamment culturels. Malgré l’opposition de la Concertation et du PC, cette intégration de la Fédération des étudiants mapuches se traduit institutionnellement par l’attribution d’office d’une place sur huit à cette fédération au sein de l’exécutif national de la Confech.

Quel est le rôle des femmes au sein de votre mouvement et de ses directions ?

Le Chili est un pays traditionnel très conservateur en ce qui concerne la place des femmes dans la société. Comme dans d’autres pays latino-américains, l’homme conserve une position dominante dans tous les aspects de la vie sociale. Lorsque Michelle Bachelet est arrivée au pouvoir, on a beaucoup parlé d’égalité, mais peu de choses ont changé pour la grande majorité des femmes : selon certaines études, au Chili, les femmes gagnent moins de la moitié des hommes. Ceci dit, au sein du mouvement étudiant, nous avons connu un processus de transformation très important : les femmes assument un rôle équivalent à celui des hommes. Dans mon université, plusieurs dirigeantes sont des femmes, même si la question de la parité n’est pas discutée formellement. Avant moi, c’était Jimena Muñoz qui dirigeait la Fédération de l’Université de Valparaiso (actuellement, elle dirige le développement de l’Université populaire dans notre région) ; à l’Université catholique de Valparaiso, c’est aussi une femme, Carla Amtmann, qui a été à la tête du mouvement.

Quelle place donnez vous dans vos réflexions et vos luttes aux enjeux écologiques, notamment par rapport à la Patagonie ?

Au Chili, c’est le projet hydroélectrique d’Aysen, au sud du Chili, qui a polarisé le débat depuis un certain temps. Il s’agit d’un gigantesque projet de barrages, financé notamment par des capitaux espagnols, qui devrait fournir tout le pays en électricité. C’est un désastre écologique majeur, mais aussi un enjeu économique et social de premier plan. En effet, ces barrages ne sont pas dimensionnés pour produire du courant pour les besoins basiques du peuple chilien, mais pour les grandes entreprises minières transnationales, qui pillent nos ressources et détruisent notre environnement pour le profit des gros actionnaires des pays dominants. Il faut dire que cette mobilisation a largement contribué à préparer politiquement l’émergence du mouvement étudiant actuel. Au-delà de HydroAysen, le projet de Isla Riesco [à plus de cent kilomètres à l’ouest de Punta Arenas], qui vise à relancer l’exploitation du charbon pour réduire les coûts de l’énergie – et donc les coûts de production – à n’importe quel prix pour l’environnement, suscite aussi de fortes oppositions.

Quelles relations y a-t-il entre votre mouvement au Chili et les autres forces de contestation en Amérique latine ?

Sur la base de notre lutte, nous avons réussi à établir des contacts avec d’autres organisations en Amérique latine. Récemment, avec le Frente Popular Darío Santillán en Argentine [mouvement anticapitaliste et anti-impérialiste, fondé en 2004, et qui compte déjà plusieurs milliers de membres]. De façon plus large, avec les secteurs politiques et sociaux les plus radicalisés, autour de l’ALBA (Allianza bolivariana para las Américas), notamment au Venezuela. Ils ont le projet de former un mouvement capable de regrouper une nouvelle génération de révolutionnaires à l’échelle continentale : America en pie [l’Amérique debout], qui devrait se retrouver à Porto Alegre en novembre prochain. Il est important pour nous de réfléchir aux succès institutionnels, de caractère réformiste, qui ont pu être obtenus au Venezuela, en Bolivie, en Equateur, etc., qui constituent cependant des avancées importantes, en dépit de leurs contradictions. Au niveau international, notre mouvement a été très attentif aux révolutions du « printemps arabe », au mouvement des indignés espagnols, et plus récemment au mouvement des occupations, parti de Wall Street, aux Etats-Unis. Au Chili, nous avons compris que la bataille de l’éducation met en cause les logiques essentielles du capitalisme et que nous ne pouvons vraiment les affronter qu’à l’échelle internationale. La question de la révolution se pose à nouveau pour les nouvelles générations qui ont tourné le dos aux débats des années 90 sur « la fin de l’histoire », même si le chemin vers la victoire sera long et semé d’embûches.


* Entretien réalisé le 13 octobre par Jean Batou et Juan Tortosa pour le bimensuel solidaritéS. Traduction française, Jean Batou. A paraître dans le n° 197.

Source: Europe Solidaire Sans Frontières.

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 16:26

 

MARCHE ANTI-CAPITALISTE DES INDIGNÉS. Mercredi, lors d’une manifestation des indignés dans le hall du siège de la banque Dexia à Bruxelles (Belgique), six manifestants ont été interpellés.

 

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Alors qu’une indignée, d’origine grecque, était assise à terre, les mains attachées dans le dos, elle a reçu un violent coup de pied d’un policier en civil.


Dans un communiqué, les indignés ont dénoncé cet acte violent.


Un témoin a filmé la scène avec son téléphone portable.


Sur cette vidéo mise en ligne sur YouTube, Niki, la jeune victime, âgée de 18 ans, le visage tuméfié, raconte comment elle a été violemment frappée par le policier en civil :


"Je n'ai rien fait et lui m'a frappé violemment".


La jeune femme aurait reçu également un coup de poing au visage de la part de ce même policier en civil.


Samedi les indignés ont prévu de manifester dans plusieurs villes, et notamment à Madrid, New York et Bruxelles, afin de "protester contre la précarité liée à la crise et au pouvoir de la financ".

 

La jeune femme victime des coups du policier en civil a porté plainte, jeudi.

 

Ci-après la vidéo du témoignage de Niki, l'indignée grecque:

 

 

Source: Le Soir.

 

 

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 07:14

Steve Jobes, le co-fondateur d'Apple, après avoir été terrassé par un cancer, est en train de crouler sous les tombereaux de louanges et d’hommages déversés unanimement. Jamais patron ne connut une telle apothéose, triomphe digne de celui d’un empereur romain: on n’attend plus que sa canonisation ! Cependant, si on est attentif au sens des mots, le nom même de Jobs renvoi au travail. Ce travail qui disparaît comme par magie, alors qu’il est le socle de la gloire et de la fortune du défunt. Non pas son propre travail, mais celui de milliers de personnes, qui de la Silicon Valley aux banlieues de Shenzen ont donné corps à ce qui est la marchandise emblématique de ce nouveau siècle : l’iMachinChose, qu’on nous présente comme oeuvre d’art, summum de l’intelligence et de la créativité. C’est faire l’impasse sur la sueur et sur le labeur sous-payé des ouvriers et ouvrières qui assemblent des bouts de plastique, des mineurs qui vont extraire le lithium nécessaires aux batteries, des livreurs et des vendeurs qui mettent les produits dans les rayons : de tous ceux et celles qui à chaque étape de ce procès de production vont laisser une part de leur force vive, leur travail, contre un salaire sous évalué qui donnera naissance au profit que Jobs empochera sous forme de dividendes sonnants et trébuchants… Dans les magasins agencés comme des salles d’exposition d’art moderne, aucune trace ne remonte depuis les soubassements de l’entreprise capitaliste qui produit ces merveilleuses machines qui nous permettent d’entrer en « relation avec le monde » (sic). Un monde de fable, tel que nous le décrivent les médias qui pleurent le génie, sans conflits, sans opposition d’intérêts, en bref sans lutte de classe, où un patron à l’allure sympathique, en blue-jeans et en bras de chemise, nous présente sur une scène et devant un diaporama les fruits de son génie créateur. On allume des bougies et on dépose des fleurs devant l’un des fleurons du capitalisme new look. Mais a t-on seulement en mémoire les employés suicidés de Foxconn, l’entreprise chinoise où des petites mains assemblent les iTrucs, soumises à des conditions de travail tellement épouvantables que pour parer à toutes nouvelle défenestration l’usine s’est équipée de filet anti-suicide ? Tellement moyenâgeuses que certains ont comparé cette entreprise à un camp de concentration. En fait, pas moyenâgeuses, hypermodernes ! Aussi moderne qu’il soit, l’objet marchand reste le fruit d’un rapport d’exploitation, et nous-mêmes les consommateurs sommes pris dans ces rapports. On peut à grands sons de trompe médiatique magnifier la geste du créateur, il n’en reste pas moins un exploiteur à qui profite le travail des exploités. Alors pleurons, certes, mais sur la persistance de la fétichisation de la marchandise, sur la persistance de l’exploitation et de la domination : et hâtons-nous de mettre en branle les forces qui les balaieront…

Mohamed, Groupe Pierre-Besnard de la Fédération anarchiste



*. Shenzen étant le lieu où se trouve l’usine où sont assemblées les Ipod

 

Source: Le monde libertaire.

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 19:41

Dans le nouveau Fakir en kiosques, notre dossier est consacré à cette (vaste) question : que faire ? Que faire pour pulvériser l’oligarchie ? Que faire pour leur retirer le pouvoir – et donc pour le prendre ? Par les bombes ? La rue ? Les urnes ? Par où commencer ? On avait bien prévenu qu’on n’allait pas brosser nos lecteurs dans le sens du consensus. Un paquet d’entre eux nous ont ont déjà écrit pour nous engueuler...

Ils sauveront les banques avec nos retraites. Ils solderont les routes, les îles, les jardins publics au plus offrant. Ils spéculeront sur nos maisons, notre santé, notre éducation. Ils mettront, à force de stress, la moitié des travailleurs sous antidépresseurs – et l’autre moitié au chômage. Ils lèveront des impôts sur nos égouts, nos chaussettes, notre haleine – plutôt que de toucher à leurs bénéfices. Ils raseront les forêts. Ils videront les mers des thons, des baleines, des sardines. Ils pressureront les roches. Ils feront fondre les pôles. Ils noirciront l’Alaska. Ils réchaufferont l’atmosphère jusqu’à ébullition. Ils nous vendront un air coté en Bourse. Ils affameront des continents.

Le doute n’est plus permis : qu’on les laisse faire, et tout ça ils le feront. Voilà leur programme pour ne rien changer, ou si peu. Pour préserver leurs privilèges, leurs dividendes, leurs jets privés, leurs allers-retours en classes affaires. Pour se bâtir des ghettos sociaux, sécuritaires, climatiques – où les plus riches de nos enfants, les plus serviles, les plus laquais, seront admis en leur compagnie. Ils nous mènent là, tout droit. Comment on va faire, alors, pour leur retirer le pouvoir – et donc pour le prendre ?

Dans ce dossier, Fakir s’essaie un petit catalogue des impasses (« attendre l’écroulement », « miser sur les solutions locales », « cracher sur les partis », etc.) et des débuts de solutions (« ne pas cracher sur les syndicats, les partis, nous élever au dessus de l’époque... »)

Des lecteurs nous ont répondus et pas qu’un peu... Pour continuer la discussion, nous avons décidé de mettre en ligne leurs réactions, leurs arguments, en entier ou par bribes, car ces réactions, bien plus longues parfois que nos articles (!), ce serait dommage qu’elles restent à l’état de simple mail...

Laurent, de Corrèze : « je lis comme un paradoxe »

[...]
"après les urnes, la rue !", là tu écris "mai 68, où l’on a eu la rue mais pas les urnes", en occultant ce vote du 30 mai où De Gaulle fût plébiscité bien plus qu’il ne l’espérait par... les urnes (referendum préparé au départ clandestinement par le SAC, soit dit en passant). Ce sont les urnes qui ont enterré mai 68, ne l’oublions pas !

"miser sur les petites solutions locales" et "refuser le cadre national", je lis comme un paradoxe : il ne faut pas se restreindre au niveau local mais pousser la lutte dans un cadre national, puis sur l’autre article, il faut se restreindre au niveau national et ne pas pousser la lutte au niveau international. Je ne comprends pas. De plus, je prends mon exemple (désolé !) : j’habite dans une zone très rurale, sans aucune structure militante. Alors dois-je attendre d’aller "à la ville" pour m’engager ? ou dois-je faire à mon niveau de sorte que mon quotidien soit un tantinet en adéquation avec mes idéaux (en boycottant certains produits de multinationales, en faisant moi-même mon pain, ma lessive, mon produit vaisselle, en refusant l’industrie ignoble de la viande, etc.) ? S’asseoir et attendre le grand soir de l’ébauche d’une structure ou avancer individuellement, si jamais la révolution est en retard ??

"miser sur la consommation citoyenne", ah, les lois ! n’oublions pas qu’elles évoluent ou changent en fonction du vent, des accords, des traités entre pays, etc. En 1942, la loi demandait la dénonciation de juifs, par exemple. Aujourd’hui, elle sanctionne les petits fraudeurs en fermant les yeux sur les abus de grandes compagnies. mais demain, si les grandes compagnies sont punies (que ce mot est vilain !), les petits fraudeurs seront-ils "encouragés" ou punis également ? mais à quelle proportion ? Recommencera-t-on les erreurs du système actuel mais "à l’envers" ??

Une question : pourquoi par exemple personne ne se bat pour que l’histoire de la Commune de Paris soit plus longuement enseignée dans les écoles publiques ? C’est à mon avis bien plus simple à mettre en place qu’un grand soir hypothétique, et cela possède l’avantage de pouvoir à court terme faire évoluer les mentalités.



Jean-Pierre : « si les élections pouvaient changer réellement quelque chose à la réalité capitaliste, il y a longtemps qu’elles seraient interdites »

Ma position quant au vote, c’est-à-dire la délégation de pouvoir à des politiciens professionnels est assez bien résumée par la formulation célèbre de cet anarchiste belge de la fin du XIXème qui déclarait : « si les élections pouvaient changer réellement quelque chose à la réalité capitaliste, il y a longtemps qu’elles seraient interdites ». C’est la raison pour laquelle, sans être encarté à la FA ou à la CNT, je n’ai jamais voté.

Tu objectes que le Front populaire, bien que constitué à partir d’un programme de réformes assez timides, a quand même permis, sous la poussée d’une grève générale accompagnée de manifestations de masse, des progrès sociaux indéniables votés à la quasi unanimité par les députés. Mais il ne faut pas oublier le contexte international : la crise de 29 précédée de la Révolution d’Octobre. En Italie et en Allemagne, puis en Espagne, les classes dirigeantes apeurées avaient dû recourir au fascisme, au nazisme et au franquisme pour combattre et anéantir le « péril rouge ». La bourgeoisie française, sur la défensive, ne pouvait en faire autant eu égard aux traditions révolutionnaires des classes populaires, et il lui faudra attendre l’invasion allemande et la collaboration avec l’occupant pour prendre sa revanche. Mal lui en a pris, cependant : discréditée par cette collusion après la défaite du nazisme, face à un PCF puissant dont nombre de militants ex- résistants étaient encore armés, et redoutant — à tort — un armée rouge campant au cœur de l’Europe, elle n’a eu d’autre recours que d’accepter, après la Libération, l’application partielle du programme de la Résistance, c’est-à-dire de lâcher du lest pour ne pas avoir à tout céder.

Dans les deux cas, se vérifie une loi socio-historique : la bourgeoise ne consent à des réformes favorables au peuple que sous la menace, fantasmée ou non, d’une révolution. Tout le reste n’est que chansons. À commencer par celles entonnées au lendemain des « primaires » du PS par le chœur des commentateurs autorisés. Et l’on peut compter sur les leaders de ce parti qui n’a de socialiste que le nom, si, comme c’est probable, l’un des leurs parvient à l’Élysée, pour faire le « sale boulot », comme l’avait avoué Fabius pour définir son grand œuvre lorsqu’il était Premier ministre. À savoir imposer aux classes populaires sous couvert de « rigueur » des mesures encore plus drastiques pour complaire aux « marchés », que celles des Sarkozy’s boys (and girls), comme viennent de le faire les gouvernements « socialistes » de Zapatero et Papandréou.

D’autre part et de manière plus générale, si l’on rapporte comme tu le fais, la situation actuelle a celle qui a précédé immédiatement la grande Révolution, il ne faut pas oublier les conditions générales qui ont rendu celle-ci possible. Le moins que l’on puisse en dire est qu’elles ne sont pas réunies dans la conjoncture présente. Comme aurait dit le Président Mao, la situation actuelle n’est pas révolutionnaire. Toi-même le reconnaît, d’ailleurs, puisque tu appelles à voter. Mais le rapprochement que tu opères avec la bourgeoisie montante de l’époque me semble quelque peu hâtif. Si celle-ci s’est « sentie assez forte alors » pour tenir tête au roi et à l’aristocratie en s’appuyant sur le peuple, c’est qu’elle était en passe, depuis pas mal de temps déjà, de devenir une classe dominante. Sur le plan économique, elle contrôlait et détenait une grande partie de la richesse produite dans le pays, et l’on sait que, depuis Louis XIV au moins, voire François Ier, la royauté vivait à crédit.

La durée de germination des prémices du basculement de l’Europe occidentale dans les « temps modernes », autrement dit capitalistes, a été pluriséculaire, ainsi que le montrait encore récemment le sociologue Alain Bihr dans un ouvrage que les ténors de la « gauche de gauche » feraient bien de lire. D’où une question que les pourfendeurs de « l’oligarchie » à la Pinçon-Charlot feraient bien de se poser : où discerner aujourd’hui les conditions de possibilité du dépassement du capitalisme, alors que, après plus de cinq siècles d’existence de ce dernier, on ne décèle aucune trace, malgré les multiples contradictions auxquelles il est confronté, de la gestation en cours d’un autre mode de production ? Mais, peut-être ne s’agit-il, après tout, à leurs yeux, que de poursuivre le vieux rêve réformateur : humaniser la capitalisme et non le dépasser.



Guillaume, de Toulouse : « il leur faudrait de la révolution en boîte ! »

Je suis assez d’accord avec les points de vues énoncés. Moi je rajouterais qu’il faut que nos gauchos apprennent à se prendre à la fois moins au sérieux mais aussi plus au sérieux. Pour pas mal de gens, les élections tant décriées sont peut être le seul moment où on dresse l’oreille sur un sujet politique, et que le fait de poser un bulletin en réfléchissant (NPA au lieu de FN), et bin c’est déjà pas mal parfois... Pourquoi se moquer de cela ? Ce n’est pas vrai de dire que tout le monde puisse aisément militer, il y faut une disponibilité qu’il est d’autant difficile à trouver (entre bébé, boulot, droit à du loisir aussi...) quand on ne te présente pas une démarche crédible et concrète d’influer sur les choses...

C’est bien d’être indigné, de se rassembler et de monter des actions quand un grand mouvement est lancée, mais c’est insuffisant. Qui fait après le travail au long cour de construction d’un outil fort syndical ou politique ? Là, il y a souvent moins foule, où les gens disparaissent parce que c’est certainement moins glamour (ou moins consensuel). Et après quand ils ressurgissent une fois que ça repart, ils se plaignent d’être manipulé. Ces gaillards, il leur faudrait de la révolution en boîte hors des partis, des syndicats et même de toute organisation. Ça ne peut pas marcher comme ça... Il faut que tous ces mecs comprennent un bonne fois pour toute, qu’un mouvement ce n’est de base ni une teuf, ni un rassemblement identitaire de gauche, ni une possibilité d’évasion sociétale mais plutôt une construction ardue et sur le court-moyen et long terme qui demande des bras et surtout des Cerveaux actifs tout le temps !



Katie : « Depuis que je le lis et le diffuse, silence radio sur les discriminations de sexe ! »

Salut François,
Oui, nous devons nous élever au-dessus de l’époque ! Les pistes que tu amorces dans le dernier Fakir sont très intéressantes. Mais quand même, pourquoi est-ce que dans Fakir il n’est jamais question des nouvelles questions féministes ? Depuis que je le lis et le diffuse, silence radio sur les discriminations de sexe ! Considérerais-tu toi aussi qu’elles sont liées au capitalisme ?

Aujourd’hui les études liées au genre nous ouvrent un nouveau regard sur cette problématique. Tandis que la plupart des mouvements féministes sont toujours confinés à revendiquer l’égalité des femmes et des hommes (ce qui n’est pas rien, mais en tant qu’ancienne responsable de mouvement féministe j’ai eu à analyser nos piétinements et nos échecs), un nouveau souffle révolutionnaire nous pousse les unEs les autres à repenser les rapports sociaux de sexe. Cet acte social car personnel nous permet d’appréhender la question du sexisme sous un angle différent et à mon sens beaucoup moins stérile que celui proposé depuis des décennies.

Les vives réactions des mouvements réactionnaires sur le sujet me confortent dans ce que je pense être indissociable de toute évolution sociale, la prise en compte de la sexualité et du sexe psychologique, bien plus que du sexe physique qui nous enferme dans des stéréotypes que nous ne parvenons pas à gommer malgré nos engagements et nos luttes.



Emmanuelle : « Il y aurait donc « ils » qui agissent et « nous » qui subissons passivement ? »

Je réagis aujourd’hui à ton dossier « Que faire ? » du dernier numéro du journal. Moi non plus, je ne te brosserai pas dans le sens du poil. Moi aussi, je suis consciente de mes lacunes. J’essaie, également, d’y voir plus clair, de dissiper le brouillard. Je te prie donc de ne pas hésiter à me répondre en toute franchise.

Dans ton article, tu t’adresses à « nous ». Qui est ce « nous » ? A priori, ce texte s’adresse aux lecteurs du journal, lecteurs déjà sensibilisés, déjà conscients d’une certaine forme d’oppression/d’injustice, et possédant au moins pour un petit nombre un petit bagage militant leur fournissant une certaine grille de lecture du monde, généralement la vision de la lutte des classes. Globalement, il s’agit quand même a priori d’une petite élite intellectuelle, appartenant plutôt à la classe moyenne. Je mets en doute que ce soit à ceux-là de décider pour « le peuple ». Que ce soit à eux de le guider. Et que ce soit pertinent de vouloir que cette petite élite se sente concernée et mobilisée pour des causes qui ne la concernent pas directement mais dont elle devrait se soucier comme un devoir, comme une solidarité, pour ces prolétaires qui eux n’ont pas le temps ni les moyens de se forger une conscience politique. Même si je comprends la démarche, de se dire que, si même cette petite élite n’est pas à la hauteur, comment « la masse » pourrait-elle suivre, je ne la partage pas. Il me semble que toujours s’adresser à cette petite élite, en utilisant un vocabulaire et des références qui excluent d’emblée « la masse » contribue justement à la dépolitiser (« la masse »).

D’autre part, tu identifies un ennemi, au pluriel. Tu l’appelles « ils ». J’en conclus que les destinataires de ton texte (nous, les lecteurs de Fakir ? ou plus généralement les victimes du capitalisme ?...) ne sont pas mêlés à tout cela (destruction des forêts, des océans…), leur responsabilité est écartée, et ils subissent. Il y aurait donc « ils » qui agissent et « nous » qui subissons passivement ?

Qui est ce « ils » ? Les (méchants) capitalistes ? Je le prends comme ça. Admettons. Bon, alors je remplace ton « ils » par « les capitalistes » dans ton texte. Extrait :
« Les capitalistes raseront les forêts. »
Vraiment ? Pour avoir travaillé en forêt, j’ai vu des bûcherons, qui coupaient du bois. J’ai vu des conducteurs d’engins de débardage venir chercher les troncs en laissant derrière leurs pneus gigantesques d’énormes sillons. Je n’ai pas vu de capitaliste. Continuons :
« Les capitalistes videront les mers des thons, des baleines, des sardines. »Vraiment ? Je ne connais pas tellement de marins. Mais il me semblait que les capitalistes, on les croisait plutôt sur des yachts que sur des bateaux de pêche.

Je crois qu’avant d’aller affronter les adversaires extérieurs, c’est en nous que ça se joue, c’est contre notre conditionnement, contre nos peurs qu’il faut nous battre. Parce que oui nous sommes responsables, mais bien sûr nous avons des excuses. Nous sommes conditionnés depuis notre naissance, à l’école, à la télé, sur notre lieu de travail, pour baisser la tête, rentrer dans le rang, dans la norme, ne pas se poser de question, ne pas émettre de critique. Nous avons peur de la spontanéité, nous avons peur d’être libre. C’est cette confiance en nous que nous devons retrouver, avant de s’attaquer aux capitalistes. On ne peut pas aller au front en étant ligoté. Nous devons, tous, pas seulement la petite élite, desserrer ces liens, ébranler ces murs, goûter à des prémisses de liberté. Et alors nous ne pourrons plus nous en passer !



Gérard : « Je n’aurai jamais penser me réclamer du communisme il y a 30 ans, mais aujourd’hui on peut peut-être faire comme la droite, se décomplexer. »

Bonjour François,

Je viens de lire ton article dans Fakir ... que dire, que tu as raison sur toute la ligne. C’est bien court comme engueulade mais c’est vrai. J’ai 53 ans, je suis aujourd’hui un privilégié (relativement) avec un boulot qui me rapporte assez pour que nous puissions vivre à 4 sans nous priver. Je bosse dans une multinationale, je me suis inscrit à la CGT il y a plus de 10 ans, mais à part avoir une belle carte et oublier mes cotisations, je ne sers à rien. Tout ce que tu évoques dans ton journal j’en suis conscient, depuis longtemps ... 1976-77 pour être précis car j’avais un pote en fac qui était trotskiste. Il m’a ouvert les yeux et l’esprit. Mais mon premier soucis dans la vie a été de ... vivre. Avoir un boulot parce que je ne pouvais rien attendre d’un héritage. Assurer mes loisirs, voter, toujours à gauche, parler ... et basta.

Mais je n’ai ni l’âme du militant (que j’admire) et encore moins du martyre, manque de courage certainement, et puis on se demande souvent si les autres valent la peine qu’on se sacrifie (c’est aussi une forme de prétexte pour ne rien faire). Je suis figé par la peur de me retrouver dans la merde, c’est tellement courant de se retrouvera au chômage ... et là t’as plus que tes yeux pour pleurer. Et je pense que c’est bien là que se trouve ne nœud du problème. Si une grande partie d’entre nous ne s’engage pas c’est bien parce qu’on a la trouille de perdre le peu que l’on a ... oh pas pour soit ... mais pour un conjoint, des enfants. D’où le "ça va finir par péter quand tout va s’écrouler dés qu’il n’y aura plus de pétrole".

Donc je me sens inutile au niveau du combat qu’il faut mener ... faire un blog j’en suis capable ... mais je pense que c’est aussi un truc qu’il ne faut pas faire, ça sert à rien ... ou à pas grand chose, tu as trois pleupleus qui le lisent.

Si je comprend bien ton article, je vote et je descend dans la rue ... OK mais je ne vote pas avant le mois de Mai, au rythme où vont les choses c’est très, très loin. Mon syndicat ... il est à 150 bornes de chez moi (piège du télétravail)... je fais quoi, je m’inscrit à la section locale du parti ... ouais c’est ptêtre une solution. Je n’aurai jamais penser me réclamer du communisme il y a 30 ans, mais aujourd’hui on peut peut-être faire comme la droite, se décomplexer. Tu en penses quoi camarade ?



Nicolas : « Il n’y a pas de programme pour l’émancipation, sauf peut-être celui-ci : à chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins. »

Je me suis donc dit qu’il était temps que tu saches ce que je penses de ton canard, puisqu’en réalité je ne suis d’accord sur quasiment rien (depuis un an que je suis abonné, mes idées ont beaucoup évolué). Je ne ferais pas du citation de ce que tu as écrit dans le magazine, ce serait trop long, mais je vais expliciter un peu quand même ce que je pense des idées qui sont proposées dans Fakir.

À mon sens tu te focalises bien trop sur l’idée de justice sociale qui ne t’amène à aucune perspective à part une distribution plus équitable de la « richesse », or cette forme de richesse n’est que pacotille (William Morris parlait déjà à la fin du 19e siècle d’ « âge de l’ersatz »), elle est à abolir. Dans une société capitaliste on ne peut pas réclamer le droit à une vie décente pour tous (ce qui est déjà illusoire) sans avoir en même temps tout un cortège de nuisance, puisque le capital n’est intéressé que par la quantité et qu’il produira toujours des bombes plutôt que des tomates « bio » si les bombes rapportent plus d’argent, faire le contraire serait du suicide pour lui.

Si je dis cela c’est parce que, par exemple dans un entretien paru dans le dernier numéro, tu sembles fortement intéressé par des idées qui en réalité sont « altercapitalistes » : relance du crédit (à visage humain ?), théories sur l’inflation, etc. Ce ne sont que des balivernes d’économiste. Tu sembles aussi très intéressé par l’idée de protectionnisme, et pire encore de nation ; ces idées ne sont pour moi que des obstacles à l’émancipation humaine (comme le dit un lecteur dans le dernier numéro, laissons ça au FN). Sur l’écologie : faire des listes des différents travaux concrets absurdes et participant à la destruction de la planète est bien joli, il me semble pourtant bien plus pertinant de critiquer le travail abstrait en tant que rapport social autonomisé et qui domine les humains (et qui entraîne nécessairement au niveau concret les pires absurdités).

Enfin il me semble tout à fait dangereux de dénoncer continuellement « l’oligarchie », « les marchés financiers », « l’avidité des spéculateurs », « la dictature de la finance », « la rapacité des banques », ou je ne sais quelle baliverne encore, d’abord parce que c’est selon moi une analyse qui est fausse, qui en plus ne permet pas de sortir du capitalisme (mais évidemment, si tu ne cherches pas à définir ce qu’est le capitalisme, tu n’a pas beaucoup d’autre solution que de l’identifier aux structures de domination qu’il génère forcément), et de plus il me semble évident que ce genre de formule peut tout à fait être repris par l’extrême droite. Sans perspective d’émancipation, elles ne sont qu’un appel au lynchage (démocratique ?). S’il doit y avoir une guerre contre la bourgeoisie, son armée, sa police (et les fascistes en tout genre, faut pas les oublier) ce ne peut être que si ceux-là s’opposent à l’émancipation humaine.

Bien sûr les idées que tu portes sont aujourd’hui partagées par une large majorité de l’extrême gauche, aussi « radicale » qu’elle se prétende, et à mon sens, la catastrophe est aussi là. Voir le texte, sur la critique des partis d’extrême gauche, qui vient d’être mis en ligne sur ce blog : http://palim-psao.over-blog.fr/article-capitalisme-vs-etat-du-changement-selon-la-gauche-anticapitaliste-par-michael-heinrich-85413681.html

L’émancipation humaine n’est pas une autre configuration, mais l’abolition du travail (donc aussi du salariat), de la valeur, de la marchandise et son fétichisme, de l’argent, des classes, de l’État, de la nation, des frontières, du patriarcat, du droit, de la propriété, du « progrès » technique, du marché, de la concurrence, de la croissance, etc. (la liste peut encore être longue) Il n’y a pas de programme pour l’émancipation, sauf peut-être celui-ci : à chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins.

Donc que faire ? Définir le capitalisme me semble déjà un premier pas, ,puisqu’il faut bien que l’on comprenne ce qu’il y a exactement à abolir ; perdre toute illusion sur un retour au capitalisme « sain » me semble nécessaire aussi, cela permettrait peut-être enfin à l’extrême gauche de se focaliser sur son abolition plutôt que sur son sauvetage.



Bruno : relativement déçu...

Mon cher François,

J’ai été relativement déçu pour ne pas dire plus par le dossier de ce Fakir. Effectivement il va falloir s’élever au dessus de l’époque.

Dans ce cadre je ne peux que vous conseiller ce site : http://www.magmaweb.fr



Séverin : "Construire des liens qui libèrent !"

Moi je ne vais pas t’engueuler suite à ton dossier "oui mais comment" (je te tutoie, c’est plus franc et direct, droit au but -j’habite à Marseille !). Ça fait du bien de sortir des consensus de la "bonne pensée" de gauche, ce qui fait pas avancer. Donc c’est pas une engueulade, c’est un merci !

Il y a un point qui aurait mérité d’être creusé il me semble. Tu dis souvent : il faut gagner la bataille des idées, amener les futures forces vives à imaginer que c’est possible, qu’il y a une alternative, ce fameux changement (sans les bercer pour autant d’illusions d’un "ensemble tout devient possible"), qu’il faut commencer par une "révolution des mentalités", rendre acceptable ce qui provoque peur aujourd’hui (protectionnisme), légitimer ce qui est vu comme des archaïsmes (l’action collective), etc....

Mais, mais, mais, tu n’explores (à mon sens) pas assez cette dimension. Ce qu’on pourrait appeler peut-être l’aspect psychologique de la mise en mouvement militante. Prenons l’exemple (à mon avis très parlant) de ce que tu as écris sur : "cracher sur les syndicats" avec cette critique en arrière plan du mouvement des indignés.

Comme tu le dis, oui, c’était un mouvement intéressant ces fameux "indignés" mais clairement, c’est pas ça qui va révolutionner la politique. Et cette critique des syndicats et des partis politiques, c’est en arrière fond aussi une manière de dire : "je ne veux pas faire partie d’une organisation, être considéré comme militant du Front de Gauche avant d’être reconnu pour qui je suis, etc...." Ce genre de conneries. Et franchement, on les entend beaucoup j’ai l’impression. Trop. C’est ce que Jean-Léon Beauvois appelle les "illusions libérales", cette envie de n’être considéré que comme un individu seul, pas comme un militant de ce parti, ni comme un travailleur syndiqué, ni même un travailleur d’ailleurs. Non, je suis Paul et c’est tout. Je suis Pierre, rien d’autre. Parce qu’il y a une idéologie qui est dominante dans nos sociétés occidentales, cette idéologie de l’individualisme, cette idéologie du libéralisme. Voilà pourquoi aussi nous perdons petit à petit notre "pouvoir social" (cf. Beauvois, 2005), parce que nous refusons de nous investir dans ces relations sociales, dans ces collectifs. On se sent plus libre, plus "nous-mêmes" quand on est seul dans nos petits appartements, dans notre petit "cocon", comme si nous étions dans une apesanteur sociale, et que finalement, notre épanouissement et la voie du bonheur ne passerait que par cette voie là.

Car il y a bien ce problème là, l’individualisme, qu’il faut aussi combattre. Et l’individualisme, ce n’est pas seulement certaines mauvaises pratiques trop égoïstes, un manque de solidarité, c’est aussi une manière de voir le monde, son propre épanouissement et son bonheur personnel au final. Et c’est là qu’il faut attaquer aussi. Faire prendre conscience que les relations sociales ne sont pas à voir que sous l’angle de la contrainte, des difficultés, de l’étouffement et de la domination. Beauvois dit qu’en fait, on a toujours été habitués à subir ces relations là dans notre société : domination Parents-Enfants, Professeurs-Etudiants, Patron-Salarié et même Mari-Femme. Sans compter les relations amicales parfois asymétriques, et bien sûr, certaines relations en tant que syndiqué, membre associatif, etc qui sont aussi de cet ordre, étouffantes.

En somme, je dirai, ré-utiliser le slogan que j’ai sorti d’une conférence de Jacques Généreux pour le Front de Gauche : "Construire des liens qui libèrent ! " http://www.dailymotion.com/video/xaey9a C’est aller contre l’idéologie dominante qui nous ait imposée aujourd’hui et qui nous amènent à penser les relations sociales que sous l’angle de la contrainte, d’une domination qu’on s’auto-infligerait.

Et à partir de là, lorsqu’on aura amorcer ce combat, on trouvera peut-être plus de forces vives qui seront réjouies et enthousiastes à l’idée de prendre une carte militante (au lieu de s’indigner individuellement), qui souhaiteront participer à une vie syndicale, une vie associative car ils seront convaincus qu’ils se réalisent, s’épanouissent à travers ces relations sociales qu’ils construisent. Alors oui, ça amène aussi à revoir peut-être l’organisation de nombreuses associations, syndicats et mouvements politiques mais ça me semble pas être un problème insurmontable. Et ça amène à sortir de ces douces "illusions libérales" (sacré Beauvois !) avec un slogan qui me plait : "Construire des liens qui libèrent". Pourquoi ne pas prendre l’exemple de Fakir, comment on s’engage dans une activité associative, sortir de sa douce quiétude un peu moite de sa vie solitaire, les réticences au début, l’engrenage qui prend petit à petit et finalement un témoignage d’une personne qui s’est épanouie à travers ce type de relation sociale ?

A nous d’inventer des cadres d’interactions pour avoir vraiment ces "relations épanouissantes et libératrices" et amener petit à petit les gens qui nous entourent à en être autant convaincu, seul on est nous-même mais on se fait chier, ensemble, on peut rester nous mêmes mais qu’est ce qu’on s’amuse, on se réalise !

 Source: Fakir.

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 19:21

Source: VISA.

 

Sept mois après son premier voyage au mois de mars, Marine Le Pen doit retourner en Italie les 21 et 22 octobre. Au programme, une étape à Milan avant de partir pour Rome où la présidente du FN doit présenter son livre autobiographique, A contre-flots (Ed. Grancher), traduit en italien.

Selon nos informations, c'est Luciano Lucarini qui diffuse le livre dans la péninsule, un éditeur clairement situé à droite, directeur du journal Il Borghese .

Comme en mars, Mme Le Pen sera accompagnée de Mario Borghezio eurodéputé de la Ligue du Nord, parti xénophobe italien qui participe à la coalition gouvernementale de Silvio Berlusconi. Mario Borghezio n'est pas un inconnu en France. Il est de tous les colloques et autres réunions de l'extrême droite française. Borghezio apparaît notamment en 2009, aux côtés de Philippe Vardon [l'un des responsables du Bloc Identitaire] lors d'une réunion de Nissa Ribella [la branche niçoise des Identitaires], dans un documentaire de Canal Plus intitulé "Ascenseur pour les fachos".

Dans son pays, Borghezio a eu de nombreux démêlés avec la justice. Il a notamment été condamné en 1993 pour avoir violenté un vendeur marocain de 12 ans et aussi, en 2000, pour avoir incendié un abri de SDF étrangers.

Des soutiens de Berlusconi

Mais si Mario Borghezio affirme n'être qu'un "accompagnateur". Il assure que l'organisateur de cette venue et de la présentation du livre à Rome est Fabio Torriero. Journaliste, historien, il fut un temps proche de Gianfranco Fini, et a été responsable de la communication du syndicat Unione generale del lavoro, issu de la CISNAL, centrale syndicale du parti néofasciste MSI aujourd'hui disparu.

M. Torriero est présenté par M. Borghezio comme "un proche du groupe parlementaire Popolo e territorio [Peuple et territoire]". Ce groupe est resté fidèle à Silvio Berlusconi quand Gianfranco Fini, lui, s'en séparait.

"'Peuple et Territoire' est la nouvelle dénomination du groupe parlementaire des 'Responsables'. Cela a été créé de toutes pièces par Berlusconi pour palier le départ de Gianfranco Fini et de ses troupes de la majorité. Sa naissance remonte à l'automne 2010 mais son baptême du feu date du 14 décembre de cette même année quand Berlusconi a sauver son poste lors d'un vote de confiance pour deux voix de majorité", explique Philippe Ridet, correspondant du Monde à Rome.

Marine Le Pen et Mario Borghezio

"Ce groupe est composé de soldats perdus, de résiduels de la politique italienne: élus du sud en rupture avec le président de la région Sicile Rafaelle Lombardo, ex de toutes les formations politiques, continue Philippe Ridet. Mais son symbole est sans conteste Scilipotti, le pire de la politique italienne: gynécologue de Messine versé dans la médecine orientale, il est passé directement de l'Italie des Valeurs (le parti le plus anti-Berlusconi de l'Assemblée) à une dévotion sans pareille à son nouveau mentor. Pour prix de son ralliement, Peuple et Territoire a obtenu un ministère pour Saverio Romano. Celui-ci est mis en examen en raison de ses liens avec la Mafia, mais l'Assemblée a récemment refusé la levée de son immunité."

Editeur de Nicolas Sarkozy

Quel intérêt pour Marine Le Pen de s'afficher avec des soutiens de Berlusconi? Si cette proximité entre dans la stratégie dite de "dédiabolisation", M. Berlusconi, empêtré dans des scandales de corruption financières et de moeurs est totalement démonétisé, non seulement en France et en Europe, mais aussi en Italie, où ses soutiens fondent jour après jour.

Ce qui rapproche les pro-Berlusconi et Marine Le Pen peut aussi se situer à l'étranger. Dans un entretien accordé le 16 mars 2011 au Giornale, (propriété du frère du Cavaliere), Mme Le Pen, condamnait M. Fini et affirmait à propos du Président du conseil italien : "Nous ne partageons pas ses positions européistes et sa proximité avec Sarkozy. Mais j’apprécie son rapprochement avec la Russie pour acquérir l’indépendance énergétique, et je crois que cela lui a causé des problèmes."

En tout cas, l'organisateur de la venue de la candidate FN, Fabio Torriero a aussi été responsable de l'édition italienne du livre de Nicolas Sarkozy, Témoignages, un livre préfacé en Italie par... Gianfranco Fini, un personnage abhorré par Marine Le Pen et le Front national et aujourd'hui adversaire résolu de M. Berlusconi.

En effet, Gianfranco Fini, par une réelle évolution personnelle, a fait passer sa formation du néofascisme à la droite classique. Toute comparaison avec M. Fini, considéré comme un traître ou un opportuniste dans les milieux d'extrême droite, est rejetée violemment par Mme Le Pen.

Prochain voyage aux Etats-Unis

Fédéraliste, M. Torriero était déjà présent à Rome en mars dernier, lors de la conférence de presse de Mme Le Pen dans la capitale italienne. Il dirige par ailleurs "une revue historique de droite", selon le mot de Mario Borghezio, La Destra della libertà. Un des points de vente de cette revue et d'Il Borghese est une librairie religieuse qui se veut une passerelle avec les chrétiens d'Orient, la "Libreria Centro Russia Ecumenica", située à deux pas de Saint-Pierre de Rome.

Marine Le Pen veut multiplier les déplacements à l'étranger pour se donner une stature internationale. Du 1er au 6 novembre, elle doit aller aux Etats-Unis, où elle devrait rencontrer notamment le candidat aux primaires Républicaines Ron Paul.

Corine Lesnes, correspondante du Monde à Washington, le décrivait ainsi en 2008: "Gynécologue, texan, élu à la Chambre des représentants depuis 1976, il a été surnommé le 'docteur Non', à l'image de son programme : non à l'impôt sur le revenu, non au ministère de l'éducation, non aux troupes américaines en Irak ou ailleurs, racontait notre consoeur. Le docteur Paul est pour le retrait des Etats-Unis de l'ONU, du FMI, de l'OTAN. Il n'hésite pas à s'attaquer aux icônes. Abraham Lincoln, par exemple, qu'il critique pour s'être engagé dans la Guerre civile en 1861. 'Acheter les esclaves et les libérer aurait évité de faire 600 000 morts.' Autre tabou : le 11 septembre 2001. Il pense que si les Etats-Unis sont détestés, ils ne peuvent que s'en prendre à leur politique étrangère."

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 18:23

 

 

Le chef de l'État doit 6,60 euros au patron du café de Villetelle dans la Creuse.

Nicolas Sarozy boit un café à La Villetelle (Creuse)
Nicolas Sarozy boit un café à La Villetelle (Creuse) | Capture d'écran C+

Ne pas laisser de pourboire au bar, passe encore.

Mais partir sans payer la note, c'est autre chose...

Mercredi, Nicolas Sarkozy a été pris en flagrant délit de "resto-basket" lors d'un déplacement sur le thème de la ruralité à Villetelle, dans la Creuse.

(Images : BFMTV)

Première étape du déplacement présidentiel, le bar multiservices du petit village (160 habitants). "Profitez-en, c'est ma tournée!", lance le chef de l'Etat en rentrant dans l'établissement.

Bruno, le patron de l’établissement, s'éxécute et sert quatre cafés au cortége présidentiel, raconte La Montagne.

Mais "le président candidat a tenu à protéger au mieux son pouvoir d'achat" écrit Libération, et personne ne paie l'ardoise...

"Je ne me serais pas imaginée lui réclamer 6,60 euros"

"Il y a tellement de monde et de contraintes d'organisation dans ces déplacements que je comprends le ratage. Je ne me serais pas imaginée lui réclamer 6,60 euros pour les quatre cafés commandés...", explique au quotidien la patronne de l'établissement.

La Villetelle (Creuse)

Le café multiservices de La Villetelle (Creuse)


"Pour moi, cela reste une anecdote et je paye bien volontiers la note, assure-t-elle. Cela m'arrive régulièrement d'offrir une tournée à mes clients".

Le Petit Journal
de Canal+ a suivi le déplacement de Nicolas Sarkozy et est allé voir le patron de l'établissement, après le départ du chef de l'État (à partir de 15 minutes dans la vidéo).

Le buraliste n'évoque pas l'ardoise du président mais raconte la visite "de préparation" des équipes de l'Elysée le matin-même. Il la qualifie de "répétition générale".

(Images : Canal+)

Source : Le post .fr

 

 
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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 12:01

Los Angeles (Californie) - France USA Media.

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“Le peuple, uni, ne pourra pas être défait”. “Nous sommes les 99%”. Les pancartes commencent à s’agiter en cette matinée de jeudi. “Tout le monde au carrefour !” crie une jeune femme dans le mégaphone. Quelques dizaines de personnes accourent. Le tam tam rameute. C’est parti pour une nouvelle manifestation. Pourtant, nous sommes bien loin de Wall Street. A 3932 kilomètres, très exactement, sous le soleil de Los Angeles.

Le mouvement “Occupy L.A.” est né la semaine dernière en solidarité des protestations anti-Wall Street à New York. Environ cent cinquante personnes se retrouvent chaque jour devant l’Hôtel de Ville de L.A., deuxième ville du pays. Et beaucoup plus le week-end. Quelques dizaines dorment sur place, dans des tentes de fortune. “90% de notre effort va au soutien de nos amis new-yorkais, explique Giovanna Trimble, étudiante de 23 ans. Et nous fonctionnons uniquement grâce aux donations : pour la nourriture et la logistique - ordinateurs, téléphones portables”. Son t-shirt dit “Eat the rich”, un jeu de mot entre “les riches” et la nourriture trop riche.

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Au-delà du soutien à New York et des mouvements qui commencent à naître dans d’autres villes américaines, “Occupy L.A.” veut répondre à des spécificités locales. “On essaie de convaincre les syndicats californiens à s’engager derrière nous, explique Paul Murufas, 20 ans et “occupeur professionnel”, comme il dit. “La population latino a également de la sympathie pour tout cela. Il faut maintenant qu’elle nous suive”. Les Hispaniques, première minorité du pays, représente environ 40% de la population en Californie du Sud. Un “vivier” de voix très courtisé au moment des élections…et par les groupes anti-capitalistes actuels.

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Contrairement au mouvement new-yorkais, celui de Los Angeles paraît plus hétéroclite. Sur une table tréteaux et un drap posé par terre, une librairie improvisée propose de la littérature “libertarienne” - une mouvance ancienne qui récuse l’intervention de l’Etat dans la vie privée. A vingt mètres de là, cinq jeunes se tiennent par les épaules et prient de longues minutes. Sur le trottoir, adossé contre un poteau, une écologiste d’une cinquantaine d’années hurle contre la “mort de la planète”. Le message anti-capitaliste est donc un dénominateur commun à des groupes bien différents les uns des autres.

Mais si l’on ose comparer ce mouvement à celui du Tea Party, qui est également né à la base en 2009 avant d’être récupéré par les politiciens, c’est la vexation garantie ! “Non non, s’offusque Giovanna Trimble. Je ne vois aucun point commun. Nous ne sommes par le Tea Party de la gauche”. Les Américains apprennent donc la protestation “à l’européenne”, non sans maladresse. “On suit de près ce qu’il se passe en Grèce ou en Espagne, reprend l’étudiante. Mais je suis heureuse d’être aux Etats-Unis, où nous sommes protégés par la liberté d’expression (garantie dans la Constitution, NDLR). Jusqu’où le mouvement ira ? Point d’interrogation.

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    12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 19:04
    Dans une époque où il faut "recapitaliser" les banques c'est à dire toujours plus pressuriser socialement l'individu pour sauver les tenants d'un système capitaliste mortifère, on ne sert plus qu'une caste au détriment d'un principe d'intérêt général aujourd'hui détourné et fondamentalement dénaturé au profit de l'oligarchie financière et politico-patronale. Voilà donc bien une extermination du service au public, véritable génocide politique : éducation, santé, transport, énergie voire même justice. Ci-dessous 2 témoignages tristement significatifs de l'état de délabrement du service public et d'abandon de l'usager sous l'angle de la Préfecture, organe public administratif de proximité par excellence...D'autant lorsque cela touche sciemment un public immigré.

    Pour l'UPAC, Kyosen.

     

    1-Mes nuits blanches à Antony, devant l'administration de la honte.

     

    J'ai honte, vraiment honte. Et vous allez comprendre pourquoi. Il y a trois semaines, ma femme a été victime d'un pickpocket dans le métro. Elle s'est fait subtiliser une partie de son sac à main. Elle était bouleversée mais pas pour les raisons que l'on croit.

    La carte de crédit ? La monnaie ? Non, ce qui l'a vraiment traumatisée, c'est ça :

    « Flo, il va falloir retourner faire des démarches à la sous-préfecture d'Antony ! »

    Pas de site Internet ni de FAQ

    Il convient de préciser que ma femme est étrangère (japonaise) et qu'elle doit garder sur elle une carte de séjour. Jusque-là, rien de très anormal. Mais quelle démarche, quels documents préparer pour remplacer sa carte désormais volée ? La question est simple mais vous auriez tort de croire que la réponse le sera autant.

    Il n'existe même pas un site Internet avec une FAQ sur lequel télécharger des formulaires, consulter une liste de documents à préparer pour la moindre démarche des étrangers, etc. La seule chose que l'on vous explique sur le site de la sous préfecture, c'est :

    « Pour tout renseignement concernant les titres de séjour, téléphonez ou rendez-vous directement à la sous préfecture. ».

    Alors on essaie d'appeler au numéro indiqué. J'ai appelé plusieurs centaines de fois (avec ma femme, de son côté) durant les horaires d'ouverture, en une journée, la semaine dernière. C'est bien simple, je faisais du « recall » toutes les minutes.

    Or, jamais personne n'a décroché ! A chaque fois, je suis tombé sur la même messagerie annonçant, d'une voix de « j'en-ai-rien-à-battre », que le personnel du service étranger ne peut pas vous répondre pour l'instant et que cette boîte vocale n'accepte aucun message. Et forcément, on vous raccroche au nez.

    Ça donne quoi en passant par le standard général ? La nana vous transfère robotiquement vers ce même « service étranger » inaccessible.

    Les seules réponses que l'on obtient proviennent finalement de quelques témoignages, parfois contradictoires, récupérés sur les forums, les facebooks, etc.

    « Il manque une photocopie, revenez demain »

    Ensuite, il faut se rendre à Antony…

    Quand on arrive à 6 heures du matin, il y a déjà plusieurs dizaines de personnes qui attendent dehors. Une fois un précieux ticket récupéré, vous attendez encore des heures dans un hall morbide et crasseux qu'une nana glaciale vous reçoive pendant 2 min. Parfois, elle n'hésite pas à vous rembarrer :

    « Il manque la photocopie de ce document, revenez demain. »


    Sous-préfecture d'Antony (Essonne) à 5h30 du matin (Florent Georges)

    Bref, on arrive à 6 heures et on repart à 15 heures, après avoir attendu 8 ou 9 heures juste pour récupérer un simple formulaire ou poser une question ! En 2011, ils ne sont pas fichus de mettre à disposition ces formulaires à l'accueil !

    Cela dit, ma femme et moi, après 7 ans d'Antony et plusieurs centaines d'heures perdues là-bas, on pensait avoir tout vu. Nous étions loin du compte.

    « C'est fini, on ne prend plus personne. »

    Quand mon épouse s'est faite dépouiller, je me trouvais au Japon et elle a dû entreprendre seule les démarches pour remplacer sa carte de séjour. Elle s'est donc levée à 4 heures du matin et s'est rendue à Antony avec le premier RER. Elle est arrivée sur place vers 6 heures. Déjà une centaine de personnes attendaient l'ouverture, prévue environ 3 heures plus tard.

    Les portes ont ouvert avec 45 minutes de retard, c'est à dire à 9h30 au lieu de 8h45. Pendant que des dizaines de personnes, jeunes, vieux, hommes, femmes (dont des femmes enceintes ! ), poireautaient debout et dehors depuis l'aube, les employées sirotaient encore tranquillement leurs cafés derrière leurs guichets, en papotant et aux yeux de tous…

    Des vigiles sont ensuite arrivés pour organiser la file avec une amabilité qui n'aurait pas déplu à un gardien de prison Khmer rouge. Ils ont fait entrer les premières personnes qui ont finalement obtenu leur ticket de passage. Sauf qu'après avoir fait passer 60 personnes, ils ont bloqué la queue et ont annoncé, sans aucune précision :

    « C'est fini, revenez demain, on ne prend plus personne. »

    Il était là depuis 20 heures la veille !

    Ce matin, donc, je l'ai accompagnée en voiture. Encore une fois, réveil avant 5 heures et arrivée à 5h30. Avant de constater que la queue était encore plus longue que la fois précédente !

    Surpris, nous avons remonté toute la file et avons interrogé une personne recroquevillée dans un sac de couchage. Il était là depuis 20 heures la veille ! Et il nous a expliqué qu'à 23 heures, il y avait déjà plus de 30 personnes ! Autrement dit, pour espérer pouvoir entrer, vous devez coucher devant la porte de ce « service » public !

    Découragés car certains de ne pas avoir de tickets, nous sommes donc repartis bredouilles. Et ce soir, je vais donc passer la nuit dehors pour obtenir le droit de parler à cette administration sous-développée. Ma femme me rejoindra demain vers 8h45, par le RER. Ils se foutent totalement que tous ces gens perdent ainsi des journées de travail à cause de leur incompétence et de leur désorganisation.

    Et encore, j'aurai beau passer la nuit dehors, aux côtés de vieux, de femmes enceintes, je ne suis pas certain de repartir tranquille après midi. A défaut d'avoir obtenu une liste claire de documents à fournir, je m'attends déjà à ce que la fonctionnaire me réponde :

    « Revenez demain, il manque un timbre à 27 centimes. »

    Franchement, j'ai honte d'un tel « service » en France. J'ai honte qu'après tant d'années, aucun représentant de la préfecture n'ait encore remarqué que des centaines de personnes dormaient dehors, l'hiver, sous la neige, pour récupérer ou rendre des putains de documents. Aurait-on au moins l'obligeance de mettre des abris pour protéger ces gens des intempéries ?

    La suite demain mercredi, après la nuit blanche dehors…

     

    2-Bobigny : la préfecture maltraite ses employés et ses immigrés

    Les uns sont au bord de la dépression, les autres sont « traités comme des bêtes » : la préfecture de Bobigny craque. Reportage.

     


    La file d'attente devant la préfecture de Bobigny (Camille Garcia/Rue89)

    Il est 6h15. Du matin. A peine sorti du métro, on aperçoit entre 200 à 300 personnes, les unes allongées sur des cartons, les autres coincées contre des barrières métalliques, en file indienne. C'est un jour ordinaire devant la préfecture de Bobigny.

    Rien de neuf sous le ciel de Seine-Saint-Denis. Le livre noir présenté mardi par un collectif de dix-huit associations de défense des immigrés remet juste un coup de projecteur sur des conditions d'accueil indignes.

    « Si tu ne dors pas ici, tu ne rentres pas »

    M. et Mme Furumé sont parmi les premiers dans la file qui ne cesse de s'allonger devant la porte 2, pour la délivrance des titres de séjour. Lui est arrivé à 23 heures la veille et a passé la nuit sur un carton, avant d'être rejoint par son épouse vers 6h30. Cela fait dix ans qu'ils viennent tous les ans renouveler leurs titres de séjour, ils ont l'habitude :

    « Si tu ne dors pas ici, tu ne rentres pas. »

    Parfois, ils sont obligés d'amener leurs trois enfants :

    « Là, il fait bon. Mais imaginez lorsqu'il pleut ou qu'il fait -2°C... On nous traite comme des bêtes, et une fois à l'intérieur, c'est l'indifférence. »

    Kamel, jeune homme de 23 ans, raconte :

    « Il y quatre ou cinq ans, en venant à 2 ou 3 heures du matin, j'étais sûr d'être dans les premiers. Maintenant, il faut dormir ici. »

    Il est rejoint par un « pote » accompagné d'une femme qui veut passer devant les autres. Elle lui a acheté une place. Le jeune homme argumente : « Elle est malade, elle est handicapée, faut la laisser passer ». Mais la colère gronde parmi ceux qui sont là depuis la veille.

    Pascale, jeune femme aux cheveux tressés, lâche :

    « Moi je suis enceinte et je suis là depuis 5 heures du matin. »

    La place se négocie de 10 à 50 euros. Ali Shah, un Pakistanais de 32 ans, raconte :

    « Ce sont beaucoup d'Indiens qui font ça, ils dorment ici et après, ils essayent de revendre leurs places. Mais parfois, ils repartent sans rien. »

    Aicha Sédibé, elle, est en colère de devoir subir un tel traitement :

    « Moi j'étais là depuis 5 heures du matin, ils m'ont reçue à 9 heures. C'est fatigant parce que rien ne change, là ça va, il ne fait pas trop froid, mais l'hiver... On est traité comme des moutons, et franchement, on ne mérite pas ça ! » (Voir la vidéo)

     

    Vers 7h30 arrive Jamaa, « la dame au café à la cannelle ». Tous les jours, elle vient distribuer son précieux breuvage, 60 centimes le gobelet.

    Saliha, 35 ans est Algérienne. De 2001 à 2007, elle est venue ici une trentaine de fois avant d'obtenir un titre de séjour valable dix ans. Aujourd'hui, elle accompagne sa jeune sœur et, en est sûre : « Toute la période d'attente, toutes ces démarches qui s'éternisent, c'est pour nous décourager, pour qu'on abandonne. Faut pas lâcher ! », s'exclame-t-elle.

    « Ah non, ce n'est pas la bonne file, au revoir »

    Vers 8h30, ça s'agite, les policiers arrivent, et le filtrage des agents de la préfecture commence. « Vous avez toutes les pièces nécessaires ? Allez-y madame ». « Ah non, ce n'est pas la bonne file, au revoir. » La jeune femme voilée repart, les larmes aux yeux.

    Il est 9 heures, Fati Hassin et son fils Fahmi, d'origine tunisienne, ressortent. Le père a obtenu la nationalité française depuis presque dix ans, mais son fils est né en Tunisie, alors il doit renouveler sa carte de séjour :

    « J'ai passé toute la nuit ici pour passer le premier ou le deuxième, après mon fils m'a rejoint, et chaque fois que je viens ici c'est la même chose, il faut dormir ici pour avoir un ticket. [...] Il manque de personnel, [...] c'est difficile aussi pour eux, ils sont courageux aussi... » (Voir la vidéo)

     

    Des agents de la préfecture au bord de la dépression

    Daniel Lafon, permanent syndical CFDT à la préfecture de Bobigny, explique :

    « Les conditions de travail au sein de la Direction de l'immigration et de l'intégration (DII) ne sont pas bonnes. Nous nous battons pour améliorer les conditions de travail des agents et par conséquent, nous améliorerons celles des usagers. »

     


    La file devant la préfecture de Bobigny (Camille Garcia/Rue89)

    La Seine Saint-Denis est le département où le nombre d'étrangers est le plus important en France. Les données du recensement de 2007 indiquent que les immigrés sont au nombre de 402 000 et représentent plus du quart de la population de la Seine-Saint-Denis, 26,75 % exactement.

    La préfecture de Bobigny est une des rares préfectures à posséder une DII, avec la préfecture du Nord, et accueille entre 1 500 et 1 800 personnes par jour. Daniel Lafon raconte :

    « Actuellement, c'est l'équivalent d'une plateforme téléphonique, les ordinateurs des agents sont minutés, environ huit minutes par usager, et nous appliquons une politique de quotas. »

    Chacun reçoit une soixantaine de personnes par jours, « comment voulez-vous expliquer la réglementation française en si peu de temps ? Et parfois à des personnes qui ne parlent pas le français. »

    Les agents sont majoritairement très jeunes, parfois même stagiaires ou intérimaires et se retrouvent « bombardés » au guichet et se forment sur le tas. Il y a beaucoup de provinciaux ou d'Antillais, peu sont volontaires pour le 93.

    Résultat : dépressions nerveuses, absentéisme et des demandes de mutation qui se multiplient, +12% en 2010 selon la CFDT. Le défilé des préfets n'arrange pas non plus les choses. Daniel Lafon confie :

    « Depuis 2003, j'ai vu passer sept préfets. On a parfois l'impression de rabâcher et que rien ne bouge. »

    Un groupe de réflexion pour améliorer les conditions de travail des agents de guichet devrait être créé prochainement.

    Le préfet, Christian Lambert, a en effet reconnu que les conditions d'accueil s'étaient dégradées. Vendredi dernier, dans un communiqué de presse, il a indiqué :

    « Des actions de réorganisation lourde sont actuellement en cours et vont porter leurs fruits dans les prochains mois. »

    Un accueil dédié aux étrangers devrait être ouvert au sein des locaux de la sous-préfecture de Saint-Denis ; à Bobigny, un pré-accueil sera censé fluidifier les files d'attente. Certains dossiers pourront être traités par voie postale, un accueil réservé aux handicapés et femmes enceintes devrait être ouvert, tout comme des sanitaires à l'extérieur.

    « Ils sont en train de voir comment s'arranger mais pas avant 2014 », indique pourtant le représentant CFDT, à la suite d'un rendez-vous avec
    le secrétaire générale de la préfecture, Arnaud Cochet.

    Pourtant, la « réorganisation lourde » n'inclut pas l'augmentation des effectifs, seule façon de diminuer les files d'attente. La mise en application de la RGPP inquiète aussi le syndicaliste qui craint une réduction des effectifs :

    « S'il y a une baisse du nombre de fonctionnaires, c'est du suicide, on va droit dans le mur ! »

    Deux rendez-vous à Bobigny, un seul dans les autres préfectures

    L'ouvrage de 42 pages intitulé « Etrangers : conditions d'accueil et de traitement des dossiers à la préfecture de Bobigny : l'indignité ! » dresse un état des lieux accablant. Non seulement les conditions d'accueil et surtout d'attente sont inhumaines mais, de plus, les délais de réponses et de traitement des dossiers « atteignent près d'un an ».

    La cause principale : les pratiques préfectorales propres à Bobigny, plutôt que l'augmentation du nombre de demandeurs. Stéphane Maugendre, le président du Gisti (Groupe d'information et de soutien des immigrés), explique :

    « Pour renouveler un titre de séjour, normalement, un rendez-vous suffit. Mais ici, ce sont deux qui sont nécessaires. Alors que dans certaines préfectures, la demande de renouvellement se fait par courrier ou par mail ».

    La conséquence, c'est « deux fois plus de monde et pas assez de personnel » explique-t-il :

    « Plusieurs centaines de cartes de séjour sont là, à la préfecture, mais il n'y a pas de fonctionnaires pour les distribuer. J'ai reçu des clients à qui on a attribué un titre de séjour expirant deux mois après. »

     


    Salihan Maria et d'autres femmes dans la file devant la préfecture (Camille Garcia/Rue89)

    Le livre noir propose une série de solutions concrètes, comme le traitement par e-mail, des informations sur les formalités à suivre en plusieurs langues, mais préconise, pour l'instant, de toujours venir accompagné d'un francophone si on ne maîtrise pas la langue.

    Stéphane Maugendre :

    « Depuis la loi de 2006 de Brice Hortefeux, les employeurs doivent faire parvenir à la préfecture une copie de titre de séjour de leurs employés. Et eux peuvent le faire par e-mail ou par fax, on ne leur demande pas de se déplacer.

    C'est une excuse stupide de dire que les immigrés ne savent pas se servir d'Internet. La réalité, c'est qu'il y a une méfiance de plus en plus accrue vis-à-vis de l'étranger. »

     

    Source: Rue 89.

       
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    11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 20:02

     

     

    Monde - le 11 Octobre 2011        

     

     

    Inquiétudes pour Salah Hamouri. Denise, sa mère que "l'Humanite.fr" a jointe au téléphone, nous informe que Salah a été transféré à la prison de Shana avec une cinquantaine de prisonniers palestiniens.

    "Salah, nous dit-elle, est à l'isolement. Pis, il est interdit de visite jusqu'au 5 novembre. Au Consulat, on me répond qu'il n'est pas possible d'intervenir sous prétexte que les fêtes juives ont débuté."

    Alors qu'elle venait lui rendre visite, dimanche, les autorités pénitentiaires israéliennes lui avait fait savoir que Salah avait été transféré dans une autre prison. Elles avaient refusé, alors, de lui dire dans quel établissement. Cette mesure de rétorsion aurait été prise contre la grève de la faim entamée par les prisonniers palestiniens.

    Il y a quelques jours, nous apprenions que Salah Hamouri qui devait être libéré le 28 novembre pouvait effectuer 140 jours supplémentaires.

    Les dirigeants israéliens décidant que les peines de prison de la "justice" militaire seraient non plus réalisées selons les années administratives (soit 245 jours) mais en années civiles. Résultat : vingt jours de plus d'enfermement. Cette "loi" est plus connue en Israël sous le nom de "loi Shalit", du nom du soldat franco-Israélien capturé par le Hamas !

    Dans une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, Patrick Le Hyaric, Vice-président du Groupe de la Gauche Unitaire Européenne Gauche Verte Nordique, réclamait une intervention ferme du gouvernement français.

     

    Source: L'Humanité.fr

     

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    Non au Front National !

    Camarades ,

    Ne nous livrons pas aux chants des sirènes fascistes, qui sous couvert d'un discours anti-systémique bien rôdé, ne visent qu'à instaurer un régime aux relents des années 30. Ne soyons pas naifs face à ce nouvel ordre moral que veulent imposer par le mensonge et la peur les tenants de la haine et du "sang pur". Sous couvert d'une fausse expression démocratique et médiatique, le FN ne s'est jamais détaché de ce qui a construit son origine : une droite populaire qui rejette le prolétaire, une droite chrétienne qui rejette le non-croyant ou l'autre croyant, une droite corporatiste qui rejette l'union des travailleurs. Le FN a ses petits groupuscules néo-nazi dont il se défend d'être en lien publiquement mais avec qui il travaille bien tranquillement  : GUD, bloc identitaire et autres "natios".

        Et lorsque l'on se penche sur son programme politique le vernis craque : Contre la retraite par répartition et tout ce qu' a fondé le CNR de 1945 (où était-il lors des manifs de 2010 ?)  , contre les droits des salariés ( poujadiste un jour, poujadiste toujours !) etc... 

    De nombreux documents démontrent l'imposture du FN. L'UPAC vous en propose deux :

    - Celui du collectif communiste Prométhée dans son numéro 85, (site net : http://promcomm.wordpress.com), 5 pages.

    -Celui du collectif VISA (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes), qui s'intitule "FN, le pire ennemi des salarié(e)s" et dont le lien est sur le blog, 29 pages. 

     

    Ne lâchons rien ! 

    Face au bras tendu du facho, levons le poing ferme du prolo !! 

     

    Vêtements et accessoires skinheads et Antifas.

                Site "La Pétroleuse" : Clic<  link

     

                Site "moonstomp" : Clic<  link

     

               Site "La Boutique, Tapage Rock" : Clic<  link

     

                Site "Antifa Wear" : Clic<  link

     

              Site "Ni Dieu, Ni Maitre": Clic< link   

     

                 Site "FFC Production": Clic< link

     

      Badges UPAC:

     

    Modèle 25 mm

     

    Badge-UPAC-GM.jpg

     

     

     

    Modèle 32 mm.

     

    badge-UPAC.jpg

     

     

    Fabrication "FFC Production".