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Antifascistes !

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Vive la CGT 1906

Parce que nous sommes attachés à l'esprit de la Charte d'Amiens de 1906 qui fonda les bases du syndicalisme révolutionnaire, parce que nous nous opposons à la dérive réformiste de notre confédération depuis les années 1970 et que nous condamnons la déviance contre-révolutionnaire de notre CGT depuis la fin des années 90, nous avons fait le choix de ne pas mettre en lien le site de la confédération ainsi que celui de l'UD de la Creuse qui ont pris le chemin d'un syndicalisme bureaucratique et élitiste.

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 11:55

 

 

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 00:09

     

    Le documentariste Jean-François Castell a passé trois semaines au cœur de la Zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes et nous livre, pour Noël, son regard « à hauteur d’homme » sur cette lutte qui a pris une ampleur exceptionnelle depuis le début de la répression policière le 16 octobre et surtout avec la manifestation de réoccupation du 17 novembre.

    A visage découvert, les activistes venus de partout décrivent cette « fraternité » qu’ils ont trouvé dans l’organisation autonome de cette lutte. On les voit au quotidien, se servir dans le « free shop », participer à la cuisine, construire des cabanes habitables, et aussi, résister aux forces de l’ordre qui les poursuivent jusque dans les arbres.

    « On ne défend pas ses idées dans son salon », dit une dame venue rejoindre à ce « nouveau Larzac ». C’est appelés par cette nécessité de donner de soi que des centaines de personnes, aux profils très variés, convergent vers ce qui est en train de devenir « un lieu mythique ».

    Jean-François Castell, après avoir autofinancé de documentaire, espère en tourner un autre sur cette lutte dont on n’a pas fini d’entendre parler. Pour mieux le connaitre et le soutenir, sa page Facebook et son site.

     

    Source : Rue 89

     

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    24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 05:48
     
    Bonjour à toutes et à tous,
     
    ne les oublions pas...

    A ce jour 7 prisonniers palestiniens sont en grève de la faim, ils luttent pour leur liberté et leur dignité avec la seule arme qu'ils leur reste.
    Ne baissons pas les bras.




    AYMAN SHARAWNA  

       

    Age, 36 ans de « Dura » dans le district d’Hébron, ex détenu libéré le 11 octobre 2011 suite à l’accord dit Shalit, conclut entre Israël et le Hamas sous la médiation de l’Egypte,
    a été arrêté de nouveau arbitrairement moins de trois mois après sa libération. Détenu à la prison de Ramleh, il ne s’alimente plus depuis 176 jours (au 23-12-2012).
    Connaît de graves problèmes aux reins, au foie et aux jambes et a perdu la vue.
    L’accusation cherche à renouveler sa condamnation précédente malgré l’absence de charges.




    SAMER ISSAWI

    Age, 33 ans de « Issawiya » district de Jérusalem a été condamné à 30 ans de prison pour appartenance au Hamas, il a passé 10 ans en prison,
    libéré dans la première tranche de l’accord dit Shalit il a été arrêté de nouveau.
    Détenu à la prison de Ramleh, il ne s’alimente plus depuis 145 jours (au 23-12-2012).
    Éprouve des douleurs musculaires, a une pression artérielle très faible et est en train de perdre la vue à l’œil droit.

    L’accusation cherche à lui faire accomplir le restant de sa peine non rempli d’une condamnation antérieure à 20 ans de prison.

    Samer est le frère de l’Avocate Shireen Issawi et de deux autres frères détenus aussi dans les prisons israéliennes.
    La famille Issawi est souvent victime d’arrestation et de violence de la part des soldats Israéliens.


     

    JAFAR  AZZEDINE

    Age, 41 ans, originaire de Jénine
    Détenu à la prison de Megiddo
    Ne s’alimente plus depuis 26 jours (au 23-12-2012). Ne prend que de l’eau sans additifs.
    Souffre d’une faible pression artérielle, de vertiges continuels et de maux de tête, d’un manque de protéines et de douleurs  aux articulations,
    aux genoux et à la colonne vertébrale, en raison d’une grève de la faim très récente.
    Arrêté le 22 novembre après le cessez-le-feu à Gaza.
    Ancien prisonnier, il proteste contre sa détention administrative.


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    TAREK QA’ADAN

    Age, 40 ans, originaire de Jénine.
    Détenu à la prison de Megiddo.
    Ne s’alimente plus depuis 26 jours  (au 23-12-2012). Ne prend que de l’eau sans additifs.
    Arrêté le 22 novembre 2012 après le cessez-le-feu à Gaza.
    A participé à plusieurs grèves de la faim dures parmi lesquelles celles de soutien à Khader Adnan et Hana Shalabi.   
    Détenu 13 fois depuis 1989. Condamné à 15 mois de prison lors de sa précédente arrestation.
    Proteste contre sa détention administrative.


    <!--[if !supportLineBreakNewLine]-->

     

    YOUSEF  CHAABANE

    Age, 29 ans, originaire de Jénine.
    Détenu à la prison de Megiddo.
    Ne s’alimente plus depuis 26 jours  (au 23-12-2012). Ne prend que de l’eau sans additifs.
    Arrêté le 22 novembre après le cessez-le-feu à Gaza.
    Détenu trois fois auparavant. Condamné à 8 mois de prison en février 2012.
    Proteste contre sa détention administrative.

     


    ODAY  KILANI

     

    Age, 25 ans de Toubas.
    Détenu à la prison de Ramleh.

    A été arrêté le 4 avril 2011.
    Ne s’alimente plus depuis 61 jours  (au 23-12-2012).
    Proteste contre le renouvellement de sa détention administrative pour 4 mois.


     

    GROUPE DE TRAVAIL PRISONNIERS

     

    Source: AFPS

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    22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 17:06

    Mais comment fait-il ? Comment est-il possible de décevoir à ce point et aussi vite autant de secteurs de la population ? C’est simple : en 5 actes, le gouvernement a démontré qu’il ne remettra en cause à aucun prix les intérêts du capitalisme mondialisé.

    Acte 1, il fait adopter le traité Merkozy, qui organise l’austérité à perpétuité, et ce sans qu’aucune ligne en ait été modifiée.

    Acte 2, la loi de programmation budgétaire planifie la régression des dépenses publiques pour les cinq prochaines années. Une austérité qui touche la Sécu comme le budget de l'État mais va également continuer à étrangler les collectivités locales comme elle étouffe les hôpitaux publics.

    Tout n’avait-il pas été annoncé dès le mois de juin dernier lorsque la porte-parole du gouvernement s’était félicitée du vote grec qui avait donné victoire à la droite d’une courte avance face à la coalition de gauche anti-austérité de Syriza ?

    Acte 3, les cadeaux au patronat se multiplient dès avant Noël, la plus-value des patrons pigeons, puis les 20 milliards payés par l’ensemble de la population sous la forme de hausses de TVA. Une pression exercée sur les syndicats pour qu’ils cèdent au Medef pour déréglementer le marché du travail et accentuer la flexibilité. Pendant ce temps-là l’austérité ronge le pouvoir d’achat et le chômage explose ! On attend avec impatience, dans les jours qui viennent, les chiffres des profits des patrons du CAC 40.

    Acte 4. Voici l’aéroport de N.-D.-des-Landes, un scandale écologique, démocratique, en forme de cadeau à une multinationale française, Vinci. Les grands équipements coûteux et inutiles ne sont pas des dépenses publiques pour des projets collectifs mais des transferts vers des firmes privées. Une logique qui ne peut que s’accentuer… avec l’austérité qui réduit les possibilités d’investissement des pouvoirs publics. Derrière Vinci, voilà EDF qui réclame des dédommagements pour fermer la centrale de Fessenheim !

    Acte 5. Voilà Mittal, patron-voyou que le gouvernement a choisi de préserver contre les salarié-e-s, donnant un signal clair de son attitude face aux autres plans sociaux en cours ou en préparation.

    Des dizaines de milliards pour le patronat ; 2,5 milliards contre la pauvreté. 12 euros de plus par mois pour le RSA. Tout est dit !

    Le gouvernement avance, comblant les espérances des grandes firmes transnationales et des fonds d’investissement.

    L’heure est à la riposte, aux mobilisations, à l’affirmation d’une alternative à la politique austéritaire menée par le gouvernement. L’enjeu est décisif, sauf à voir la droite et l’extrême droite tirer seules le profit du mécontentement provoqué par la politique du PS au pouvoir.

    Ingrid Hayes, Pierre François Grond sont deux des animateurs de la Gauche anticapitaliste, composante du Front de gauche.

     

    Source : Cerise, lien sur le site de l'UPAC.

    La Canaille du faubourg

    ...

     

    Selon Fabius,

    la France va expérimenter

    une alternative

    à la fracturation hydraulique

    sur le territoire algérien.

    "Rien appris, rien oublié" !

     

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    22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 11:04

    22 décembre 2012 Par Philippe Marlière


    Les 6 et 7 décembre 2012, Jean-Luc Mélenchon est venu à Londres. Pendant ce court séjour, il a rencontré Julian Assange à l’ambassade d’Equateur, des responsables de la gauche politique et syndicale britannique, des intellectuels et les membres du cercle londonien du Parti de gauche.

    Par un jeu de contacts, mêlant militantisme présent et ancien, j’ai eu le plaisir d’être associé à l’organisation de l’unique événement public de Jean-Luc Mélenchon. L’idée d’une conférence publique fut retenue contre celle d’un meeting politique classique qui aurait été une gageure à mettre sur pied d’un point de vue logistique. Dans une ville comme Londres, les forces de l’« Autre gauche » sont ultra-minoritaires et éclatées. Le choix a donc été fait de s’ouvrir à un public large ; des sympathisants, mais aussi de simples curieux.

    Naguère, Jean Jaurès fut également un conférencier. De juillet à octobre 1911, il se rendit au Brésil, en Uruguay et en Argentine. Jaurès y prononça plusieurs conférences qui rencontrèrent un grand succès. Le leader socialiste y développa des aspects importants de sa pensée dans des discours aux titres évocateurs : « La politique sociale en Europe et la question de l’immigration », « L’organisation militaire de la France » ou « Civilisation et socialisme ». Mélenchon allait pour sa part discourir « Pour une alternative à l’austérité en Europe ». A Londres, en 2012, « au cœur de la pieuvre, du réseau de l’oligarchie mondiale » (Mélenchon), le thème allait de soi.

     

    De l’illégitimité d’une prise de parole hétérodoxe

    Les conférences de dirigeants politiques au sein d’universités sont depuis quelque temps à la mode. Des hommes d’Etat, passés, présents ou en devenir, aiment s’afficher devant des auditoires universitaires. Peu importe le contenu de leur discours, souvent creux et sans surprise, ils sont pour la plupart à la recherche d’une légitimation symbolique. Discourir à Sciences Po ou à la London School Economics, ne permet-il pas à un homme politique d’arracher une plus-value politique indexée sur la réputation de l’institution visitée ? Etre reçu dans un lieu savant, n’indique-il pas implicitement que cet homme d’Etat-là est politiquement respectable ? Mais il y a plus : parler à Sciences Po ou à la LSE, c’est être reconnu comme émetteur d’un discours politiquement légitime ; c’est-à-dire qui ne défie pas les procédés de domination capitalistes et qui n’entend guère les remettre en cause.

    Est-il, de manière générale, possible d’exposer dans un cadre universitaire des idées de gauche que certains « commentateurs raisonnables » qualifient volontiers de « minoritaires », voire d’« extrémistes » ? Nous y sommes parvenus car Jean-Luc Mélenchon intrigue et intéresse en Grande-Bretagne depuis la campagne présidentielle de 2012. Je ne peux imaginer une autre personnalité de la gauche européenne qui puisse en ce moment susciter un tel intérêt, à part peut-être Alexis Tsipras.

    J’avais promis imprudemment à mon université que l’amphithéâtre de 400 places serait rempli. Qu’en savais-je ? J’avais vu récemment un ministre français parler devant 80 personnes à peine à la LSE. Alléchée par ma promesse, mon université me fit confiance. UCL prépara l’événement en grandes pompes : traduction simultanée, stream live, enregistrement filmé de l’événement et réception offerte à tous les membres du public. Dix jours avant l’événement, les places (gratuites) furent mises à la disposition du public sur internet. En moins de 48 heures, elles avaient toutes trouvé preneur.

     

    Mise en forme et entrée en scène

     

    Je retrouve Jean-Luc Mélenchon et son entourage vers 16h15 à la gare de Euston. Il vient de quitter Julian Assange. La conférence commence à 18h. Il a donc une heure et demi pour peaufiner son discours. En chemin vers mon bureau, je lui retrace l’histoire de University College London, l’université dans laquelle j’enseigne. Je lui explique que ce fut le premier College de l’université de Londres à afficher son indépendance vis-à-vis de la Couronne. L’institution fut aussi la première du pays à accorder une chaire professorale à une femme, à accueillir des Irlandais, des Juifs et même d’ex-Communards en exil. Je perçois une lueur d’intérêt dans le regard de Mélenchon.

     

    Dans mon bureau, il imprime un discours, qu’il annote à divers endroits et lit attentivement à plusieurs reprises. Le niveau de concentration atteint alors son paroxysme. Le discours reçoit sa forme finale et Mélenchon se prépare à l’imminente entrée en scène.

    Lorsque nous pénétrons dans l’amphithéâtre, il est effectivement comble. Plusieurs dizaines de personnes arrivées en retard resteront debout pendant les deux heures que durera la conférence. J’aperçois des journalistes du Guardian, de The Independent, du Morning Star, de OpenDemocracy (le Mediapart britannique). Il y a des ambassadeurs latino-américains, des dirigeants syndicaux, politiques et associatifs. Mélenchon me souffle : « Il y a beaucoup de jeunes ! » C’est vrai et c’est saisissant car les deux tiers des spectateurs ne sont pas des étudiants à UCL. Il y a des Français, mais aussi beaucoup de Britanniques et des personnes d’autres nationalités.

    Je prends la parole quelques minutes pour présenter l’invité. Je perçois des visages attentifs devant moi. C’est au tour de Jean-Luc Mélenchon. Il dit quelques mots en anglais et met tout de suite les rieurs de son côté : « I can’t give my speech in English, but I can summarise it in one sentence : I am very dangerous ! »

    Dans un discours où l’éco-socialisme tient une place centrale, les bons mots se succèdent : « Comme l’a dit Hugo Chavez, si le climat était une banque, il serait déjà sauvé ». Mélenchon mentionne la « glorieuse » Révolution de 1917, la mine gourmande. Le jeune public applaudit et rit de bon cœur. Le discours comporte trois parties : 1) l’état actuel de l’économie et de l’écosystème ; 2) ce qui nous attend si nous ne changeons de système de production ; 3) les propositions du Front de gauche.

    C’est un discours didactique, patiemment construit et argumenté, mais sans les effets de tribune des meetings politiques. Mélenchon n’est pas docile pour autant : « Nous avons raison. Ils [les néolibéraux] ont tort » ; « La vie est un rapport de force ; la démocratie, ce n’est pas le consensus ». Si j’osais affirmer le quart de cette vérité première à mes étudiants, je passerais pour un dangereux gauchiste !

    Ce soir-là, ce discours qui propose une « radicalité concrète » semble quasiment envoûter l’auditoire. Je lirai après coup que le journaliste de The Independent avait tweeté pendant la conférence que Mélenchon lui faisait penser à une rock star.

    Quelques minutes à peine après le début de la conférence, on me rapporte que les récepteurs pour la traduction simultanée ne fonctionnent pas. Las ! Pourtant un petit miracle (laïque) se produit : personne ne quitte la salle. Ceux qui comprennent mal le français restent assis et tentent patiemment de suivre. Je crois que c’est avant tout la présence physique de l’orateur qui les retient : la voix est chaude et caressante, puis, soudainement, elle devient virulente, voire menaçante ; le faciès est toujours expressif ; l’hexis corporel est tantôt fils du peuple, tantôt tribun éloquent. Les mains tourbillonnent, l’index se tend, le corps se tourne vers le public, vers moi. Mélenchon parle sans jamais regarder ses notes. Le discours est fait homme. 

    Après quarante minutes, Jean-Luc Mélenchon s’interrompt et me demande : « Combien de temps me reste-t-il ? » Je bafouille : « Euh… Quelques minutes… » Mélenchon me décroche une grimace hostile. La salle s’esclaffe. Comment intimer à Jean-Luc de conclure dans les plus brefs délais ? C’est impossible. Alors, il repart, pour dix minutes encore. Comme Jaurès, il s’adresse à la jeunesse : « Je vous appelle à vous tenir prêts. Vous avez une responsabilité totale. Vous ne serez pas des consommateurs d’événements, vous en serez les producteurs ».

    « Je suis venu vous donner le plan de route »

    Fou d’histoire et de la Révolution de 1789, Mélenchon confie qu’il existait au XVIIIe siècle à Londres un puissant courant favorable aux Lumières et à la Révolution. Il regrette que « nous [les révolutionnaires français] n’ayons pas su dire les mots de fraternité, trouver les actes d’affection et de chaleur pour construire l’internationale révolutionnaire qui passe par les peuples davantage que par les organisations ». Et de conclure de manière très mélenchonienne : « Je ne suis pas venu vous caresser la tête, mais vous donner le plan de route ».

    La partie question/réponse qui suit le discours se déroule dans la bonne humeur. Quand j’annonce au public que la conférence est terminée, une cinquante de personnes nous rejoint sur scène et entoure de près Jean-Luc Mélenchon. Il dédicace ses livres, se fait prendre en photos, discute et argumente avec tous. Au moment où Mélenchon disparait sous la vague humaine qui l’entoure, je me demande comment nous allons parvenir à nous extraire de la salle.

     

    Vidéo :

     

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    21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 12:39

    Comme beaucoup de personnes souffrant de troubles psychiatriques, Hakim (son prénom a été modifié) s’est retrouvé en prison après avoir été jugé en comparution immédiate, sans qu’aucune expertise psychiatrique n’ait été réalisée.


    Grilles de prison (X1klima/Flickr/CC)

    L’histoire de Hakim, jeune schizophrène détenu à la maison d’arrêt de Valenciennes, illustre un phénomène grandissant, régulièrement dénoncé par des intervenants pénitentiaires en plein désarroi face à la maladie mentale.

    Les évolutions conjointes de la psychiatrie et de la justice pénale de ces dernières années ont abouti à un véritable transfert de prise en charge des personnes atteintes de troubles psychiques sévères de l’hôpital vers la prison : 20% des détenus (soit plus de 13 000 d’entre eux) seraient ainsi atteints de troubles psychotiques.

    Condamné à de la prison ferme pour des faits de violences légères, les troubles de Hakim n’ont été diagnostiqués que cinq mois plus tard lorsqu’une expertise a été diligentée dans le cadre d’une autre procédure judiciaire. Hakim est aujourd’hui détenu depuis 19 mois.

    Dégradation de l’état de santé

    L’absence de prise en charge adaptée de sa pathologie et ses conditions de détention inhumaines dans une prison surpeuplée ont conduit à une lente et profonde dégradation de son état de santé, et à des allers-retours entre la prison et l’hôpital psychiatrique.

    Afin de lui permettre une meilleure prise en charge médicale, sa famille et ses avocats ont multiplié les demandes pour le faire sortir en aménagement de peine. Toutes ont jusqu’ici été refusées. Le 21 décembre 2012, le juge de l’application de peines de Valenciennes se prononcera sur son ultime demande de libération conditionnelle.

    A la veille de cette décision, nous avons rencontré Maître Hassna Moubsit, l’avocate de Hakim. Elle dresse le portrait d’une prison structurellement incapable de prendre en charge des personnes atteintes de maladies mentales, et retrace le parcours d’un jeune homme « sans problème », emporté par notre système judiciaire.

    Se dessine en filigrane un réquisitoire cinglant contre les comparutions immédiates, véritable « justice d’exception ».

    Allers-retours entre l’hôpital et la prison

    Hakim est actuellement en hospitalisation d’office (HO), la troisième depuis le mois d’août. Cette dernière HO a été décidée suite à une crise qui s’est manifestée par des actes d’automutilation et un refus de s’alimenter. Il a été nécessaire de le transférer aux urgences pour le placer sous perfusion alimentaire avant qu’il ne retourne à l’hôpital psychiatrique.

    Tandis que l’état de Hakim s’améliore, son avocate redoute un retour en détention :

    « Notre plus grande crainte est de le voir retourner en maison d’arrêt, comme cela s’est produit suite aux deux premières hospitalisations, une fois son état stabilisé, et qu’une énième crise se traduise malheureusement par un suicide. »

    La prison n’est, de fait, pas destinée à accueillir des détenus atteints de maladies psychiatriques graves. En outre, la maison d’arrêt de Valenciennes ne dispose pas d’un service médico-psychologique régional (SMPR). Le psychiatre n’y assure que des vacations, de sorte qu’une prise en charge complète, continue et efficace des maladies chroniques est tout simplement impossible.

    Hakim a obtenu sa première consultation avec le psychiatre neuf mois après son incarcération. Ensuite, il s’est passé un mois, voire un mois et demi entre chaque consultation.

    Des conditions de détention pathogènes

    Au-delà, les conditions de détention qui attendent Hakim sont déplorables et ont contribué à une dégradation de son état de santé mentale. La maison d’arrêt de Valenciennes est l’un des établissements pénitentiaires les plus surpeuplés de France, avec un taux d’occupation de plus de 170%.

    Me Moubsit, son avocate, raconte :

    « Hakim a été confiné dans des cellules de 9m², 21 heures par jour. Alors que la loi prévoit l’encellulement individuel en maison d’arrêt, il a partagé ses cellules avec un, voire deux détenus qui ne connaissent pas sa maladie et ont naturellement eu des réactions de rejet, de crainte ou de moquerie à son égard. Il a souvent dormi sur un matelas posé à même le sol. »

    Les conditions matérielles et d’hygiène dans lesquelles il est détenu sont une source de stress et d’angoisse permanente, qui viennent ajouter à la souffrance liée à la maladie. De telles conditions de détention, inadmissibles pour un détenu en bonne santé, le sont encore plus pour des détenus atteints de troubles mentaux particulièrement vulnérables.

    « Sans compter que la maladie fait souvent perdre des réflexes vitaux et toute capacité à se plaindre, indispensable en prison », souligne l’avocate.

    Un statut de « patient-détenu » qui fait obstacle à une prise en charge optimale

    A l’hôpital, en dépit de la forte implication de l’équipe médicale, l’administration hospitalière est obligée de prendre en considération le fait que Hakim subit une peine privative de liberté, ce qui implique une organisation contraignante et des moyens humains importants.

    Il est hospitalisé dans une aile réservée et ne peut participer à certaines activités et aux ateliers thérapeutiques, qui font pourtant partie de la prise en charge. Les autres patients doivent rester dans leur chambre lorsque Hakim reçoit des visites.

    « Lors des premières hospitalisations, il n’avait pas droit aux visites, ni à la télévision, ni aux promenades... à tel point qu’il demandait lui-même à retourner en prison ! ». D’où l’importance que Hakim n’ait plus le statut de détenu pour être soigné au mieux...

    Refus systématiques d’aménager la peine

    Pour autant, l’ensemble des démarches de ses avocats ont jusqu’ici été vaines : « Avec mon confrère Me Hammouch, nous avons exploité toutes les possibilités offertes par la loi. Nous nous sommes heurtés, à chaque fois, à des refus catégoriques », relate Me Moubsit.

    « Hakim ne s’est pas vu accorder un seul jour de réduction supplémentaire de peine sur les deux mois auxquels il pouvait prétendre. La demande de placement sous surveillance électronique (qui était, à l’époque de la demande, le seul aménagement de peine possible) a été rejetée par le juge de l’application des peines et cette décision a été confirmée par la Cour d’appel de Douai. Son état s’étant fortement dégradé, une requête en grâce présidentielle a été adressée au président de la République au mois de juin dernier. »

    Elle est demeurée sans réponse à ce jour. Enfin, au mois d’août, le juge a été saisi d’une requête en libération conditionnelle. L’audience s’est tenue le 13 décembre et la décision doit intervenir le 21.

    Il s’agit de la dernière possibilité pour Hakim de bénéficier d’un aménagement de peine. En cas de rejet, il pourra bien sûr faire appel, mais les délais dans lesquels la Cour d’appel se prononcera sont tels qu’à la date à laquelle sa décision sera rendue, il aura certainement fini d’exécuter sa peine.

    Le schizophrène est perçu comme dangereux

    Lorsque la requête pour un placement sous surveillance électronique a été déposée, l’administration pénitentiaire a rendu un avis défavorable, estimant le projet de sortie présenté par Hakim insuffisant. Sa famille avait pourtant loué spécialement pour lui un appartement, à proximité immédiate du centre médico-psychologique où il aurait dû être pris en charge.

    A également été souligné le risque de récidive, déduit de la seule maladie. Le juge de l’application des peines a fondé son rejet sur les mêmes motifs, ajoutant que l’état de santé de Hakim n’était pas incompatible avec la détention, condition qui n’est pourtant pas exigée par la loi pour l’obtention d’un aménagement de peine.

    Dans le cadre de la requête en libération conditionnelle, c’est un « avis réservé » qui a été prononcé par l’administration pénitentiaire, notant l’absence de projet de prise en charge médicale précis. Il est vrai que le projet thérapeutique commence seulement à être défini à l’hôpital. « Mais s’il ne l’a pas été avant, c’est justement parce que Hakim était en prison ! » souligne Hassna Moubsit.

    « Les refus systématiques s’avèrent finalement motivés par sa seule maladie, la personne souffrant de schizophrénie étant perçue comme dangereuse. Pourtant, son incarcération n’a aucune utilité ou efficacité, puisqu’il est incapable de dire pourquoi il est en prison. Pire, elle aggrave sa maladie. »

    La dérive des procédures de jugement rapide

    Ainsi, au stade de l’aménagement de peine, la maladie mentale joue en défaveur du détenu car personne ne veut être désigné comme responsable en cas de problème. Alors même qu’au stade du jugement, le mécanisme de l’irresponsabilité pénale aurait dû empêcher que Hakim ne soit envoyé en prison.

    Me Moubsit dénonce la dérive des procédures de jugement rapide : « Hakim a été jugé en quinze minutes. Il n’a pas prononcé un mot, ne s’est pas défendu. En quelques minutes, il était condamné à douze mois d’emprisonnement ferme, sans qu’aucune expertise n’ait été réalisée. »

    Pour d’autres faits commis trois semaines plus tôt, le juge avait pris le temps de renvoyer l’audience en attendant l’expertise, qui a eu lieu en août 2011 et qui a diagnostiqué la maladie pour la première fois. La décision de justice a alors été toute autre : il a été déclaré pénalement irresponsable.

    Lors de crises violentes, qui doit intervenir ?

    Jusqu’à l’apparition de ses crises, Hakim était un jeune homme « sans problème ». Il travaillait comme mécanicien et aimait son métier. Démuni face à ses crises, le premier réflexe de son entourage a été de faire appel au Samu, qui a une vraie réticence à intervenir lors de crises violentes.

    Généralement, la police arrive donc la première sur les lieux, même si la prise en charge relève du domaine médical. Or, l’arrivée des forces de l’ordre peut entraîner des complications lorsque la personne est en crise de décompensation : Hakim a insulté la police et bousculé un agent en garde à vue.

    « Le processus pénal s’est alors enclenché. Or, le vrai problème qui est soulevé dans le cas de Hakim et celui d’autres schizophrènes incarcérés, c’est la question de la prise en charge médicale », déplore Me Moubsit.

    De nouveaux recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme

    Si toutes les demandes d’aménagement de peine se soldent par un échec, il restera à Me Moubsit la voie indemnitaire. Une façon d’interpeller les pouvoirs publics. L’avocate a d’ores et déjà déposé un recours devant le tribunal administratif de Lille afin d’obtenir l’indemnisation du préjudice moral subi par Hakim, du fait de ses conditions de détention et des entraves qu’elles ont constituées à la stabilisation de son état de santé.

    Les juridictions nationales ont, à de nombreuses reprises, condamné l’Etat français pour des conditions matérielles et d’hygiène similaires à celles de Hakim à Valenciennes. La Cour européenne des droits de l’Homme a, quant à elle, plusieurs fois condamné la France, pour le traitement inhumain et dégradant infligé à des personnes détenues souffrant de troubles psychiatriques graves.

    Sa dernière décision, en février 2012, a justement considéré que les incessants allers-retours d’un détenu schizophrène entre l’hôpital et la prison sont constitutifs d’un traitement inhumain et dégradant au sens de l’article 3 de la Convention. « Bien évidemment, si cela s’avère nécessaire, nous porterons l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme », conclut l’avocate.

     

    Source: Rue 89, Tribune 20/12/2012 à 17h20 , Anne Chereul | Observatoire international des prisons (OIP) 

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    19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 12:36

    L’admission de la Palestine en tant qu’État observateur non membre à l’ONU constitue incontestablement un tournant politique majeur et assurément une bonne nouvelle pour le peuple palestinien, qui en était privé depuis de longues années. L’État palestinien a désormais accès aux différentes agences de l’ONU et a acquis la capacité de saisir la Cour pénale internationale. Est-ce pour cette raison que le gouvernement israélien a réagi par des représailles scandaleuses ? Il est certain que la perspective de la construction de 3 000 nouveaux logements sur des terrains illégalement annexés à l’est de Jérusalem et la confiscation des produits des taxes d’importation (d’un montant de 92 millions d’euros) ne feront qu’envenimer les choses. Ce qui reste néanmoins un succès pour l’Autorité palestinienne ne peut faire oublier pour autant le drame effroyable du conflit ouvert à Gaza il y a moins d’un mois et de ses terribles conséquences. Grâce à de nombreuses interventions et à la détermination du président égyptien Morsi, un cessez le feu est intervenu pour mettre fin à ce qui risquait fort de devenir une sinistre répétition de l’opération

    “Plomb durci”. Il reste à espérer que le Hamas et l’Autorité palestinienne parviennent à reconstruire l’unité politique de la Palestine, sans laquelle aucun progrès significatif ne peut être envisagé. Si la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine enregistre avec satisfaction l’attitude déterminée du gouvernement français qui a voté pour l’admission de la Palestine à l’ONU après avoir voté pour son admission à l’UNESCO, force est de reconnaître qu’il reste beaucoup à faire pour amener l’État d’Israël à mettre fin à la colonisation et au blocus de Gaza et, d’une façon générale, à respecter le droit international. La France peut et doit reconnaître unilatéralement l’État palestinien, comme la France peut et doit envisager des sanctions contre les agissements iniques et irresponsables de l’État d’Israël. Un premier geste consisterait à prendre des mesures d’étiquetage et à terme d’interdiction des produits des colonies dans l’Union européenne, dont l’exportation contribue considérablement à l’existence et au développement de ces colonies, comme l’a montré un récent rapport de 22 ONG, en complète contradiction avec toutes les déclarations officielles de l’Europe.

      

    “La Paix au rabais”

    Dans un rapport publié en novembre 2012, 22 ONG internationales, humanitaires, religieuses, de développement ou de défense des droits de l’Homme, dénoncent la politique européenne qui, dans la pratique, contribue à soutenir les colonies. Elles proposent notamment l’étiquetage des produits des colonies et à terme une interdiction des importations des produits des colonies.

    “Alors que la construction des colonies se poursuit et s’accélère, nous, Européens, nous gardons de passer des paroles aux actes. A ce jour, nous nous sommes abstenus d’exploiter notre important effet de levier politique et économique vis-à-vis d’Israël”

    , c’est en ces termes que Hans van den Broek, ancien commissaire européen aux relations extérieures, introduit le rapport “La Paix au rabais.

    L’UE importe “au moins 100 fois plus par colon que par Palestinien”

    Révélation importante du rapport, les exportations des colonies vers l’UE sont équivalentes à 230 millions d’euros par an, soit 2% de la totalité des exportations israéliennes. A titre de comparaison, les exportations palestiniennes ont représenté 15 millions d’euros par an sur les cinq dernières années. 66% des fruits et légumes exportés par Israël (dattes, raisin, poivrons, fleurs, avocats, tomates) le sont vers l’Europe. Mehadrin et Arava Export Growers, les deux plus importantes entreprises israéliennes d’exportation de fruits et légumes, sont connues

    “pour être actives dans les colonies de la vallée du Jourdain” “plus de 80% des dattes récoltées dans les colonies et 70% du raisin” sont destinés à l’exportation. Outre les fruits et les légumes, des produits manufacturés sont fabriqués dans les colonies et exportés en Europe. Parmi ceux ci les cosmétiques de la compagnie Ahava, qui fabrique tous ses produits à Mitzpe Shalem, dans la vallée du Jourdain et les étiquette comme “Made in Israël”. En 2008, Ahava a dégagé 17 millions de dollars de bénéfice. .

    Incertitudes sur la provenance des produits

    L’Accord d’association entre l’UE et Israël autorise les produits israéliens à entrer sur le marché européen sur la base de taxes d’importations réduites. Cet accord ne concerne pas les produits des colonies qui sont taxés au taux normal. Selon un

    “arrangement technique” datant de 2005, les douaniers européens ont la charge de vérifier la provenance exacte des produits venant d’Israël, sur la base d’une liste de codes postaux. Chaque article doit être vérifié manuellement. Etant donné le fort volume de produits venant d’Israël, il est impossible en termes de priorité et de ressources humaines de vérifier la provenance de chaque produit. La charge de la preuve, disent les 22 ONG, doit être inversée. Les exportateurs israéliens doivent “respecter les réglementations communautaires en désignant correctement l’origine des produits issus des colonies et en cessant d’indiquer qu’ils proviennent dIsraël”. Un second problème se situe au niveau des consommateurs. Ceux-ci ne peuvent pas savoir si un produit provient ou non des colonies. Souvent les produits des colonies sont étiquetés “Fabriqués en Israël”. En 2009, à l’issue d’une campagne de la société civile britannique, le gouvernement a publié un code de conduite (non obligatoire) à l’attention des grands distributeurs du pays leur demandant de faire la distinction entre “produit des colonies israéliennes” et “produit palestinien”. L’application de ce code de conduite et la pression des consommateurs ont fait qu’il est maintenant très difficile de trouver les produits des colonies dans les rayons.

    Que faire ? Étiqueter et interdire les produits des colonies

    Les gouvernements européens ont, selon le droit international, le devoir

    “de ne pas reconnaitre licite une situation créée par une violation du droit international” et de “ne pas prêter aide ou assistance au maintien de la situation  illicite”. Cela est d’autant plus vrai pour l’UE que celle-ci a affirmé de nombreuses fois que les “colonies sont illégales et constituent un obstacle à la paix”. Les organisations à l’initiative du rapport appellent les gouvernements européens et l’UE à “s’assurer que leurs politiques ne soutiennent pas directement une pérennisation et une expansion des colonies”. Elles proposent ainsi de “veiller à l’étiquetage de tous les produits issus des colonies à l’attention des consommateurs”, une mesure “minimale” car le rapport préconise d’“interdire les importations issues des colonies”, de “plus grande portée” qui respecterait l’obligation faite aux Etats de ne pas participer au maintien d’une situation illégale. Cette mesure vient en écho à la déclaration d’anciens dirigeants européens en décembre 2010 : “nous estimons nécessaire que l’UE mette fin à l’importation de produits issus des colonies”.

     

    Source: AFPS

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    17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 22:00

    Un photographe de l’AFP refoulé d’une conférence de presse du FN, des chercheurs qualifiés « d’extrême droite » par le parti, le député Gilbert Collard qui taxe les journalistes de « police politique » et les députés PS de « fascistes », un secrétaire départemental qui déclare collectivement une école de journalisme persona non grata. Depuis quelques semaines, les incidents se multiplient au Front national. Et mettent à mal la prétendue « dédiabolisation » de Marine Le Pen.

    « Vous vendez des photos d'elle qui sont aberrantes, tellement laides qu'elles frisent l'insulte. » C’est ainsi que la directrice de cabinet de Marine Le Pen, Charlotte Soula, a justifié le refoulement d’un photographe de l'AFP d'une conférence de presse au siège du FN, le 14 décembre. La direction de l'AFP a « récus(é) les accusations portées », apporté « tout son soutien » au photographe et rappelé que ses « règles d'impartialité » étaient appliquées.

    Contactée par Mediapart, Charlotte Soula estime qu’il n’y a « rien d’extraordinairement dramatique ». « Ce n’est pas une question de liberté de presse, mais d’insultes. Avec ce photographe, c’est systématique ! Nous l’avions averti il y a dix jours : tant que nous ne nous rencontrerons pas pour régler ce problème, il ne rentrera pas. Il a fait exprès de venir », raconte-t-elle. « Il y avait un contentieux de longue date avec Marine Le Pen », justifie Florian Philippot, vice-président du FN. En précisant : « Nous n'avons aucun problème avec la presse, on a des relations normalisées et le FN est couvert comme jamais ! »

    Depuis quelques semaines, pourtant, le Front national renoue avec des pratiques qui tranchent avec la fameuse « dédiabolisation » vantée par sa présidente : l’attaque de journalistes, chercheurs, institutions jugés partiaux, mais aussi d'élus. Fin novembre, le sociologue Sylvain Crépon (Université Paris X Nanterre), qui suit le FN depuis 1995, explique dans plusieurs entretiens que le FN est toujours un parti d’extrême droite. En représailles, le Front national publie ce tweet :


    Florian Philippot explique alors au sociologue que ce sera le cas à chaque fois qu’il qualifiera le FN « d'extrême droite ». « Qu'on se le dise : la normalisation est en marche ! » se plaint alors Sylvain Crépon sur les réseaux sociaux. Le 3 décembre, même scénario avec l’historien spécialiste de l’extrême droite, Nicolas Lebourg :

    Sur Twitter, l’historien réplique en dénonçant « le retour des méthodes d'intimidation » du FN.

     

    Le 29 novembre, Marine Le Pen annonce avoir « multiplié par cinq le nombre d’adhésions ». Des chiffres mis en doute tant par des chercheurs que par des journalistes, comme celui d’Europe 1, qui ironise sur l'impossibilité de joindre la personne validant ces chiffres. « C’est peut-être lié à la personnalité du journaliste d’Europe 1. (...) Il semblerait qu’il y ait des journalistes plus performants que d’autres », réplique la présidente du FN au Grand Journal, citant BFM-TV en exemple.

    Le 7 décembre, devant le rejet par le Conseil constitutionnel de son recours contre l'élection législative à Hénin-Beaumont, Marine Le Pen dénonce une « décision politique rendue par des militants politiques ». Dans deux communiqués (ici et ), le FN qualifie le Conseil constitutionnel de « Co-con », réclame la démission de son président, le « militant UMP (Jean-Louis) Debré », et fustige « des arrangements » entre « l’UMP et (le) PS ».

    • « Ces attitudes groupusculaires ramènent le FN vingt ans en arrière »

      Le 11 décembre, Gilbert Collard, député du « Rassemblement bleu marine », traite les députés PS de « fascistes » à l'Assemblée et s’écrie : « Laval était socialiste ! » (les détails ici).

       

      Deux jours plus tard, sur son blog, dans un billet intitulé « les curieuses méthodes journalistiques de Rue89 », Gilbert Collard attaque nos confrères. Sur Twitter, il écrit : « Les journalistes n'ont pas à faire de police politique » (la réponse de notre consœur de Rue89 ici).

       

      Tout récemment, deux étudiants de l’École supérieure de journalisme de Lille (ESJ) se sont vu refuser des interviews par le responsable du FN du Pas-de-Calais. La raison ? Des « problèmes survenus par le passé » avec l’école, selon Laurent Brice, le secrétaire départemental du FN. Le parti reproche notamment à l’école un reportage TV réalisé en 2007 sur les Le Pen à Boulogne-sur-Mer laissant penser que les contre-manifestants étaient aussi nombreux que les frontistes. « On avait reçu des messages et coups de fil de Bruno Bilde disant “plus jamais vous ne remettez un pied au FN” », raconte Pierre Savary, directeur des études de l’ESJ.

      Autre épisode, la même année, à l’occasion d’un meeting à Hénin-Beaumont. Lorsque la salle applaudit Marine Le Pen, à l'exception des étudiants venus couvrir l'événement, la présidente du FN s’étonne : « Ah, je vois que tout le monde n’applaudit pas ! » avant d'entamer une tirade sur la « caste des journalistes ». Réactions d’hostilité de certains frontistes. Les étudiants sont poussés vers la sortie par le service d’ordre, à peine le meeting terminé. Le FN contestera aussi le chiffre du nombre de participants livré par les étudiants.

      Bruno Bilde, lui, reproche surtout à un étudiant d'avoir, voilà quelques années, « enregistré Marine Le Pen au téléphone sans le lui dire et diffusé la conversation téléphonique sur Internet ». « Nous avons continué de les recevoir après cela, affirme-t-il. Mais nous ne pouvons satisfaire à toutes leurs exigences, souvent supérieures à celles de journalistes professionnels. »

      « On a des relations en douche écossaise avec le FN, explique Pierre Savary. Des moments où ils nous ouvrent grand les portes et des pics de tension très durs, notamment lors des périodes électorales. Ils prêtent une attention très forte à nos reportages, trois minutes après la publication il nous arrive d’avoir un message de Bruno Bilde qui fait remonter sa colère. »

      « Le FN aspire à être un parti professionnel, il tente de normaliser sa relation avec les médias, or, il a parfois des attitudes groupusculaires qui le ramène vingt ans en arrière », observe Nicolas Lebourg, qui a traditionnellement « des relations cordiales avec le FN ». Pour l'historien, « ce n’est pas quelque chose de massif, ferme et organisé : si un parti politique veut riposter, il peut faire mieux que deux tweets repris quatre fois. C’est plutôt un agacement de ceux qui récusent l’appellation “extrême droite”. »

      « Ça ne nous fait pas plaisir d’être traité de parti d’extrême droite. Quand on nous insulte, on insulte en retour », répond Florian Philippot. « C’était un peu de la provoc, reconnaît-il en évoquant les fameux tweets, mais cela a été utile, nous avons rencontré (le sociologue) Sylvain Crépon pour en discuter. » Le vice-président du FN nous l'affirme en tout cas : « Il n’y a pas un problème, aucun journaliste n’est blacklisté. »

      C’est pourtant précisément la situation de Mediapart, persona non grata depuis son refus d’inviter Marine Le Pen à son émission pendant la présidentielle (lire nos explications ici et ). En février, deux journalistes du site ont été refoulées de la convention du FN à Lille. Un mois plus tard, un photographe accrédité par Mediapart s'est vu refuser l'entrée au meeting de Marine Le Pen à Bercy. Depuis, la plupart des responsables du FN refusent de répondre à nos sollicitations, considérant Mediapart comme « un organe anti-FN », selon les mots de Bruno Bilde. « Vous ne nous avez pas invités, on applique la réciprocité. Allez expliquer aux Français pourquoi vous n’invitez pas Marine Le Pen ! » lance Florian Philippot, tout en se disant disposé à discuter de cette situation.

       

      Un « agacement » d'une partie de la direction du FN

      Florian Philippot et Marine Le Pen, à l&#039;Elysée, le 30 novembre 2012.Florian Philippot et Marine Le Pen, à l'Elysée, le 30 novembre 2012.© Reuters


      En “off” (lire notre Boîte noire), certains journalistes et chercheurs qui couvrent le FN expliquent différencier l’attitude « de Marine Le Pen et Florian Philippot » de celle « des autres responsables ou cadres locaux » qui, eux, comprendraient « les règles du jeu ». L'un d'eux rapporte « l'influence » grandissante de Florian Philippot sur Marine Le Pen et explique : « Philippot (ex-chevènementiste, ndlr) n'assume pas totalement d'être au Front national, donc il convainc Marine Le Pen d'attaquer tous ceux qui disent que le parti est d'extrême droite. » Une attitude contre-productive qui exaspérerait une partie de l'entourage de la présidente du FN. Faux, répond Florian Philippot, qui affirme que ces ripostes sur Twitter « n'étaient pas (son) idée » mais une « décision collective du FN ».

      Le FN est-il en panique ? Si Marine Le Pen surfe sur la crise interne de l'UMP, elle a aussi reçu quelques mauvaises nouvelles ces dernières semaines. Son rassemblement bleu marine, (re)lancé début décembre, n’a pas eu un grand écho médiatique. Sa défaite à Hénin-Beaumont a été confirmée. Sa candidate aux législatives partielles de Béziers a été éliminée dès le premier tour.

      La présidente du FN avait pourtant annoncé « une révélation grandeur nature » et insisté : « On va notamment regarder les partielles de Béziers. Là, un certain nombre de journalistes auront beaucoup de commentaires à faire. » Enfin, le ministère de la justice a demandé au Parlement européen la levée de son immunité parlementaire, à cause de ses propos tenus en 2010 sur les prières de rue et l'Occupation.

      « Le FN ne sait pas trop comment profiter de cette crise à l’UMP, en dehors de dire “venez au FN !”, rapporte une des personnes citées plus haut. Florian Philippot veut sortir les marrons du feu et activer la ligne plus modérée. Mais ils n’ont pas de stratégie élaborée. Donc ils font du coup par coup. Ils ont du mal à faire de la politique du réel. »

      Cette attitude à l'égard de la presse n'est pourtant pas une première sous la présidence de Marine Le Pen. En janvier 2011, lors du congrès de Tours, le FN a bloqué l’accès à Azzedine Ahmed Chaouch, journaliste à M6, mais surtout auteur du livre Le Testament du diable (Les éditions du Moment), qui avait déplu aux Le Pen. Les hebdomadaires Rivarol et Minute n’ont pas pu couvrir le congrès non plus : Jean-Marie Le Pen leur reprochait d’avoir trop servi Bruno Gollnisch dans la bataille interne au parti. Lors de ce même congrès, Mickaël Szames, journaliste de France-24, s'est rendu au gala du FN, fermé à la presse. Il a été agressé par deux hommes du service d'ordre, condamnés en novembre 2011 « pour violences commises en réunion, suivies d'incapacité de travail n'excédant pas huit jours ». Les deux ont écopé d'une amende, en réparation des préjudices moral et matériel.

      Parallèlement, le Front national multiplie les recours en justice, notamment à l'encontre de journalistes (exemple ici, ou encore ). « On ne va rien laisser passer, on va poursuivre systématiquement », confirmait Steeve Briois, le secrétaire général du parti, en juillet 2011. « Depuis des années, la stratégie de Marine Le Pen est de séduire les médias en instaurant une relation de connivence. Elle dit : soit vous êtes avec moi et vous jouez le jeu de la normalisation du type “Marine n'est pas comme son père”, soit vous êtes contre moi et ça se passera devant les tribunaux », analysait alors Erwann Lecœur, sociologue et consultant, spécialiste de l'extrême droite. « Elle veut qu’on reprenne son storytelling. Sauf que chacun fait son travail », rapporte l'un de nos interlocuteurs.

      Un comble. Car dans son projet présidentiel, Marine Le Pen consacre toute une partie à « la démocratie », « principe fondamental de la République française » et « bien sacré ». Elle y défend « la libre expression de toutes les opinions (...) indépendamment de toute allégeance » et prône « le retour de la liberté de la presse ».

      • Source: Médiapart
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    14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 14:17

    Globalement positif, aurait pu dire Georges Marchais. Aux dires de plusieurs de ses participants, le conseil national du Front de gauche qui s'est tenu ce week-end au siège du parti communiste a rassuré la grande majorité des présents, issus des neuf organisations de « l'autre gauche » chère à Jean-Luc Mélenchon, ainsi que des personnalités du mouvement social et non-encartées. « Le simple fait de se réunir, après six mois d'abstinence, réenclenche le processus », se félicite l'ancienne présidente du syndicat de la magistrature, Évelyne Sire-Marin, également heureuse qu'un accord se soit dégagé afin que le conseil national se réunisse désormais toutes les six semaines.

    Environ 70 présents, sur 138 durant la campagne présidentielle, ont assisté quatre heures durant à une série d'échanges sur les perspectives d'avenir du Front de gauche. Au menu de ce samedi après-midi, la discussion d'un texte d'orientation et d'un texte d'analyse stratégique, ainsi qu'une réflexion sur les actions à mener. Plusieurs orientations ont été validées ce lundi en fin de matinée par la coordination du Front de gauche qui, elle, se réunit toutes les semaines.

    « Il n'y a plus d'ambiguïté entre nous, dit Francis Parny, secrétaire national du PCF aux relations extérieures. Nous avons affiché notre consensus sur le désaccord avec la politique gouvernementale et son orientation sociale-libérale. Il est clair que nous sommes en opposition à cette politique et que nous menons ensemble l'alternative. » Le terme d'opposition paraissait pourtant compliqué à prononcer pour le PCF, jusqu'ici (lire notre article), malgré un désaccord allant crescendo dans ses votes au Sénat (lire nos articles ici et ici). « Peut-être que nous n'aurions pas parlé comme ça, nous PCF, admet Parny, mais il y a une évidence à reconnaître le socle terrifiant de l'action du gouvernement depuis six mois. C'est la politique de Schröder, la crise économique en plus. »

    A la manifestation du 30 septembre 2012, contre le TSCG
    A la manifestation du 30 septembre 2012, contre le TSCG© MM

    Pour Éric Coquerel, responsable du Parti de gauche, « à chaque fois la réalité tranche nos débats ». Selon ce proche de Jean-Luc Mélenchon, « nous avons avancé le plus loin possible. Pour certains, on assiste à un tournant, pour d'autres on s'inscrit dans une logique et une continuité. Mais le constat est le même : le PS est social-libéral ». Et de citer des premiers points d'accord en vue des « futures municipales et européennes » où, selon lui, « nous sommes d'accord pour définir des alternatives locales à l'austérité et où nous affirmons l'espoir de bousculer le rapport de force vis-à-vis du PS ».

    Après la présentation d'une « ébauche » de texte, et des allers-retours entre les neuf formations jusqu'à la fin de l'année, ce document devrait être finalisé début janvier. Bref, pour Coquerel, le Front de gauche peut se targuer d'être un « pôle de stabilité à gauche, bien plus uni que le PS et l'UMP ». Pour autant, quelques désaccords subsistent encore.

    « S'il y a des divergences d'appréciations ou de manières de dire, elles sont mises sur le tapis, comme pour Notre-Dame-des-Landes, apprécie Julien Rivoire, de la Gauche anticapitaliste (ex-direction du NPA). Malgré les lourdeurs liées à la concertation entre neuf organisations, il y a une cohérence globale d'opposition à la politique gouvernementale. » Du côté de la Gauche unitaire (ex-minorité de la LCR), Alain Faradji juge lui aussi « ce premier test réussi après une si longue absence »« Tout le monde était inquiet de notre hibernation, abonde Évelyne Sire-Marin. Il n'était plus possible d'exister uniquement par les interventions médiatiques, fussent-elles brillantes, de notre ancien candidat à la présidentielle. »

    Sur la question de la structuration du Front de gauche, Francis Parny explique que le conseil national a choisi la souplesse, notamment vis-à-vis des assemblées citoyennes, l'échelon local du cartel de l'autre gauche, dont beaucoup se sont créées en association locale, loi de 1901. « Il n'y a pas lieu de sanctuariser une forme d'organisation, dit-il. L'essentiel, c'est d'être présent sur le terrain. On regarde ce qui se fait, la diversité des formes d'organisation, mais on n'en privilégie aucune. On ne va pas donner dans le centralisme bureaucratique. »

    « Les “inorganisés” faisaient l'objet de railleries, explique l'une d'elles, Évelyne Sire-Marin. Désormais il est acquis que l'on peut être au Front de gauche sans être adhérent d'un parti. C'est un progrès, même si les questions de budget et de représentativité ne sont pas encore réglées. » Le principe d'un élargissement du conseil national a été acté, comme celui de la double parité en son sein, homme/femme et représentants de parti/non-organisés. « On veut en faire un conseil citoyen, et dépasser une fois pour toute la forme du cartel électoral », assure Parny. Un « Front du peuple », renchérit Éric Coquerel.

    Dernières crispations

    Si on est loin d'un budget commun entre organisations et, par là même, de ce qui serait le prélude à un grand parti à la gauche du PS, le Front de gauche entend se montrer davantage comme tel, malgré les tentations de replis identitaires de mouvements préparant à peu près tous leurs congrès ou des fusions entre eux. Le site internet de la campagne de Mélenchon, « Place au peuple ! », va ainsi être réactivé et mutualisé.

    Plutôt que de créer une caisse commune, les partis du Front de gauche discutent d'une clé de répartition entre chaque force pour financer les campagnes d'action militante. Celles-ci devraient démarrer dès le début de l'année prochaine, portant sur la lutte contre l'austérité ou sur l'amnistie des syndicalistes poursuivis sous le mandat de Nicolas Sarkozy (dont le délégué CGT des “Continental” Xavier Mathieu). Enfin, une marche de soutien aux salariés d'ArcelorMittal a été proposée, à Florange, d'ici la fin de l'année, ou en janvier prochain. Celle-ci a été annoncée dès samedi soir par Jean-Luc Mélenchon, sur TF1, avant que Pierre Laurent ne vienne à Florange ce lundi pour en discuter avec des syndicalistes échaudés.

    Selon Le Figaro, l'accueil du dirigeant du PCF a été mitigé. Si la CGT sourit, la CFDT et son leader local Édouard Martin grimacent. « Pierre Laurent ou Olivier Besancenot, on n'en a rien à foutre… Le combat, c'est celui des ouvriers d'ArcelorMittal… Hors de question qu'on nous le retire », a-t-il lancé, redoutant « une bataille politicienne » plutôt qu'un « débat politique ». L'annonce de la marche par Mélenchon a aussi quelque peu irrité le partenaire communiste. Chargé des luttes sociales à la direction du parti, Éric Corbeaux regrette l'initiative de l'ex-candidat à la présidentielle, faite « de son côté, alors qu'il aurait fallu laisser les syndicats être à la manœuvre ». « On ne peut pas reprocher au gouvernement d'agir sans concertation avec les syndicats et faire la même chose de notre côté », dit-il.

    Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon
    Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon© Thomas Haley

    De la même manière, l'appel de Mélenchon à une manifestation contre le traité de stabilité européen (TSCG), le 30 septembre dernier, avait irrité d'autres composantes du Front de gauche (lire ici), avant de constater le succès de l'initiative (lire notre reportage). « Depuis le 30 septembre, on n'était pas suffisamment visible, note toutefois Julien Rivoire de la Gauche anticapitaliste. Désormais on se donne des perspectives d'action. » « Si l'on peut retenir un clivage interne actuellement, dit un cadre du Front de gauche, c'est celui entre ceux qui veulent passer à l'action tout de suite, et ceux qui veulent encore voir comment ça tourne vraiment, avant d'agir vraiment. » Soit entre PCF et Gauche unitaire d'un côté, PG et Gauche anticapitaliste de l'autre.

    En creux se pose la récurrente problématique du rapport au reste de la gauche, celle qui est actuellement au pouvoir. Pour Évelyne Sire-Marin, le débat sur la situation d'ArcelorMittal a « lumineusement éclairci les positions de chacun. À la question de savoir si on discute avec le PS local, qui a plaidé pour la nationalisation de Florange, Pierre Laurent a dit “oui”, Jean-Luc Mélenchon “Pas question !” » « Est-ce qu'on se contente de dire que c'est possible, ou est-ce qu'on s'en donne les moyens ?, demande de son côté Alain Faradji de la Gauche unitaire. Pourquoi se priver de partager la marche de Florange avec les partis qui le souhaiteraient ? On doit avoir l'objectif de rassembler la majorité des Français pro-nationalisation ! »

    Quant à la question du leadership du conseil national, après avoir fait acte de candidature à sa présidence, Jean-Luc Mélenchon s'est rangé à la volonté majoritaire de constituer une présidence collégiale. « Son intervention était un brin crispée », confie un participant. « On est d'accord pour que la direction soit collective, rectifie Éric Coquerel, mais on voudrait que ce soit aussi le cas pour les parlementaires. » Plutôt que l'autonomie laissée actuellement à chaque député et sénateur (ils sont très majoritairement communistes), Coquerel et le parti de gauche plaident pour « une réunion des trois groupes parlementaires, avec celui du parlement européen », afin de permettre « à la diversité des sensibilités d'être représentée et d'avoir son mot à dire ». Histoire de favoriser et consolider le fragile et délicat langage commun du Front de gauche.

     

    Source: Médiapart

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    10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 19:54


    Le 10 décembre 2012, journée mondiale des droits de l’Homme, l’OIP (Observatoire international des prisons) rend publique la 4e édition du Guide du prisonnier, publié aux Éditions La Découverte (en librairie le 13 décembre 2012).

    Huit années se sont écoulées depuis sa troi­sième édition en 2004 ... Le 4e Guide du pri­son­nier va enfin paraî­tre aux Editions La Découverte en décem­bre 2012 !

    La France a mas­si­ve­ment empri­sonné à la fin du mandat pré­si­den­tiel de Nicolas Sarkozy. En 2011, plus de 88 000 incar­cé­ra­tions ont eu lieu, et la barre des 67 000 per­son­nes déte­nues a été fran­chie à plu­sieurs repri­ses. Pour cha­cune d’entre elles, des ques­tions élémentaires sepo­sent : que se passe-t-il à l’arri­vée en prison ? Comment obte­nir l’auto­ri­sa­tion de rendre visite à un proche incar­céré ? Qui peut béné­fi­cier de réduc­tions de peine ? Comment inten­ter un recours contre l’admi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire en cas de pré­ju­dice ? Ce sont quel­ques-unes des ques­tions aux­quel­les répond ce Guide du pri­son­nier, dont cette nou­velle édition a été entiè­re­ment revi­si­tée suite à l’adop­tion de la loi péni­ten­tiaire en 2009, puis de ses décrets et cir­cu­lai­res d’appli­ca­tion parus jusqu’en 2012.

    Destiné aux per­son­nes incar­cé­rées, à leurs pro­ches, aux pro­fes­sions judi­ciai­res, aux inter­ve­nants en milieu car­cé­ral et à tout citoyen s’inter­ro­geant sur les droits du pri­son­nier, ce livre accom­pa­gne par un jeu de ques­tions-répon­ses l’inté­gra­lité du par­cours d’un détenu, du pre­mier au der­nier jour de prison. Les dif­fé­ren­tes étapes – entrer en prison, vivre en prison, faire res­pec­ter ses droits, pré­pa­rer sa sortie – sont abor­dées suc­ces­si­ve­ment et don­nent lieu à une expli­ca­tion claire de la règle de droit, confron­tée à son appli­ca­tion au quo­ti­dien et illus­trée par des témoi­gna­ges, ana­ly­ses et arti­cles de presse. Véritable outil de défense des per­son­nes déte­nues contre l’inap­pli­ca­tion de la loi et les attein­tes à la dignité en déten­tion, ce guide est l’ouvrage indis­pen­sa­ble à toute per­sonne reliée de près ou de loin au monde car­cé­ral.

    - lire la pré­face du nou­veau Guide du pri­son­nier par Antoine Lazarus, pré­si­dent de l’OIP.

    Le Guide du pri­son­nier, OIP/ Editions La Découverte, 2012, 704 pages, 873 ques­tions/répon­ses, 30 € + 4 € de frais de port.

    Cet ouvrage sera dis­po­ni­ble dès le 1er décem­bre auprès de l’OIP et mi-décem­bre en librai­rie.

    Source: Rebellyon

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    Non au Front National !

    Camarades ,

    Ne nous livrons pas aux chants des sirènes fascistes, qui sous couvert d'un discours anti-systémique bien rôdé, ne visent qu'à instaurer un régime aux relents des années 30. Ne soyons pas naifs face à ce nouvel ordre moral que veulent imposer par le mensonge et la peur les tenants de la haine et du "sang pur". Sous couvert d'une fausse expression démocratique et médiatique, le FN ne s'est jamais détaché de ce qui a construit son origine : une droite populaire qui rejette le prolétaire, une droite chrétienne qui rejette le non-croyant ou l'autre croyant, une droite corporatiste qui rejette l'union des travailleurs. Le FN a ses petits groupuscules néo-nazi dont il se défend d'être en lien publiquement mais avec qui il travaille bien tranquillement  : GUD, bloc identitaire et autres "natios".

        Et lorsque l'on se penche sur son programme politique le vernis craque : Contre la retraite par répartition et tout ce qu' a fondé le CNR de 1945 (où était-il lors des manifs de 2010 ?)  , contre les droits des salariés ( poujadiste un jour, poujadiste toujours !) etc... 

    De nombreux documents démontrent l'imposture du FN. L'UPAC vous en propose deux :

    - Celui du collectif communiste Prométhée dans son numéro 85, (site net : http://promcomm.wordpress.com), 5 pages.

    -Celui du collectif VISA (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes), qui s'intitule "FN, le pire ennemi des salarié(e)s" et dont le lien est sur le blog, 29 pages. 

     

    Ne lâchons rien ! 

    Face au bras tendu du facho, levons le poing ferme du prolo !! 

     

    Vêtements et accessoires skinheads et Antifas.

                Site "La Pétroleuse" : Clic<  link

     

                Site "moonstomp" : Clic<  link

     

               Site "La Boutique, Tapage Rock" : Clic<  link

     

                Site "Antifa Wear" : Clic<  link

     

              Site "Ni Dieu, Ni Maitre": Clic< link   

     

                 Site "FFC Production": Clic< link

     

      Badges UPAC:

     

    Modèle 25 mm

     

    Badge-UPAC-GM.jpg

     

     

     

    Modèle 32 mm.

     

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    Fabrication "FFC Production".