Sur ces images, filmées lors des affrontements meurtriers entre coptes et forces de l’ordre dans le quartier de Maspero au Caire, la semaine dernière, des groupes d’hommes armés en civil sont
aperçus à plusieurs reprises en train de violenter des manifestants. Pour notre Observateur, ces images sont bien la preuve que les "baltagias", les milices armées qui agissaient sous le
régime d'Hosni Moubarak, n’ont pas disparu.
Le 9 octobre, une manifestation lancée à l’appel des coptes, les chrétiens d’Égypte qui représentent entre 6 à 10% de la population, a été organisée après l’incendie d’une église à Assouan.
Le rassemblement, qui se voulait pacifique, a rapidement dégénéré en de violents affrontements entre forces de l’ordre et manifestants. Avec 25 morts et plus de 300 blessés, ces échauffourées sont les plus meurtrières depuis la chute
du président Moubarak.
Au cours de cette soirée d’affrontements, la télévision d’État égyptienne a appelé la population à venir défendre l’armée qui "se faisait attaquer par des bandes de coptes armés" et manipulés
par l’étranger. La chaîne a par la suite démenti ces informations et les a mises sur le compte de la "nervosité de la présentatrice", elle-même mettant en cause des hauts responsables de l’État qui lui auraient dicté son texte.
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Le Premier ministre, Essam Charaf, a de son côté appelé dans un communiqué à l’unité et condamné les violences, qu’il qualifie de fruit d’un "complot étranger et interne". Le ministre de
l’Information, Oussama Heikal, a en revanche affirmé qu’il n’y avait aucune
preuve que les manifestants aient attaqué l’armée et puissent donc être à l’origine des violences.
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