Le sociologue Philippe Corcuff sur les
nouveaux... par FranceInfo
Concernant sa vision des indignés, il est regrettable que Philippe Corcuff ne fasse pas le distingo entre les différentes formes d'expression et d'organisation du
mouvement dit "indigné". Parce que par exemple, un indigné espagnol n'est pas un indigné grec. Le premier est plus libertaire dans son refus catégorique des partis politiques traditionnels et des
organisations syndicales alors que le second accepte l'intervention des partis et des syndicats notamment lors des grêves générales ou rassemblements.
Pour ce qui est de la notion de démocratie, nous sommes en grande parti d'accord avec son analyse. Cf article UPAC "Démocrates, laissez-nous! Révolutionnaires,
levez-vous!".
Enfin, sur la légitimité des partis et l'inefficience politique qui en découlerait cela rejoint un peu le débat sur la démocratie. Nous pouvons abonder dans le
sens que les partis musèlent l'expression démocratique mais c'est aussi à chaque individu de s'emparer de cet outil sociétal afin de lui donner une forme collective au but réellement
démocratique. Et comme le souligne Philippe Corcuff d'être à nouveau progressiste c'est à dire créateur d'une nouvelle forme d'expression collective quand bien même extrait de l'institution (cf
NPA).
Pour reprendre le propos de Marx que Philippe Corcuff utilise lorsqu'il dit que "le mort empêche le vivant", nous pouvons alors dire que l'utopie
n'est donc pas morte et qu'elle est plus que jamais vivante et nécessaire.
Petit bémol sur son appréciation de l'anarchisme et du communisme, qu'il déclare "avoir échoués". L'anarchisme comme le communisme n'ont jamais été
réellement appliqués voire pas du tout (même si le second a pesé dans l'histoire contemporaine par des tentatives plus larges et plus importantes mais aussi plus faussée et ambigues) . Son
avis à leur sujet est donc un peu facile et simpliste surtout lorsque, comme il le souligne lui-même, du point de vu politique, que les nouvelles formes de parti, comme le NPA, ne sont pas encore
force de proposition puisque "pas encore né" (ou mort-né...).
Il serait d'ailleurs intéressant de savoir ce que cet ex du PS passé à la LCR devenu NPA, alors que l'on fait plutôt le chemin inverse (voir Julien Dray et
consorts), ce qui démontre un esprit plutôt éclairé -même sur le tard-; il serait donc intéressant de savoir ce qu'il pense du Front de Gauche, qui n'est pas un parti en soi mais un
regroupement de plusieurs partis autour d'un projet, dont le candidat pour les présidentielles est aussi issu de PS et qui a apparement pour le moment mieux réussi son objectif de
rassemblement à la gauche du PS que le NPA.....
Mais comme les partis sont le bras armé d'une démocratie fermée et autoritaire la question est évidemment inutile.
Comme Philippe Corcuff le souligne si bien, tout est ambivalence et contradiction.
Lui le premier et l'Homme en général. Ce qui n'est donc pas une surprise ni une nouveauté.
Pour l'UPAC, Kyosen.